Chimie : Kem One pourrait être mis en redressement judiciaire ce mercredi

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© Arkema (Crédits : arkema)
Le tribunal de commerce de Lyon va-t-il accéder à la réquisition du procureur demandant une mission élargie pour les administrateurs judiciaires ? Ces auxiliaires de justice prendraient alors la responsabilité de la gestion du groupe chimique dont se verrait dessaisie Gary Klesch, l'actuel propriétaire.

Le dossier Kem One - pôle vinylique d'Arkema repris le 1er juillet dernier par l'homme d'affaires américain Gary Klesch via son groupe financier Klesch & Company Limited basé à Genève - s'annonce d'une grande complexité. Mardi 26 mars, le tribunal de commerce de Lyon s'est donné 24 heures pour rendre sa décision sur la demande de mise en redressement judiciaire formulée par l'actuel actionnaire. Le procureur de la République n'a pas émis d'avis contraire, mais a souhaité que les deux administrateurs judiciaires pressentis - Laurence Lessertois et Bruno Sapin- soient investis d'une mission étendue de représentation. En quelque sorte Gary Klesch serait écarté de la gestion.
« Une telle hypothèse ne favoriserait pas la suite », estime un des nombreux avocats de Kem One. Une chose est sûre : la direction opérationnelle lyonnaise du groupe est fort mal à l'aise. De sources syndicales, Didier Le Vely, secrétaire général de Kem One, n'a pas voulu présider le CCE de lundi, du fait de l'ordre du jour, à savoir la déclaration de cessation des paiements. C'est Ed Horn, bras droit de Gary Klesch, qui s'en est chargé. Présent à l'audience du tribunal mardi, celui-ci a refusé de répondre à nos questions.

Six usines concernées

La demande de redressement judiciaire concerne 6 des 22 usines cédées : Lavera, Berre, Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), Saint Auban (Alpes-de-Hautes-Provence), Balan (Ain), Saint Fons (Rhône) ainsi que le siège de Lyon Gerland. Ce périmètre emploie 1 300 des 2 600 salariés du groupe. La ligne de défense de Gary Klesch a été confirmée par Cédric Montfort, un de ses avocats : «On a vendu à Kem One un business plan qui était faux. Et l'activité devait être rentable sans investissement particulier ». D'où la saisine du tribunal arbitral pour réclamer 310 millions d'euros de dommages et intérêts à l'ex filiale de Total.
Reste que cette dernière a cédé ce business pour un euro symbolique en effaçant les dettes et en laissant 100 millions de liquidités dans les caisses. Huit mois plus tard, le cash disponible serait nul ou proche de zéro et les créances fournisseurs avoisineraient les 300 millions d'euros. Certes, Kem One a été pénalisé par l'incendie de la raffinerie Total de Lavera, en décembre dernier, qui a pesé sur ses approvisionnements en éthylène. S'y est ajouté le contexte économique difficile pour l'automobile et le bâtiment, ses deux principaux débouchés.

Des zones d'ombre

Cependant, « nous pouvons nous interroger sur la rapidité avec laquelle la situation financière s'est dégradée, a fait valoir Yves Chavent, le président du tribunal de commerce. Il existe beaucoup de zones d'ombre. Nous devons attendre les rapports que nous remettrons les administrateurs judiciaires, dans des délais très courts. Nous devons être certains d'avoir la trésorerie nécessaire pour passer la période d'observation ».
De leur côté, le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle) et le ministère du Redressement productif suivent le dossier de près : « La disparition de Kem One aurait un impact sur l'ensemble des plateformes chimiques et pétrochimiques de Lavera jusqu'à Carling, dans l'Est. Ce serait alors la suppression de 10.000 emplois directs et indirects », a affirmé Vicori Salvatore, coordinateur CFDT pour le groupe.
Les syndicats estiment qu'Arkema a sa part de responsabilité dans ce dépôt de bilan : « Ils n'ont pas vérifié la fiabilité de l'acquéreur, martèle Rémy Lasnet, secrétaire général CFDT Ain. Nous espérons que les pouvoirs publics, Total et Arkema vont se mettre ensemble pour trouver un nouveau repreneur, crédible ».


 

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Commentaires
a écrit le 26/03/2013 à 17:29 :
Oui, mais nous avons le ministre Zorro du développement improductif et le Président du Chômage qui vont résoudre tous les problèmes. Vous pourrez, (pour ceux qui aiment les mensonges) écouter le journal de France 2 jeudi soir. Pour les autres, nous aurons "sections de recherche " sur TF1 et ce sera sans mensonges !

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