Inondations meurtrières en Europe : un électrochoc pour accélérer la lutte contre le changement climatique ?
Juliette Raynal
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Des inondations record ont causé la mort d'au moins 187 personnes en Europe, dont 157 en Allemagne, selon un dernier bilan qui ne cesse de s'alourdir de jour en jour.
Thilo Schmuelgen
Venue constater les terribles dégâts des inondations, qui ont fait au moins 157 morts en Allemagne, Angela Merkel a appelé à accélérer la lutte contre le changement climatique. "Nous devons nous dépêcher, nous devons être plus rapides", a estimé la chancelière. Si les scientifiques ne peuvent pas encore établir avec certitude de lien entre le changement climatique et cette catastrophe en particulier, tous constatent que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus probables à cause du réchauffement. Les rapports appelant à agir vite, eux, se multiplient.
Les inondations qui ont causé la mort d'au moins 187 personnes en Allemagne et en Belgique, selon un dernier bilan qui ne cesse de s'alourdir de jour en jour, vont-elles contribuer à accélérer la lutte contre le changement climatique ? C'est l'un des scénarios que l'on peut espérer.
Angela Merkel, venue constater ce dimanche 18 juillet les dégâts causés par les inondations meurtrières dans l'ouest de l'Allemagne a appelé à accélérer la lutte contre le changement climatique, constatant que les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes sont "plus importants que dans le passé".
"Nous devons être plus rapides"
"Nous devons nous dépêcher, nous devons être plus rapides dans la lutte contre le changement climatique", a estimé la chancelière lors d'un échange avec la presse et les habitants, après avoir arpenté le village dévasté de Schuld.
"C"est terrifiant", a-t-elle également dit à des habitants de la petite ville d'Adenau dans le Land de Rhénanie-Palatinat. "La langue allemande n'a presque pas les mots pour décrire la dévastation qui a eu lieu".
L'ouest de l'Allemagne a subi ce qu'on appelle le phénomène de la "goutte froide". "Des masses d'air, chargées de beaucoup d'eau, ont été bloquées en altitude par des températures froides, qui les ont fait stagner pendant quatre jours sur la région", a expliqué à l'AFP Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC, le groupe d'experts climat de l'ONU. Résultat: des précipitations intenses, entre le 14 et le 15 juillet, qui ont atteint "100 et 150 millimètres" soit l'équivalent de deux mois de pluies, selon l'Organisation météorologique mondiale.
Si ce phénomène est connu, son intensité et son ampleur ont choqué les climatologues, qui ne s'attendaient pas à ce que des records soient battus à ce point, sur une zone aussi étendue et aussi rapidement, ramenant indéniablement sur la table la question du lien entre ces inondations inédites et le réchauffement climatique. Toutefois, ces mêmes scientifiques ont indiqué qu'il faudrait plusieurs semaines pour analyser son rôle dans les averses qui ont touché la région sans discontinuer.
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