EPR à Hinkley Point : le conseil d'administration d'EDF vote en faveur du projet

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Malgré ce vote, la décision du conseil pourrait être bloqué par une procédure judiciaire.
Malgré ce vote, la décision du conseil pourrait être bloqué par une procédure judiciaire. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Le conseil d'administration d'EDF a validé jeudi le lancement du projet de deux réacteurs EPR à Hinkley Point. Mais la décision pourrait être bloquée par la justice.

Malgré la démission surprise d'un administrateur juste avant la réunion, le conseil d'administration d'EDF s'est prononcé en faveur du lancement effectif du projet d'EPR à Hinkley Point, par dix voix contre sept. Jean-Bernard Lévy, Pdg de l'entreprise, aura donc mandat pour signer la décision finale d'investissement de ce projet évalué à au moins 21 milliards d'euros.

Cette étape marque normalement le coup d'envoi de la construction des deux réacteurs nouvelle génération, pour une entrée en service prévue en 2025. Pour EDF, le projet est indispensable pour maintenir la crédibilité de la filière nucléaire française.

Décision en suspens

Mais même après ce vote, la décision du conseil pourrait être bloquée par une procédure judiciaire. Le comité central d'entreprise d'EDF a en effet attaqué en référé - examiné le 2 août - pour demander à la justice de suspendre "tous les effets des délibérations qui seraient prises par le conseil". Un autre référé a été déposé pour obtenir plus d'informations sur le projet.

Les syndicats craignent que ce projet soit trop lourd pour les finances du groupe. Des inquiétudes partagées par l'ex directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, qui avait démissionné au début de l'année, et par Gérard Magnin, administrateur de l'Etat qui a claqué la porte ce jeudi.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/07/2016 à 8:53 :
par 10 voix contre 7 : en fait , c'e'st le gouvernement qui a voté ? non ?
a écrit le 29/07/2016 à 12:55 :
Cette décision est irresponsable. Facile de faire des paris avec l'argent des clients français
Jusqu'à présent, tous les projets EPR d'EDF sont des gouffres financiers. Comment imaginer qu'il en sera différent en Angleterre?
ET dans le contexte du Brexit, il me semble qu'on devrait être 2 fois plus prudent
a écrit le 29/07/2016 à 8:52 :
Les UK sont trop fort, ils savent qu il y aura dépassement des délais et EDF est solvable puisque ce seront les contribuables FR qui parieront les pénalités ! Préparons nous a une augmentation de nos factures d électricité.
Il serait bon que sur cette décision M. Levy et les membres du CA soient engagés sur leurs patrimoine mais ça ce n est qu un rêve :)
a écrit le 29/07/2016 à 6:41 :
Les Anglais sont d'excellents négociateurs et ont d'excellents avocats. Nous prenons un risque énorme qui plus est sur une technologie que nous ne maîtrisons pas.
Si les Anglais ont accepté ce contrat c'est qu'ils savent qu'à la fin c'est eux qui gagnent : comme toujours !
Réponse de le 29/07/2016 à 23:25 :
Ou bien les anglais savent qu'ils ont besoin de quelques GW de nouvelles capacités de production d'ici 2025, et qu'ils n'ont pas tellement le choix sur la technologie du fait de leurs objectifs environnementaux.

Raison pour laquelle ils ont accepté des conditions contractuelles qu'ils jugent exagérément favorables pour les français.

Par ailleurs, EDF a de quoi se payer des avocats.
a écrit le 29/07/2016 à 4:30 :
C'est une décision totalement irresponsable mais aussi très compréhensible.

Irresponsable car elle comporte trois risques systémiques que la France ne peut pas raisonnablement prendre comme l'explique très clairement Gérard Magnin dans sa lettre de démission :
- Risque financier
- Risque lié à la sûreté nucléaire
- Risque économique majeur de pénaliser la France sur les nouvelles tendances énergétiques.

Choix très compréhensible car c'est celui d'une aristocratie élitiste qui défend ses intérêts personnels sans prendre en considération l'intérêt général.
a écrit le 28/07/2016 à 21:56 :
A mon avis, un vrai drame se prépare (et pourtant je ne suis pas nécessairement contre le nucléaire) car le montage de ce projet est totalement malsain.
L'Angleterre doit accepter de payer au moins en partie pour sa centrale, et non pas simplement promettre de rembourser plus tard.
Car dans les conditions du projet actuel, voici ce qui risque de se produire :
EDF va avancer 2/3 des fonds + construire la centrale.
La Chine va payer 1/3 pour achever de "piquer" une technologie dont elle a déjà obtenu le transfert dans les EPR actuellement en construction par Areva à Taishan 1 & 2.
Sur un chantier d'une telle complexité, il y aura forcément de grosses difficultés.
L'Angleterre, **qui ne paye rien**, contestera d'une manière ou d'une autre (à tort ou à raison) la partie française et refusera de rembourser - et comment la forcer ? Une procédure judiciaire ne suffira pas. On lui fera la guerre ?),
La Chine en revanche, sera considérée par l'Angleterre comme innocente des problèmes de mise en oeuvre puisqu'elle ne fait que financer. Elle sera remboursée de son 1/3 par l'Angleterre si elle lui apprend à opérer les centrales - ce que la Chine aura appris grâce à Taishan, et ce qu'elle fera pour être payée.
L'Angleterre aura donc obtenu les centrales pour le 1/3 du prix.
Et ce sera au contribuable français de rembourser seul les emprunts des 2/3 restant du montage financier. Il sera écrabouillé et EDF ruiné avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer sur l'explosion du tarifs du KWh et la sécurité du nucléaire.
Ce projet semble malheureusement trop dangereux en l'Etat pour EDF et la France. L'Angleterre doit être gagée suffisamment pour être honnêtement engagée dans le projet.
a écrit le 28/07/2016 à 21:08 :
Devinette du jour:
Que se passe-t-il quand on s'aperçoit qu'il y a une énergie verte et dimmable à moins de 30 €/MWh en janvier 2018? Réponse en janvier 2018.
Réponse de le 28/07/2016 à 22:31 :
C'est surtout cela qui est étonnant, que les Anglais s'engagent à payer 100 €/Mwh, ... Le contrat porte sur combien d’années et qui paye en cas de retard ?
Vu la situation financière d'EDF et à ce jour, la maîtrise relative de la technologie, c'est un pari très risqué pour le groupe et même pour le pays.

C’est déjà bien que les syndicats et une partie des administrateurs se demande si ce projet est raisonnable, mais alors pourquoi vouloir foncer malgré tout ?
Ce serait le comble de l’absurdité de s'acharner avec une technologie certes "prestigieuse" mais coûteuse. Un peu comme si l'on aimait jouer à se faire peur.
On va y aller à tout prix uniquement pour démontrer que la filière peut continuer à exister ? absurde, alors que cette expertise serait indispensable, mais dans la sécurisation et dans le démantèlement des vieux réacteurs. Il y aurait de quoi occuper des ingénieurs et techniciens pendant des décennies.

Un choix incompréhensible.
Réponse de le 29/07/2016 à 7:56 :
les anglais s'engagent sur un prix mais pas sur la quantité achetée.
donc pas sur un CA sur 25 ou 30 ans....
lire les nombreux articles sur Mediapart avec les risques techniques & industriels soulevés par les ingénieurs d'EDF.
quant au respect du planning.. on voit ce que ça donne pour les 2 premiers EPR en cours de construction.
a écrit le 28/07/2016 à 20:45 :
Marche-arriere, à fond !

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