Eolien : les coûts de construction explosent, le modèle européen ne tient plus face à la concurrence chinoise
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Volta
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Chez les fabricants d'éoliennes, l'histoire reste dans toutes les têtes : à force de prix tirés vers le bas et d'une concurrence internationale extrême, l'industrie européenne de conception des panneaux photovoltaïques fut tuée dans l'œuf au début du 21ème siècle, supplantée par la compétitivité imbattable de la Chine, désormais largement dominante sur le marché mondial. Une bataille perdue pour le Vieux continent, et un schéma qui pourrait bien se répéter, cette fois dans le secteur des géants à pales, alertent aujourd'hui les turbiniers européens.
Et pour cause, entre ventes à perte et destruction d'emplois, tous se montrent en grande difficulté. Le numéro 1 du secteur, le géant danois Vestas, a ainsi perdu 765 millions d'euros au premier trimestre 2022, et annoncé son intention de fermer trois usines et supprimer 275 postes. De son côté, Siemens Energy a dû lancer en mai une offre publique d'achat pour sauver de l'hémorragie financière sa filiale espagnole Gamesa, spécialisée dans la fabrication d'éoliennes.
Autant de déboires qui risquent de mettre à mal les objectifs ambitieux de l'UE en la matière : afin de réduire sa dépendance à la Russie, la Commission entend faire passer la capacité éolienne installée chez les Vingt-Sept de 190 GW à 480 GW d'ici à 2030. Un quasi-triplement que l'industrie déficitaire européenne pourrait ne pas assumer...au profit de fabricants étrangers qui cherchent à se développer en dehors de leur marché domestique. Et ce, malgré la volonté affichée par Bruxelles d'accroître sa souveraineté énergétique.
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Car la hausse des prix de l'acier (utilisé pour les tours et les pales) et d'autres matériaux critiques, comme le cuivre, ont fait grimper en flèche le coût des infrastructures, s'alarment les constructeurs européens. Sans compter les bouleversements liés à la chaîne logistique, parmi lesquels le manque de porte-conteneurs, avec des goulots d'étranglement encore accentués par l'explosion de la demande mondiale liée à la guerre en Ukraine et à la course vers les alternatives « propres » au charbon, pétrole et gaz.