Pour Macron, le plan de relance que Castex détaillera jeudi doit "préparer la France de 2030"

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Jeudi 3 septembre, avec un certain différé, le Premier ministre Jean Castex, présentera son plan de relance de l'économie française, lequel vise à accélérer une reprise qui marque le pas, et donc à éviter un envol du chômage dans les mois qui viennent. Pour le président de la République Emmanuel Macron, ce plan de relance doit viser aussi à préparer la France de 2030.
Jeudi 3 septembre, avec un certain différé, le Premier ministre Jean Castex, présentera son plan de relance de l'économie française, lequel vise à accélérer une reprise qui marque le pas, et donc à éviter un envol du chômage dans les mois qui viennent. Pour le président de la République Emmanuel Macron, ce plan de relance doit viser aussi à "préparer la France de 2030". (Crédits : GONZALO FUENTES)
QUEL PLAN DE RELANCE ? (1/2) Après les 460 milliards d'euros de dispositifs d'urgence mobilisés depuis le début de la crise, le plan de relance de 100 milliards ("quatre fois plus que le plan de 2008, un tiers du budget de l'État"), qui doit se déployer sur deux ans, vise à soutenir "l'offre et l'investissement", soutient le Premier ministre. Le président de la République parle, lui, de "préparer la France de 2030". Des voix s'élèvent cependant pour dire que ce plan, qui sera contenu dans la loi de finances pour 2021 et donc voté en fin d'année, pourrait arriver un peu tard pour certaines entreprises.

Après un report d'une semaine pour donner la priorité à la gestion sanitaire de la rentrée, le gouvernement détaille jeudi son plan de relance de l'économie française, avec comme difficulté d'accélérer une reprise qui marque le pas, faisant craindre un envol du chômage dans les mois qui viennent.

Ce plan de 100 milliards d'euros représente "quatre fois plus que le plan de 2008, un tiers du budget de l'État", a vanté la semaine dernière le Premier ministre Jean Castex devant les patrons réunis à l'université d'été du Medef, pour assurer l'engagement de l'Etat dans cette crise.

Un événement historique

Une crise inédite depuis la Seconde Guerre mondiale: après avoir vu le PIB se contracter de plus de 5% au premier trimestre, puis de 13,8% au deuxième sous l'effet du confinement, la France est entrée en récession et le gouvernement prévoit que son PIB s'affaisse de 11% cette année.

Si le rebond de l'activité a été fort au début du déconfinement à la mi-mai, il s'essouffle quelque peu ces dernières semaines, selon des indicateurs économiques publiés ces derniers jours.

En parallèle, sur le front de l'épidémie, la hausse des contaminations et le renforcement des mesures de protection, comme le port du masque généralisé en entreprises, crée un climat d'inquiétude peu propice à restaurer la confiance, pourtant essentielle pour la reprise durable de l'économie.

Soutien direct aux entreprises et verdissement de l'économie française

Après les 460 milliards d'euros de dispositifs d'urgence mobilisés depuis le début de la crise, le plan de relance, qui doit se déployer sur deux ans, vise à soutenir "l'offre et l'investissement", a défendu le Premier ministre.

Il sera donc surtout axé sur le soutien direct aux entreprises, avec comme mesure phare la baisse des impôts de production de 10 milliards d'euros en 2021 et en 2022. Le plan intègre également l'enveloppe de 6,5 milliards de soutien à l'emploi des jeunes, déjà débloquée cet été.

Au-delà des mesures de court terme, l'exécutif veut profiter de l'occasion pour accélérer le verdissement de l'économie française et stimuler la production industrielle sur le territoire, en particulier dans certains secteurs stratégiques comme la santé.

Préparer la "France de 2030"

Au total, 30 milliards d'euros iront donc à la transition écologique, dont une partie se recoupe avec les 40 milliards dédiés à la réindustrialisation du pays.

