Par la voix du ministre de l’Économie, l’État a annoncé son intention d’investir en propre au capital de la papeterie rouennaise. Reste toutefois à son repreneur, la société Fibre Excellence, à lever les fonds privés nécessaires à son redémarrage.
Nouveau rebondissement dans l'histoire tumultueuse de la papeterie Chapelle Darblay, devenue un emblème de l'économie circulaire depuis sa fermeture il y a cinq ans. Mis sous pression par la patronne de la CGT et les élus locaux, en tête desquels le maire de Rouen, Nicolas Mayer Rossignol, le gouvernement vient finalement de se positionner.
Confirmant la rumeur qui courait depuis quelques jours, le ministre de l'Industrie a annoncé que l'Etat était disposé, non pas à accorder un prêt comme cela était envisagé à l'origine, mais à prendre une participation d'un même montant (27 millions d'euros) au capital de la société qui portera le redémarrage de l'usine. Acté lors d'une réunion entre les parties vendredi à Bercy, l'apport en fonds propres devrait être complété par une subvention de 25 millions.
« Une belle victoire », salue Nicolas Mayer Rossignol sur X. La CGT est au diapason. « Cela va enfin permettre de relancer cet outil avec une production de papier pour emballage et à terme la création de 200 emplois », se félicite la centrale syndicale dans un communiqué.
170 millions à trouver
Bien qu'encore conditionnée à une levée de fonds privés, l'intervention de l'État pourrait en effet s'avérer déterminante pour l'avenir de la papeterie. Par effet de levier, elle devrait permettre au groupe Nord Américain Domtar, maison mère du repreneur Fibre Excellence, de trouver les 170 millions d'euros nécessaires à sa transformation.
Pour rappel, l'usine qui fut précurseure dans le recyclage de papier, doit être convertie dans la production de papiers et de cartons d'emballage à partir de déchets collectés dans le grand Ouest et en Île-de-France par Veolia. Un marché jugé plus porteur par Fibre Excellence. Lequel prévoit de fabriquer à terme près de 500.000 tonnes de PPO (Papier Pour Ondulé dans le jargon).
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Au plan local, la Métropole de Rouen, qui avait préempté le site en 2022, devrait apporter un tribut important à sa relance. Elle s'est engagée à acquérir pour 5 millions d'euros les 10 hectares qui ne seront plus exploités par le nouveau propriétaire ainsi qu'à investir la même somme dans la chaudière biomasse via la SEM Axe Seine Energies Renouvelables. La Société Nouvelle Darblay Production s'est également vue promettre une exonération dégressive de CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) pendant cinq ans.