Glyphosate : la France va voter contre le renouvellement du pesticide

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Les inquiétudes sur le glyphosate, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup de Monsanto, ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes aux Etats-Unis et déclenché un débat d'experts en Europe après des conclusions contradictoires.
Les inquiétudes sur le glyphosate, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup de Monsanto, ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes aux Etats-Unis et déclenché un débat d'experts en Europe après des conclusions contradictoires. (Crédits : Charles Platiau)
Alors que l'avenir du glyphosate (dont le RoundUp de Monsanto est la marque la plus connue) se décide aujourd'hui à Bruxelles, le gouvernement est clair concernant ce désherbant : pour la France, il est hors de question de renouveler son autorisation d'utilisation pour les cinq ans à venir.

La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans, "seule proposition sur la table" de la réunion sur l'avenir de ce produit controversé prévue lundi à Bruxelles, confirme dans le Journal du Dimanche la secrétaire d'Etat française Brune Poirson.

Les inquiétudes sur le glyphosate, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup de Monsanto, ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes aux Etats-Unis et déclenché un débat d'experts en Europe après des conclusions contradictoires.

"La Commission européenne mettra lundi une seule proposition sur la table : celle d'un renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans", écrit Brune Poirson dans une tribune intitulée "Pour en finir vraiment avec le glyphosate".

"Considérant les risques, la France s'opposera à cette proposition et votera contre. La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu'une durée plus courte serait possible", ajoute la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot.

Selon ce dernier, la France milite pour une reconduction de trois ans.

Les agriculteurs estiment ne pas pouvoir s'en passer

"Un arrêt immédiat de l'autorisation n'est pas possible. Il risquerait, dans une folle course en avant, de conduire à renoncer simplement à une substance pour aussitôt dépendre d'une autre", explique Brune Poirson. "Désormais, il s'agit bel et bien, dans un cadre harmonisé, de changer de modèle agricole, d'organiser les alternatives techniques."

La licence actuelle d'utilisation du glyphosate expire le 15 décembre. Faute d'accord entre les gouvernements de l'Union, la Commission européenne sera amenée à se prononcer.

La perspective d'une interdiction à court terme, réclamée par les défenseurs de l'environnement, suscite la crainte chez une grande partie des agriculteurs "conventionnels", qui estiment ne pas pouvoir s'en passer pour le moment.

Des études contradictoires

A Paris, une cinquantaine de personnes, selon les organisateurs, se sont réunis dimanche pour dire non au glyphosate et aux pesticides dangereux pour l'homme, les animaux et la nature en général.

"On appelle cela une sorte d'écocide", a dit à Reuters l'un des participants, Jean-Baptiste Réddé, alias Voltuan.

"Beaucoup de rivières en France sont polluées, on a trouvé des résidus de pesticides dans des eaux minérales, des produits chimiques dans les cheveux d'enfants, des paysans souffrent et meurent de cancers."

"Il faut arrêter les pesticides maintenant et ne pas attendre d'écouler les stocks", a ajouté cet activiste, qui a été reçu le 15 novembre par un collaborateur de Nicolas Hulot.

Lire aussi : L'affaire du glyphosate comme révélateur de la santé démocratique européenne

Le CIRC, agence de l'OMS composée de scientifiques internationaux, a classé le glyphosate "cancérogène probable" en 2015, sur la base des recherches publiées, notamment des études d'exposition agricole ainsi que sur des animaux en laboratoire.

