Réindustrialisation : Protecop relocalise la fabrication des gilets pare-balles
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue du stand de Protecop au salon Milipol l'an dernier
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue du stand de Protecop au salon Milipol l'an dernier
DR
Sébastien Lecornu, nouveau ministre des armées, sera content de l'apprendre. C'est dans son fief de l'Eure -où il a conservé la présidence du Conseil départemental- que seront désormais fabriqués l'entièreté des gilets pare-balles produit par Protecop : l'un des gros acteurs de la filière balistique hexagonale. Fondée il y a une quarante ans, cette PME familiale s'est faite une réputation en développant les toutes premières tenues intégrales de maintien de l'ordre connues sous le nom de Robocop. Presque une décennie après avoir créé une usine en Tunisie (150 de ses 200 salariés), elle relocalise une partie de son activité dans le bocage normand.
Profitant d'une dotation d'un demi-million allouée dans le cadre du plan de Relance, elle rapatrie sur son site historique de Bernay la production des gilets pare-balles qu'elle fabriquait depuis le Maghreb pour les forces de l'ordre et les armées françaises et étrangères.
Objectif : mieux anticiper les tensions régulières que subit le marché des gilets pare-balles en raison d'événements sécuritaires sur la scène internationale.
À lire également
En hissant le drapeau tricolore, l'entreprise ne cache pas qu'elle espère aussi s'arroger quelques bons points dans les futurs appels d'offres des ministères des armées et de l'intérieur. « On fait de l'œil au marché français, admet Emmanuelle Hoebanx. Car quand vous équipez les forces de l'ordre de votre pays, il est plus facile d'exporter ». Au passage, l'intéressée rappelle avoir mal vécu un épisode survenu il y a 4 ans. À l'époque, la Direction générale de l'armement avait écarté la candidature de l'entreprise normande au profit d'un concurrent irlandais. Lequel avait confié à un sous-traitant asiatique la fabrication des 300.000 gilets pare-balles commandés par la DGA.
Nathalie Jourdan