La filière redoute que de nombreux projets solaires, éoliens, hydrauliques et biogaz ne voient pas le jour en raison du contexte actuel de flambée des prix (matières premières et transports) et de hausse des taux d'intérêt. Ils tirent la sonnette d'alarme à l'heure où la France accumule un net retard dans sa transition énergétique et où les inquiétudes grandissent sur la sécurité d'approvisionnement en électricité.La crise énergétique, amplifiée par la guerre en Ukraine, devrait constituer un véritable tremplin pour le développement des renouvelables sur le Vieux Continent, l'Union européenne misant sur le déploiement massif des énergies propres pour se défaire du gaz russe à toute vitesse et assurer son indépendance énergétique. Reste que, sur le court terme, les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie pourraient nuire au développement de la filière. C'est en tout cas ce que craignent les professionnels français du secteur, qui alertent sur le risque "d'un trou d'air".
"De nombreux projets renouvelables doivent absorber les surcoûts liés à la crise actuelle et pourraient ne pas voir le jour si des mesures d'urgence ne sont pas adoptées d'ici à l'été", met en garde, ce mercredi 22 juin, le Syndicat des énergies renouvelables (SER), dans un communiqué.
Contrairement à l'industrie automobile, qui est freinée par la faible disponibilité des semi-conducteurs, la filière ne fait pas face à un problème de rareté des composants, mais à un problème de coûts des matières premières, qui flambent.
+ 25% à 30% de dépenses d'investissements
Les professionnels des énergies renouvelables sont surtout touchés par l'envolée du prix de l'acier, notamment utilisé dans les turbines hydrauliques, dans les bacs installés pour accueillir les panneaux solaires ou encore dans les mâts des éoliennes. La filière est aussi impactée par la hausse du prix du béton et par celle du silicium, dont le processus de fabrication requiert beaucoup d'énergie.
A cette hausse des prix des matières premières, s'ajoutent la hausse du coût des transports, mais aussi la remontée des taux d'intérêt, qui grève les capacités d'endettement des porteurs de projets et les obligent à mobiliser plus de fonds propres.