Les partisans d'un renouvellement du glyphosate pour une durée plus longue mettent en avant une étude américaine publiée le 9 novembre dans la revue Journal of the National Cancer Institute. Cette étude, pour laquelle des chercheurs ont suivi pendant 20 ans 50.000 travailleurs agricoles en Iowa et en Caroline du Nord, n'a pas montré d'association statistique entre glyphosate et cancers.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 27/11/2017 à 16:56 :
Une éclatante démonstration de la lachété - ou de la corruption -de ces bureaucrates de l'UE face aux lobbies si besoin était !!!
a écrit le 27/11/2017 à 16:34 :
Les allemands ont voté conformément à la raison: merci à eux. Les français ont encore joué des peurs populistes sur une absence de données.. une blague.
a écrit le 27/11/2017 à 15:30 :
La dernière étude américaine, de loin la plus fiable, confirme ce que disent toutes les autres études et toutes les agences sanitaires de la planète : le glyphosate n'est pas cancérigène. Et l'avis du CIRC a été élaboré dans des conditions particulièrement douteuses.
a écrit le 27/11/2017 à 13:15 :
Désormais le glyphosate sera interdit dans les crèches ...pour protéger la santé des santons...Mais par précaution sanitaire , la gauchocratie laïque à décider d'interdire les crèches......
a écrit le 27/11/2017 à 12:58 :
supprimer le glyphosate c'est réduire les rendements et donc une augmentation des prix agricoles.Le bio c'est bien mais le bilan carbone y est catastrophique,plus de traitements et moins de rendement.Le consommateur est-il pret a payer le juste prix de son alimentation.
a écrit le 27/11/2017 à 10:59 :
"On appelle cela une sorte d'écocide", a dit à Reuters l'un des participants, Jean-Baptiste Réddé, alias Voltuan.
Voici un bel exemple d’anthropocide .
a écrit le 27/11/2017 à 9:53 :
Nouveau titre : la France milite pour une reconduction de trois ans du glyphosate.
a écrit le 27/11/2017 à 9:43 :
En plus c'est un perturbateur endocrinien réel, si vous avez votre garçon de onze ans qui développe une moustache et votre fille de dix qui a ses règles vous pouvez remercier le glyphosate.

Si vous discutez avec les agriculteurs de la FNSEA ils vous diront que monsanto c'est formidable ce sont les meilleurs du monde, et si leurs nombreux cancers du sang et des os ne viennent pas du glyphosate il faut qu'ils nous disent d'où ils viennent hein.

Pour avoir discuté avec un vigneron de la FNSEA du midi (bon c'est vrai je cherche aussi... ) lui affirme carrément que monsanto c'est bon pour la santé et que s'il y a des problèmes d'empoisonnement c'est à cause des agriculteurs bio.

Le lobby de l'agro industrie est un des plus vieux et des plus puissants au monde dont celui du fric n'est qu'une filiale c'est pour dire, du coup que l'on trouve des études leur étant favorables par ci par là ce n'est pas étonnant, ils possèdent énormément d'argent et nombreuses sont les institutions scientifiques à en avoir cruellement besoin. C'est vraiment grâce à lui que l'on voit que c'est l'argent qui a le pouvoir en ce monde et pas les citoyens.

"Pratiques criminelles dans l’agroalimentaire" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/HERMAN/57901 (gratuit)
Réponse de le 27/11/2017 à 10:20 :
"celui du fric"

Celui du sucre en fait, lapsus.
Réponse de le 27/11/2017 à 10:56 :
au lieu de critiquer la FNSEA gratuitement, au lieu de relater une discussion de comptoir avec 1 agriculteur (censé a priori représenter la profession toute entière)...

personne ne se pose la question du silence assourdissant justement de Monsanto dans cette affaire ...

Une petite piste : le glyphosate est dans le domaine public depuis 20 ans et sert donc près d'une centaine de concurrents, en plus d'être une molécule extrêmement bon marché...

Bizarrement, pour avoir plusieurs connaissances dans la profession (chez des concurrents de monsanto...), les sociétés prévoient des croissances à 2 chiffres de leur CA sur les nouveaux herbicides... dont le recul medical est autrement plus restreint que le glyphosate dont la communauté scientique est plus que partagé sur sa soit disant terrible dangerosité (je n'ai pas dit que c'est bon pour la santé non plus ! )
Réponse de le 30/11/2017 à 10:09 :
Je ne vois pas en quoi votre réponse me contredit, au contraire elle ne fait qu'affirmer que le fric passe largement avant notre santé. Elle l'amplifie même puisque personne ne semble s'opposer aux produits de l'agro-industrie qui nous empoisonnent.

On a pas forcé les investisseurs à endetter BAYER de 56 milliards d'euros hein, ils s'y sont mit tout seuls dans le truc les fous.

Oui pensez bien que je suis certain que ce que vous dites est vrai et ce serait bien que vous le dénonciez régulièrement au lieu de l'utiliser pour défendre Monsanto non ?

Bizarre votre intervention là non ? Ben ouais mon ami tout le monde n'est pas un pantin manipulable...

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