Le 1er avril dernier, un navire affrété par la compagnie BP qui carburait vers l'Asie depuis le Texas a changé de cap après deux semaines en mer, selon les données de l'agence Bloomberg. Un brusque demi-tour opéré en plein océan Pacifique, qui a nécessité de payer 1 million de dollars de péages...mais a surtout permis au méthanier de bénéficier de fortes primes pour vendre sa précieuse cargaison loin de sa destination initiale, en Europe : du gaz naturel liquéfié (GNL). Une denrée de plus en plus recherchée à l'échelle mondiale, et désormais réservée aux plus offrants.
Et pour cause, le marché des combustibles fossiles se trouve pour le moins disputé, à l'heure où le Vieux continent tente de se défaire des hydrocarbures en provenance de Russie, devenus indésirables depuis l'offensive en Ukraine. En effet, pour remplacer peu à peu les quelque 150 milliards de mètres cubes de gaz russe qu'ils achètent chaque année, les Vingt-Sept se tournent massivement vers le GNL, acheminé par bateaux des quatre coins du monde plutôt que par gazoduc. D'autant que Bruxelles doit se préparer à l'éventualité que Vladimir Poutine coupe lui-même les vannes, après avoir réduit les flux de gaz transitant par l'Ukraine, et suspendu les livraisons à la Pologne et la Bulgarie.