L'UE aide l’Irlande à se fournir en électricité en court-circuitant Londres
Sam Morgan, Euractiv
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Le projet du "Celtic Interconnector" prévoit de poser 600 km de câble sous-marin entre la côte méridionale de la République d'Irlande et le nord-est de la France, pour une capacité de transport de 700 MW. Le projet devrait permettre d'alimenter 450.000 foyers en électricité, avec un apport supplémentaire provenant des renouvelables lors des pics de consommation, quand il fera particulièrement ensoleillé ou venteux.
Suite à une étude de faisabilité datant de juillet 2016 (donc juste après le référendum en faveur du Brexit le 23 juin 2016), Paris et Dublin ont décidé de concrétiser le projet. La Commission a décidé, le 28 juin 2017, de leur accorder 4 millions d'euros pour contribuer au financement des détails pratiques, d'une consultation publique et de la préparation à la construction.
Le projet est finançable en tant que projet d'intérêt commun dans le cadre du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE), parce qu'il est considéré essentiel à la concrétisation du marché unique de l'énergie. Il permettra également d'améliorer la connexion à haut débit en Irlande puisque les câbles électriques se doubleront de fibre optique.
Le Celtic Interconnector sera le seul lien entre l'Irlande et un autre État membre européen, puisque le Royaume-Uni aura, d'ici là, quitté l'UE.
La commission Brexit du Sénat irlandais a appelé à l'accélération du projet. L'Irlande « ne peut plus se reposer sur le Royaume-Uni pour son approvisionnement en énergie », a insisté Neale Richmond, président de la commission.
Le dernier rapport de cette commission contenait cinq priorités qui seront communiquées à tous les ministères irlandais, gouvernements européens et institutions de l'UE. En ce qui concerne l'approvisionnement en électricité, le rapport qualifie le projet d'interconnecteur de « solution évidente » en cas de Brexit dur.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Les opérateurs de transmission énergétique Réseau de Transport d'Électricité (RTE) et EirGrid espèrent que le projet renforcera la sécurité énergétique irlandaise, réduira les coûts et encouragera l'essor des renouvelables.
François Brottes, président du directoire de RTE, a pour sa part estimé que l'aide de la Commission européenne était une reconnaissance claire de la valeur des travaux déjà consentis par les deux entreprises. RTE est engagée dans la voie de la décarbonisation, de la décentralisation et de la numérisation, a ajouté Vincent Thouvenin, directeur des affaires européennes au sein de la société.
Lors d'un événement sur l'avenir du système électrique, à Bruxelles, Vincent Thouvenin a ajouté que le RTE intégrait de plus en plus de sources d'énergie renouvelable à son réseau. Une bonne nouvelle, étant donné que la capacité de l'Irlande en termes d'énergie éolienne est passée d'à peine plus de 1.000 MW en 2008 à près de 2.500 MW en 2015.
Le projet devrait également réjouir tous les partisans d'une meilleure coopération régionale, comme Mario Pain, directeur adjoint à la direction de l'énergie du ministère français de la Transition écologique et Antoine Guillou, de l'Union française de l'électricité, également présents lors de l'événement bruxellois.
Se débarrasser de l'intermédiaire britannique pourrait contribuer à l'élimination de certaines incertitudes qui planent sur les négociations du Brexit, comme les règles du marché et la protection des données des consommateurs.
Selon une étude d'Insight-E, un groupe de réflexion informant la Commission européenne, les taxes liées au transit transfrontalier d'électricité ne seront sans doute pas appliquées après le Brexit, étant donné les volumes librement échangés entre la Russie et certains États membres, par exemple.
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Le rapport souligne cependant que les incertitudes liées à la sortie du pays de l'UE pourraient faire plonger l'investissement et exposer l'Irlande aux faiblesses du système de son voisin. L'île fonctionne grâce au seul marché unique de l'électricité, qui doit être réformé pour former le marché unique intégré de l'électricité d'ici mars 2018. Ce nouveau système ne protégera cependant pas le pays de toutes les conséquences du Brexit, prévient Insight-E.
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Par Sam Morgan, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)
(Article publié le mercredi 5 juillet 2017 à 11h06)
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