Loi Travail : au secteur de l'électricité de se mobiliser

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Située à une centaine de kilomètre au sud-est de Paris, la centrale de Nogent (photo) possède deux réacteurs, dont un est déjà à l'arrêt pour des raisons techniques.
Située à une centaine de kilomètre au sud-est de Paris, la centrale de Nogent (photo) possède deux réacteurs, dont un est déjà à l'arrêt pour des raisons techniques. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
Mardi, les salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) ont voté le blocage du site. Le mouvement devrait se durcir jeudi, à l'occasion d'une nouvelle journée de manifestations à travers la France.

Le mouvement s'intensifie. Après les raffineries -six d'entre elles sont toujours à l'arrêt partiel ou complet mercredi matin-, les centrales nucléaires commencent à leur tour être touchées par la mobilisation contre la loi Travail. "C'est le moment d'accentuer la mobilisation. Nous appelons à un mouvement le plus fort possible", a déclaré mardi 23 mai la porte-parole de la fédération nationale mines-énergie de la CGT (FNME-CGT), Marie-Claire Cailletaud.

Des coupures électriques ont déjà eu lieu mardi dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi que dans le plus grand centre commercial d'Europe à Marseille, "mais les baisses de charge pourraient être plus importantes jeudi" à l'occasion de la huitième journée de mobilisation contre le texte présenté par la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Blocage de la centrale de Nogent-sur-Seine

Secrétaire général CGT-Energie du département de l'Aube, Arnaud Pacot a indiqué mardi "qu'il a été décidé d'un blocage du site à la centrale de Nogent-sur-Seine et d'une baisse de charge lors d'une assemblée générale du personnel où étaient présents une centaine de salariés". La grève de 24 heures commencera mercredi soir à partir de 21h, a dit à Reuters Laurent Langlard, un porte-parole de la fédération Mines et Energie de la CGT.

Située à une centaine de kilomètre au sud-est de Paris, la centrale de Nogent possède deux réacteurs, dont un est déjà à l'arrêt pour des raisons techniques. "On fera en sorte de ne pas le redémarrer, quant au réacteur numéro deux, il y aura une baisse de charge, avec l'idée de l'arrêter totalement", a ajouté Arnaud Pacot, précisant que la centrale avait déjà connu des baisses de charge "de l'ordre de 15 à 30%" lors des précédentes journées d'action.

 Des assemblées générales auront lieu dans la journée dans d'autres centrales nucléaires, a déclaré Laurent Langlard.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole d'EDF a déclaré qu'il était "difficile" de prévoir les conséquences sur la production électrique. "Cela pourrait entraîner des baisses de charge" en cas de forte mobilisation sur les sites, "tout dépendra de l'ampleur de la grève", a-t-il ajouté.

L'avenir de la branche énergétique inquiète

Lors d'assemblées générales organisées ces derniers jours dans plusieurs sites, "de jeunes salariés ont fait part de leur volonté d'intervenir sur leur outil de travail", selon Laurent Heredia, membre de la direction fédérale de la FNME-CGT.

"On sent clairement que le mouvement de contestation monte", a-t-il assuré.

Le syndicat souhaite "le retrait de la loi Travail" mais entend également réitérer ses inquiétudes quant à l'avenir de la branche énergétique. L'État s'est engagé en avril à renflouer le groupe EDF, endetté et plombé par des prix de l'électricité en berne en Europe et des d'investissements à venir, notamment le projet controversé Hinkley Point.

Quelques mois plus tôt, c'est au secours du groupe nucléaire Areva qu'il était intervenu. Un plan d'économies prévoyant la suppression de 6.000 postes d'ici à 2017 avait entre autres été décidé.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/05/2016 à 7:32 :
Il y a bien un problème lié à l'énergie, les raffineries, EDF. Quel rapport avec l'énergie et le travail? Et si on envisageait de financer le "non travail" par une taxe sur l'énergie.
a écrit le 26/05/2016 à 0:20 :
J'ai vu quelque chose d'amusant, dans une raffinerie, les cadres et autres improductifs faisaient une mini manifestation "on veut travailler!"
Ben s'ils étaient aussi malins que leurs diplômes, pourquoi ne pas metttre les bleus et prouver aux grèvistes la parfaite connaissance de l'outil de travail en redémarrant une partie de l'entreprise.
a écrit le 25/05/2016 à 11:36 :
Mon scénario CT-MT :

Hollande dissous l'Assemblée nationale et provoque une cohabitation avec Juppé.
Il espère être réélu en 2017 mais manque de pot après 100 jours de carbonisation juppéiste, c'est Marine Le Pen qui triomphe
a écrit le 25/05/2016 à 11:16 :
Bon, finalement, la France retrouve ses fondamentaux : des idées mais pas de pétrole. Avec une option sur l'électricité.
Avec la volonté de diminuer les budgets de la R&D, qui génère les fameuses idées.
La gouvernance actuelle de la France est mauvaise et ses perspectives peu amènes.
Réponse de le 25/05/2016 à 12:38 :
faisons la grève du règlement des factures et on verra comment ces privilégiés vivront
boycottons la cgt à toutes les élections professionnelles
la liberté de faire grève s'arrête la où commence celle de travailler
a écrit le 25/05/2016 à 11:01 :
C'est complètement fou de jouer avec les centrales nucléaires !!! Il y a chez ces excites de la CGT des gens assez irresponsables pour nous mettre en danger !!! Il faut immédiatement intervenir et faire cesser ce risque.
Réponse de le 25/05/2016 à 13:17 :
delogeons les avec l'armée et enfermons les pour longtemps on a pas besoin de ces détraqués pour faire du social en France remplaceons a leur poste de travail par des chômeurs qui ont envie de travailler les grévistes se mettent souvent en grève pour avoir des congés supplémentaires

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