Ils sont responsables de 12% des émissions de CO2 de la France sur une année, selon plusieurs données publiques. Ce sont des cimenteries majoritairement, mais aussi des raffineries spécialisées dans la production du sucre, des métallurgistes, des chimistes ou encore des verreries industrielles... Ce sont les 50 sites industriels français les plus émetteurs d'émissions de CO2.
Il y a un an, ces grands patrons (Lafarge Holcim, Arcelor Mittal, Calcia, TotalEnergies, Saint-Gobain, Solvay...) étaient reçus par Emmanuel Macron pour ficeler un deal : réduire de moitié leurs émissions carbones d'ici dix ans, en l'échange d'un soutien financier spécifique de l'État et un total de 10 milliards d'euros pour décarboner l'industrie. Douze mois après, ces contrats de transition écologiques signés entre l'État et ces industriels sont-ils en bonne voie ? La réponse est nuancée.
Tout d'abord, l'État n'a pas respecté sa part du contrat sanctuarisant seulement quatre milliards d'euros pour décarboner l'industrie, avant de rajouter dans l'urgence 1,55 milliard supplémentaire dans le budget 2025 dont le fléchage n'est encore pas défini. Entre flou politique lié à la dissolution de l'Assemblée nationale, nouveau gouvernement et contraintes budgétaires du pays, l'attentisme est de mise chez les industriels qui attendent des subventions en provenance particulièrement de l'Ademe.
Pierrick Merlet, avec Olivier Mirguet (Strasbourg), Maxime Giraudeau (Bordeaux) et Marie Lyan (Lyon)