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L’hybride rechargeable, futur de la mobilité propre ?

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(Crédits : Pixabay)
A petits pas, la motorisation hybride commence à se faire une vraie place parmi les choix de motorisation des Français. La croissance du marché atteint régulièrement deux chiffres, de quoi faire de l’hybride, peut-être, le trait d’union qui manque encore entre le thermique et le 100% électrique.

La France n'est pas encore au niveau de la Norvège, où 31% des voitures vendues en 2017 ont été des modèles hybrides (pour 21% de voitures électriques). Il n'empêche que le pays progresse, lentement mais surement, sur le chemin de la diffusion des motorisations propres.

Les taux de croissance des marchés 100% électrique et hybride affichent régulièrement deux chiffres. Certes, chacun part de loin et ne représente encore que quelques pourcents du total des immatriculations en France.

En France, au cours de l'année 2017, se sont ainsi vendues 81 547 modèles hybrides (3,9% du marché global) et 24 910 voitures électriques (1,2% du marché, chiffres CCFA). L'hybride, mi-essence, mi-électrique, semble moins générer de craintes chez le consommateur. Les constructeurs ne s'y sont pas trompés et l'incluent de plus en plus à leur gamme de véhicules. Et l'hybride rechargeable (près de 12 000 immatriculations en 2017), connait lui aussi un vrai boum, avec +69% de ventes au cours de l'été ! « La large offre de véhicules hybrides rechargeables continue de séduire de plus en plus les automobilistes », assurait ainsi l'Avere, début septembre, pour justifier les bons chiffres de juillet et août.

Au total, après huit mois, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles, 68 839 voitures hybrides se sont vendues en France (18 000 de plus par rapport à la même époque en 2017), dont 9 741 modèles rechargeables (3 200 ventes supplémentaires).

Adopté aussi par les entreprises

Les particuliers semblent suivre le mouvement vers la mobilité propre, à mesure, c'est à ne pas oublier, que le maillage des bornes se resserre de plus en plus sur le territoire (le cap des 23 000 points de recharge a été dépassé en France début septembre, + 3 000 points accessibles au public en un an).

Les entreprises, elles aussi, s'y mettent de plus en plus. Sur un marché du véhicule d'entreprise où le diesel, encore très présent, est en perte de vitesse (69,9% du marché français fin août, un niveau bas record, source Observatoire du véhicule d'entreprise -OVE-), l'hybride rechargeable a une belle carte à jouer. Entre janvier et août, les chiffres sont bons : selon l'OVE, « la tendance reste orientée à la hausse, plus particulièrement pour les hybrides rechargeables avec +51,5 % à 4 646 unités (VP+VUL). Au total les immatriculations d'hybrides (VP + VUL) progressent de +44 %, à 16 439 unités, avec une part de marché de 3 %. Sur le seul segment des VP, les hybrides rechargeables progressent de +51,7 % (4 640 unités) et les non rechargeables de + 42 % (11 369 unités) ».

Selon un sondage récent de l'institut CSA pour l'OVE, près d'une entreprise française sur deux (41%) envisage d'intégrer les énergies renouvelables à sa flotte de véhicules dans les trois années à venir. Dans les intentions d'achat, l'hybride (30%) devance l'électrique d'une courte tête (26%).

Un cap en 2030 ?

Si hybride et 100% électrique vont dans le même sens, une étude de l'Ademe, publiée en juillet dernier, rapportait l'intérêt, à terme, des solutions hybrides, en particulier rechargeables. Ce serait même la meilleure solution côté motorisation, d'ici 2030. Selon le document : « Pour les véhicules particuliers, mais aussi les utilitaires professionnels, la solution hybride rechargeable possède tous les atouts pour réduire la pollution locale et les émissions de GES (gaz à effet de serre, ndlr). Ces véhicules doivent cependant être utilisés très régulièrement de façon à amortir l'impact de la fabrication de la batterie. Celle-ci doit être rechargée quotidiennement pour maximiser l'utilisation du véhicule en mode électrique. »

La taille de la batterie, plus réduite que celle d'un véhicule tout électrique, et une utilisation uniquement en électrique (avec recharge quotidienne) améliorerait en outre l'impact environnemental des trajets quotidiens « par rapport aux autres véhicules étudiés », précise l'Ademe.

Le coût de fabrication élevé de la technologie limite encore le déploiement de l'hybride rechargeable à grande échelle, selon l'Agence. Toutefois, « ce coût devrait se réduire d'ici 2030, ce qui permettra de démocratiser cet usage et le rendre véritablement concurrentiel ».

A cet horizon, le tout-électrique, lui, deviendra alors « plus adapté à un usage intensif et aux transports en communs ».

Pas besoin, semble-t-il, d'opposer les deux technologies. Hybride ou électrique, chacun devrait pouvoir trouver sa place.

Hybride et électrique : le saviez-vous ?

  • Au deuxième trimestre 2018 (source CCFA), la France s'est classée n°3 en Europe pour la vente de voitures particulières électriques et hybrides (21 513), derrière le Royaume-Uni (29 392) et l'Allemagne (33 980). La Norvège, hors UE, pointe à 35 789 immatriculations sur la période !
  • Toujours au deuxième trimestre 2018, il s'est vendu en France plus de voitures électriques et hybrides qu'au Portugal, en Italie, en Espagne et en Belgique réunis !
  • Entre 2010 et 2017, les ventes de voitures hybrides, en France, ont quasi-décuplé (de 9 655 ventes en 2010 à 81 559 en 2017)

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