Nouveaux EPR : un coût estimé à 46 milliards d'euros sur vingt ans par EDF
AFP

EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d'environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d'euros.
CHARLES PLATIAU
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EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d'environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d'euros.
CHARLES PLATIAU
EDF évalue à au moins 7,5 milliards d'euros le coût unitaire d'éventuels nouveaux EPR, plus du double du prix initial du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville qui a accumulé les déboires, selon la teneur d'un document interne révélée samedi par Le Monde.
Le document, révélé par Le Monde ce samedi, développe l'hypothèse de six nouveaux EPR déjà évoquée par le gouvernement et l'électricien. "EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d'environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d'euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d'euros par réacteur", souligne le quotidien.
Contacté par l'AFP samedi matin, EDF s'est refusé à tout commentaire. Le ministère de la Transition écologique, chargé du dossier, a rappelé pour sa part les propos de la ministre Elisabeth Borne selon qui la construction de nouveaux EPR ne constitue qu'un "scénario parmi d'autres" et qu'une décision ne sera prise qu'à l'issue de la mise en service de Flamanville (Manche).
Une source syndicale contactée par l'AFP samedi a confirmé les ordres de grandeur des montants évoqués par le quotidien, tout en insistant plutôt sur la réduction des coûts qu'ils représenteraient par rapport aux coûts actuels de construction d'un EPR en Europe.
Au conseil d'administration en juillet, aucun chiffre n'a été mis sur la table, a affirmé cette source, mis à part "plusieurs centaines de milliers d'euros" nécessaires au lancement d'études préliminaires pour ces hypothétiques futurs EPR en France.
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Selon cette source, "les surcoûts de Flamanville sont dus au manque de savoir-faire accumulé dans la filière en France depuis deux décennies, qu'il a fallu reconstituer". Trois couples de deux EPR représenteraient quelque 10 GWh sur les quelque 60 GWh de capacité nucléaire que compte la France actuellement.
"En Chine, la construction de deux EPR s'est faite pour quelque 12 milliards d'euros" a fait valoir la source syndicale, estimant que ce pays avait "gardé sa capacité d'architecte assemblier".
Lancé en 2006, et devant initialement entrer en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d'euros, le premier réacteur français de troisième génération a subi revers sur revers. Son démarrage est désormais prévu fin 2022 et son coût a été réévalué à 12,4 milliards d'euros.
Fin octobre, un rapport d'audit commandé par le gouvernement avait qualifié ce chantier d'échec pour EDF" et la filière nucléaire française. Dans la foulée, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait dénoncé "un manque de rigueur inacceptable" et sommé EDF, dont l'Etat est actionnaire à 83,7%, de mettre en place un "plan d'action" d'ici un mois pour remettre la filière nucléaire aux "meilleurs niveaux d'exigence".
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Le rapport estimait néanmoins que l'EPR avait "démontré la pertinence" de sa conception et préconisait de voir l'Etat lancer "des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs et d'entretien du parc existant".
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