ArcelorMittal met la main sur un quart du capital de Vallourec
latribune.fr
« ArcelorMittal n'a pas l'intention de lancer une offre publique sur les actions restantes de Vallourec au cours des six prochains mois et en informera le marché si son intention venait à évoluer », ont indiqué les deux groupes.
Francois Lenoir
Le sidérurgiste français a annoncé ce mardi avoir mis 955 millions d'euros sur la table pour prendre possession de 27,5% du capital du spécialiste des tubes sans soudure Vallourec.
ArcelorMittal continue sa stratégie de diversification. Le sidérurgiste français a déboursé 955 millions d'euros pour devenir l'actionnaire de référence du groupe français Vallourec, spécialisé dans les tubes sans soudure, en prenant plus du quart de son capital, ont annoncé ce mardi les deux groupes dans deux communiqués séparés.
À la Bourse de Paris, les titres ArcelorMittal et Vallourec ont réagi positivement ce mardi en augmentant respectivement de 2,23% et 0,52% à 14h45.
Dans le détail, ArcelorMittal a confirmé mardi avoir bouclé l'opération lancée le 12 mars pour le rachat de 65,2 millions d'actions Vallourec au fonds américain Apollo, soit 27,5% du capital de la société française et 28,4% de ses droits de vote.
De plus, alors que le pacte d'actionnaires en place entre Vallourec et le fonds Apollo a été résilié, un nouveau pacte d'actionnaires a été conclu entre Vallourec et ArcelorMittal. Il prévoit notamment l'entrée au conseil de Vallourec d'administrateurs d'ArcelorMittal, comme Genuino Magalhaes Christino, également membre du comité d'audit et du comité des rémunérations. Aditya Mittal, directeur général d'ArcelorMittal, sera désigné en qualité de censeur par le conseil d'administration de Vallourec, en remplacement d'Austin Anton, le censeur désigné par Apollo. Et Keith James Howell sera administrateur en remplacement de Gareth Turner.
Pas d'OPA en vue selon ArcelorMittal
Mais ArcelorMittal l'assure : il « n'a pas l'intention de lancer une offre publique sur les actions restantes de Vallourec au cours des six prochains mois et en informera le marché si son intention venait à évoluer », ont indiqué les deux groupes dans des communiqués séparés.
De son côté, « Vallourec partage avec ArcelorMittal une vision industrielle de long terme », a déclaré Philippe Guillemot, président du conseil d'administration et directeur général de Vallourec. Pour rappel, Vallourec, équipementier de l'industrie pétrolière et gazière, est sorti du rouge l'an passé à la suite d'une thérapie de choc, comprenant la fermeture de ses usines allemandes et la suppression de 3.000 emplois, qui lui a permis d'afficher ses meilleurs résultats depuis 15 ans et une nette réduction de sa dette.
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Avec cette montée au capital, le sidérurgiste cherche donc à se diversifier dans les marchés de la transition énergétique et de la décarbonation de l'industrie, via notamment des technologies de stockage de l'hydrogène vert, le captage du CO2 ou la géothermie. Des sujets d'intérêt pour ArcelorMittal qui essaie de décarboner ses sites de production d'acier, en captant le CO2 et en installant des sites où le charbon sera remplacé par l'hydrogène pour réduire le minerai de fer nécessaire à la fonte d'acier.
ArcelorMittal se tourne vers la décarbonation
C'est aussi dans cette optique qu'il a annoncé, en janvier, investir 1,8 milliard d'euros dans la décarbonation de son site de Dunkerque, ce qui permettra de réduire de près de 6% les émissions de CO2 du secteur industriel en France. Cet argent permettra de construire deux fours électriques ainsi qu'une unité de réduction directe du fer, première étape pour produire l'acier décarboné. Ces installations fonctionnant à l'électricité et au gaz, et à terme à l'hydrogène, se substitueront aux fourneaux fonctionnant au charbon, ce qui devrait permettre de réduire les émissions de CO2 du site de 4,4 millions de tonnes par an.
Dans le même temps, le sidérurgiste tente de se débarrasser de certains sites. Ainsi, toujours en janvier, le groupe avait exprimé de nouveau sa volonté de vendre à l'Etat italien ses 62% détenus dans l'aciérie géante de Tarente, en grande difficulté, où des milliers d'emplois sont en jeu. L'aciérie de Tarente, une des plus grandes d'Europe, est en proie à une grave crise de liquidités, qui dure depuis des années. Elle ne parvient plus à rémunérer une grande partie de ses fournisseurs ni à régler ses factures de gaz et d'électricité, au point que le risque de coupure est imminent. Dans une lettre au gouvernement italien, l'entreprise indique qu'elle est encline à trouver une « solution amiable » pour la reprise de l'aciérie et veut éviter d'en arriver à une solution « unilatérale et extrême » ou autrement dit à un passage en force de l'Etat.
ArcelorMittal voit son bénéfice fondre au deuxième trimestre
Le sidérurgiste a vu son chiffre d'affaires baisser de 12,7% à 16,25 milliards de dollars et son résultat opérationnel chuter de 46% à 1,05 milliard de dollars au deuxième trimestre, pénalisé par la baisse des prix mondiaux de l'acier et « un environnement économique toujours morose ». Le résultat net du deuxième producteur mondial d'acier a été presque divisé par quatre, à 504 millions de dollars au deuxième trimestre, en raison d'une modification comptable de la valorisation de sa participation de 28% dans le groupe français Vallourec, acquise en mars, selon un communiqué publié le 1er août.
Sur l'ensemble du premier semestre, ArcelorMittal a vu son chiffre d'affaires reculer de 12% à 32,5 milliards de dollars, son bénéfice opérationnel se contracter de 32% à 2,1 milliards de dollars, et son bénéfice net être divisé de moitié, à 1,4 milliard de dollars contre près de 3 milliards un an auparavant. Le groupe a une nouvelle fois mis en cause la surproduction chinoise qui tire les prix mondiaux de l'acier vers le bas et jugé la situation « intenable » à terme.