Hinkley Point : un administrateur de l'Etat claque la porte d'EDF

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La centrale nucléaire d'Hinkley Point en Grande Bretagne.
La centrale nucléaire d'Hinkley Point en Grande Bretagne. (Crédits : © Suzanne Plunkett / Reuters)
Gérard Magnin, l'un des administrateurs de l'Etat, a démissionné ce matin en dénonçant le risque pour EDF de valider le projet d'EPR à Hinkley Point.

Le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point (Royaume-Uni) est très loin de faire l'unanimité au sein des instances dirigeantes d'EDF. Après la démission surprise au mois de mars du directeur financier du groupe, Thomas Piquemal, c'est au tour de Gérard Magnin, l'un des représentants de l'Etat au conseil d'administration, de jeter l'éponge pour protester contre ce projet, le jour où le CA se réunissait pour étudier la décision finale d'investissement.

Selon Le Parisien, qui a révélé l'information, cet "expert reconnu dans le monde de l'énergie" a envoyé une lettre jeudi matin aux dirigeants du groupe pour expliquer les raisons de son départ.

Et Gérard Magnin ne prend pas de pincettes : Hinkley Point est selon lui "un risque industriel et financier démesuré pour EDF", arguant notamment du risque d'une chute du prix de l'électricité grâce aux énergies renouvelables : "dans ce contexte, combien de temps les Britanniques accepteront-ils de payer un prix de l'électricité produite par Hinkley Point à un tel niveau ? [119€ le mégawattheure, ndlr]". L'administrateur démissionnaire dénonce plus généralement la stratégie résolument pro-atome poursuivie par EDF, au détriment de la transition énergétique.

Recours du CCE

Même si les gouvernements français et britannique sont favorables à ce projet estimé à au moins 21,6 milliards d'euros, et même si le conseil d'administration d'EDF vote aujourd'hui la décision finale d'investissement, la construction ne démarrera pas tout de suite.

En effet, le comité central d'entreprise a lancé une procédure en référé pour faire suspendre "tous les effets des délibérations" du conseil, et une autre pour obtenir plus d'informations sur Hinkley Point. La justice doit normalement trancher début août. Trois syndicats (CGT, FO, CFE-CGC) veulent quant à eux un report de deux ou trois années du projet, dont la mise en service était prévue en 2025.

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Commentaires
a écrit le 28/07/2016 à 18:54 :
L'EPR en France ne marche toujours pas .... si c'est se lancer dans un nouveau gouffre financier ... je comprends !
a écrit le 28/07/2016 à 17:15 :
Tout d'abord merci à ceux qui démissionnent face à ce projet vous ne serez pas lynchés sur la place publique par nos enfants qui eux devront payer l'irresponsabilité des lobbies.
Il ne faut pas se leurrer EDF est financièrement mal en point, hors artifice comptable certainement dans une agonie lente. Sa première erreur avoir dit pendant des années amen à toutes les demandes des gouvernements gauche et droite successifs pour pomper un maximum des résultats de l' entreprise. Deuxième erreur un réveil et encore que d'un œil sur l'obligation d'investir dans les énergies renouvelables. Enfin des directions successives tellement pro nucléaire aidée par plusieurs lobbies dont AREVA qui ne nous leurrons pas n' a plus que quelques petites années vivre sous perfusion publique sa fin industrielle est déjà dans le tuyau, du moins pour sa branche atome , puis et non des moindres mais la nous sommes habitués la CGT qui défend avec toute son savoir en terme de nuisance, l'EDF nucléaire, voir la centrale de Fessenheim. Un autre lobby celui la électoral de la droite et d'une partie de la gauche y compris les verts et enfin le dernier le MEDEF dont une bonne partie de notre patronat est comme les syndicats dans des combats d'arrière garde et voit l'avenir dans le rétroviseur. Notons la facture réelle, du démantèlement des réacteurs certainement minorée en estimation autant par EDF que par le politique de droite comme de gauche, car malgré les dires la "cagnotte" prévue est plus au niveau d'un pourboire que d'une réserve industrielle. Alors dans la course comment sauver les meubles EDF? le politique de droite comme de gauche poussent sur ce projet mirifique en théorie alors que nous savons après les déboires en Finlande et en France que l'EDF plus l'ex branche d'Areva n'est plus capable techniquement et encore moins financièrement de faire face à de grands projets industriels. Le seul sujet à discuter COMBIEN CELA VA COUTER AUX CONTRIBUBALES ET CLIENTS EDF APRES LA CATASTROPHE INDUSTRIELLE NOUS PARLONS EN MILLIARDS PAS DE QUELQUES EUROS. La facture EPR, Finlande + France + ROYAUME UNI environ 40 milliards soir 2 point de PIB, bravo les politiques bravo la CGT bravo une partie du MEDEF. Le citoyen payeur à droit d' être dans l'ignorance, fermer sa G.... et payer, acceptable jusqu'où?????
a écrit le 28/07/2016 à 16:13 :
On n'en a jamais construit en entier jusqu'au fonctionnement réel, que des chantiers à problèmes, des métaux pas conformes en homogénéité (ou composition globale ?), des retards et surcoûts, sur quelle base le prix des ces installations est estimé ? Celui d'origine ou bien la facture multipliée par trois au moins ? J'avais lu que de fortes pénalités étaient prévues pour tout retard de production électrique, jour par jour.
EDF n'investit pas du tout dans le renouvelable ? C'est pas son métier ?
Réponse de le 28/07/2016 à 22:12 :
C'est très préoccupant en effet : les EPR ne sont pas si différents des derniers réacteurs construits en France dans les années 90, dont ils ne constituent finalement qu'une mise à jour. Cette affaire met malheureusement à jour la perte de savoir-faire technique dans les technologies nucléaires de notre pays, dû au fait qu'on a arrêté de construire des réacteurs pendant plus d'une décennie. Il faut donc reconstituer ce savoir faire en lançant la construction régulière de nouveaux réacteurs, de manière à ce que cette filière de construction retrouve la compétitivité qu'elle a perdue.

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