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ClimatEnergie & Environnement

Les professionnels des renouvelables rappellent leurs desiderata à Bruxelles et Paris

Photo de Dominique Pialot

Dominique Pialot

Publié le 29 juin 2017 à 17:26 - Mis à jour le 29 juin 2017 à 17:26

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Alors que les discussions débutent au Parlement européen sur la nouvelle directive relative aux énergies renouvelables dans le cadre du Clean Energy Package, et à quelques jours de la présentation prévue par le gouvernement du plan climat annoncé par Emmanuel Macron et Nicolas Hulot, le syndicat des énergies renouvelables (SER) liste ses revendications.

Jean-Louis Bal (président du syndicat des énergies renouvelables) n'a pas manqué de commencer son point presse ce jeudi 29 juin en se félicitant à nouveau de l'action menée par l'ancienne ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal en faveur de leur développement. Pour autant, force est de reconnaître que la France, avec 15,5% d'énergies renouvelables dans son mix à fin 2016, a décroché de la trajectoire qui doit la mener à 23% en 2020 et 32% en 2030, parallèlement à une progression significative de l'électrification.

Pour revenir sur la bonne voie, le syndicat, qui représente quelque 300 entreprises (dont des groupes tels que EDF EN ou Engie mais aussi des PME) et un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros, propose toute une palette de solutions.

Rehausser l'ambition de la PPE

Comme la loi le prévoit, les objectifs de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui concernent aujourd'hui les périodes 2016-2018 et 2019-2023, vont devoir être précisés pour la période 2023-2028. La direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) a commencé à plancher, et le SER préconise de partir de la fourchette haute indiquée dans la PPE.

Concernant le fonds chaleur (laquelle représente 35 à 40% de la consommation d'énergie finale), aujourd'hui doté de 210 millions d'euros, son doublement a été annoncé à plusieurs reprises, d'abord par Ségolène Royal puis par les équipes de M. Macron. Cette fois, Jean-Louis Bal espère que c'est la bonne. En effet, l'Ademe, qui gère le fonds, a largement assez de projets (réseaux de chaleur, biomasse, solaire thermique, géothermie...) dans ses cartons pour absorber ce doublement en un an. Enfin, le SER réclame que le tarif d'achat fixé pour l'injection de biométhane dans le réseau soit valable pour 20 ans et non 15 comme c'est aujourd'hui le cas.

Concernant l'habitat, favorable au projet annoncé par le candidat Macron de transformer le crédit d'impôt en subvention à l'investissement pour les travaux d'efficacité énergétique, ce qui doit inciter les ménages les plus modestes à sauter le pas, le SER souhaiterait que les énergies renouvelables soient favorisées par rapport à des solutions utilisant les énergies fossiles. Et que soit ré-instaurée une prime à la casse pour remplacer sa vieille chaudière à gaz par une pompe à chaleur.

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Simplifier pour raccourcir les délais

Le chapitre « simplification » est particulièrement fourni. Tout en reconnaissant que les choses ont avancé avec le permis environnemental unique, qui limite à la fois les démarches pour obtenir les autorisations de mener à bien un projet éolien ou solaire, et la multiplication des recours, le SER souhaiterait aller plus loin pour mieux armer les porteurs de projets contre les actions en justice, particulièrement nombreuses en France dans l'éolien. S'ils se félicitent que « le dialogue s'ouvre » avec le nouveau ministère des Armées, les acteurs présents lors de ce point presse ont regretté les projets bloqués in extremis sur la base de « directives non écrites et non communiquées, dans une forme d'opacité ».

Car le temps nécessaire au montage d'un projet en France, deux fois plus long pour l'éolien qu'en Allemagne par exemple, entraîne plusieurs conséquences. Economiques d'abord : l'immobilisation dans la durée des ressources nécessaires a un coût et les financiers peuvent être rebutés par la complexité de l'environnement français. Mais aussi technologiques, les équipements (notamment dans l'éolien) choisis à la conception du projet souffrant forcément de la comparaison avec l'état de l'art 10 ans plus tard.

35% de renouvelables à l'échelle européenne en 2030

A l'échelle européenne, Jean-Louis Bal a rappelé les positions françaises sur un certain nombre de points. Tout d'abord, les acteurs français des renouvelables estiment trop peu ambitieux l'objectif de 27% du mix énergétique en 2030, et souhaiteraient que l'exécutif français pousse pour un objectif communautaire contraignant d'au moins 35%. Jean-Louis Bal pointe en effet l'incohérence entre une croissance sur la période 2020-2030 inférieure à celle attendue pour 2010-2020, alors même que les technologies progressent et les prix baissent rapidement.

Les Français sont également opposés aux appels d'offres à neutralité technologique prévus dans le Clean Energy Package. Le principe de sélectionner les projets sur le seul critère du prix du kilowattheure nuirait en effet aux possibilités de développement des moins compétitives, qui ont encore besoin de subventions pour le devenir.

Enfin, Jean-Louis Bal a enfourché l'un des ses chevaux de bataille favoris : celui des biocarburants de première génération. En chœur avec la FNSEA, qui brandit les quelque 30.000 emplois en jeu, le SER dénonce le projet de Bruxelles de ramener de 7% en 2020 à 3,8% en 2030 leur taux d'incorporation dans l'essence et le diesel européens. Il réclame que soit maintenu cet objectif de 7%, sur un total de 15% de renouvelables dans les transports.

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La Commission entend ainsi encourager la recherche et les investissements dans une deuxième génération (issue de déchets agricoles, de détritus, de résidus ligneux, etc.) qui ne serait pas en compétition avec l'alimentation et présenterait un meilleur bilan carbone sur la durée de leur cycle de vie. Mais en l'absence de solution aujourd'hui économiquement viable, les promoteurs des biocarburants de première génération entendent bien amortir les investissements (2 milliards d'euros en France) qu'ils ont consentis dans les usines de fabrication.

Dominique Pialot

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