Glyphosate : la France va voter contre le renouvellement du pesticide

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La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans, "seule proposition sur la table" de la réunion sur l'avenir de ce produit controversé prévue lundi à Bruxelles, confirme dans le Journal du Dimanche la secrétaire d'Etat française Brune Poirson.
Les inquiétudes sur le glyphosate, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup de Monsanto, ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes aux Etats-Unis et déclenché un débat d'experts en Europe après des conclusions contradictoires.
"La Commission européenne mettra lundi une seule proposition sur la table : celle d'un renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans", écrit Brune Poirson dans une tribune intitulée "Pour en finir vraiment avec le glyphosate".
Selon ce dernier, la France milite pour une reconduction de trois ans.
"Un arrêt immédiat de l'autorisation n'est pas possible. Il risquerait, dans une folle course en avant, de conduire à renoncer simplement à une substance pour aussitôt dépendre d'une autre", explique Brune Poirson. "Désormais, il s'agit bel et bien, dans un cadre harmonisé, de changer de modèle agricole, d'organiser les alternatives techniques."
La licence actuelle d'utilisation du glyphosate expire le 15 décembre. Faute d'accord entre les gouvernements de l'Union, la Commission européenne sera amenée à se prononcer.
La perspective d'une interdiction à court terme, réclamée par les défenseurs de l'environnement, suscite la crainte chez une grande partie des agriculteurs "conventionnels", qui estiment ne pas pouvoir s'en passer pour le moment.
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A Paris, une cinquantaine de personnes, selon les organisateurs, se sont réunis dimanche pour dire non au glyphosate et aux pesticides dangereux pour l'homme, les animaux et la nature en général.
"On appelle cela une sorte d'écocide", a dit à Reuters l'un des participants, Jean-Baptiste Réddé, alias Voltuan.
"Il faut arrêter les pesticides maintenant et ne pas attendre d'écouler les stocks", a ajouté cet activiste, qui a été reçu le 15 novembre par un collaborateur de Nicolas Hulot.
Le CIRC, agence de l'OMS composée de scientifiques internationaux, a classé le glyphosate "cancérogène probable" en 2015, sur la base des recherches publiées, notamment des études d'exposition agricole ainsi que sur des animaux en laboratoire.
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Les partisans d'un renouvellement du glyphosate pour une durée plus longue mettent en avant une étude américaine publiée le 9 novembre dans la revue Journal of the National Cancer Institute. Cette étude, pour laquelle des chercheurs ont suivi pendant 20 ans 50.000 travailleurs agricoles en Iowa et en Caroline du Nord, n'a pas montré d'association statistique entre glyphosate et cancers.
(avec agences)
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