L’unité de méthanisation Dole Biogaz située à Brevans, dans le Jura (39), a injecté ses premiers mètres cubes de gaz "vert", il y a presqu’un an, dans le réseau de gaz naturel de GRDF. Retour sur une technologie dont les nombreux atouts intéressent agriculteurs, collectivités et industriels: énergie non intermittente produite 24/24 et 7/7, autonomie énergétique, recyclage écologique et monétisation des déchets agricoles, production locale d'engrais...La méthanisation est-elle l'énergie verte de demain ? Pour l'heure, elle ne représente que 1% de notre consommation totale en France, mais répond à de nombreuses problématiques... Elle reste une alternative sérieuse pour diminuer le bilan carbone français et surtout rendre une part d'indépendance à la France dans sa consommation de gaz. Valorisation des déchets sur le territoire, production d'une énergie renouvelable permanente, réduction des gaz à effet de serre, production de fertilisants organiques, créations d'emplois locaux (10 pour le projet de Dole Biogaz) sont autant d'atouts reconnus à ce procédé. Ses principaux inconvénients pourraient être son coût et sa technicité.
Un modèle économique durable
Huit ans de recherche et développement auront été nécessaires pour la réalisation du projet Dole Biogaz. Celui-ci a, par ailleurs, réussi à trouver son modèle économique. S'élevant à 10 millions d'euros, le coût d'investissement est porté par les actionnaires. La société est partagée entre différents partenaires : les agriculteurs sont majoritaires à 51% (leurs exploitations agricoles sont situées dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres) ; le développeur métier Ter'Green à 39% ; et le Grand Dole à 10%.
« Notre chiffre d'affaires est généré, d'une part par la vente du biométhane produit qui est injecté dans le réseau GRDF. D'autre part, nous achetons de la matière aux exploitants agricoles, puis nous leur redistribuons le digestat », explique Cyril Maignan, responsable du site Dole Biogaz et agriculteur.
Le soutien d'opérateurs tels GRDF ou Engie à la filière biogaz (le biométhane est du biogaz épuré) est encadré par la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) qui fixe un objectif de 10% de gaz renouvelable dans les réseaux d'ici 2030. En avril 2022, 401 sites ont injectés en France (tous réseaux confondus) quelque 4.096 GWh/an, soit l'énergie nécessaire pour chauffer près de 682.699 foyers ou faire rouler près de 25.000 bus, a calculé GRDF, qui vise un objectif plus ambitieux de 30% de gaz renouvelable dès 2030.