"Cette stratégie 'France relance' que nous allons lancer, ça n'est pas une stratégie pour faire face aux difficultés du moment, ça nous l'avons déjà fait et nous allons continuer (...), non c'est préparer la France de 2030", a défendu le président de la République Emmanuel Macron.

Ce choix du soutien aux entreprises, qui passera également par des simplifications administratives, soulève déjà quelques critiques, certains dénonçant le manque de mesures en faveur de la demande afin d'inciter les ménages à dépenser les 80 milliards d'euros d'épargne engrangés pendant depuis mars.

Car si la consommation a rebondi après le confinement, elle s'est stabilisée en juillet, selon l'Insee.

Pas question d'opter pour une baisse massive de la TVA

Outre la hausse de l'allocation de rentrée scolaire et des dispositifs attendus pour encourager les ménages à effectuer des travaux de rénovations dans leur logement, le gouvernement pourrait faire d'autres annonces, mais assume sa stratégie.

"Les revenus des ménages ont été préservés" grâce au chômage partiel, a défendu Jean Castex la semaine dernière. Il n'est donc pas question d'opter pour une baisse massive de la TVA comme en Allemagne.

"La meilleure façon de soutenir la demande, c'est de créer des emplois" et donc d'aider les entreprises à le faire, a de son côté estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire lors de l'université d'été du Medef.

Une mise en oeuvre trop tardive ?

Reste à savoir si ce plan, qui sera contenu dans la loi de finances pour 2021 et donc voté en fin d'année, n'arrivera pas un peu peu tard pour certaines entreprises.

Avant même le report de son annonce, l'opposition l'avait jugé tardif. "Chaque jour perdu accroît la fracture", avait ainsi critiqué début août Boris Vallaud, porte-parole du PS et député des Landes.

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Commentaires
a écrit le 02/09/2020 à 16:41 :
Dites Heuclin, M. Macron a un prénom et un titre. La moindre des politesse serait de les utiliser dans vos articles.
a écrit le 02/09/2020 à 10:17 :
Pourquoi ne pas transformer une parti de la TVA... en TVA sociale pour baisser le prix de revient de ce qui sort de nos usines!?
Réponse de le 02/09/2020 à 17:36 :
En parlant de TVA :

« Sauver la profession » face aux conséquences de la crise sanitaire. C'est ainsi que l'Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) justifie de demander au gouvernement une baisse de la TVA de 15 à 10 %.
« Pour maintenir l'activité, la pérennité des entreprises, des emplois et soutenir l'effort de formation des jeunes par nos entreprises, nous demandons au gouvernement que le taux de TVA des services de coiffure soit abaissé à 10 % », a déclaré le président de l'Unec, Christophe Doré, cité dans un communiqué publié ce mercredi. Soit 5 points de moins que le taux fixé à 15 % pour l'ensemble de la prestation, depuis octobre 2001.« Toute la profession est aujourd'hui à la peine, a ajouté Christophe Doré. Nous constatons une baisse de la consommation de 15 à 40 % qui, nous le craignons, pourrait être durable et le corollaire du choc économique subi par notre pays ». Passée la très attendue réouverture des salons le 11 mai, l'activité des salons ne s'est pas maintenue, a souligné le représentant des coiffeurs : « Notre secteur est désormais très inquiet. »
a écrit le 02/09/2020 à 10:17 :
Pourquoi ne pas transformer une parti de la TVA... en TVA sociale pour baisser le prix de revient de ce qui sort de nos usines!
a écrit le 01/09/2020 à 18:46 :
Il faudrait que le covid-19, ou sa famille, nous fiche la paix d'ici là, et c'est pas gagné...
Je suggère un plan de relance par an.
a écrit le 01/09/2020 à 18:06 :
quand on lit le detail sur votre autre article, on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer
Réponse de le 02/09/2020 à 7:22 :
Echec de la politique de l'offre en inadéquation avec la demande du marché. Les acteurs de l'ancien monde reprennent le pouvoir pour bâtir le nouveau monde : à pleurer de rire...
a écrit le 01/09/2020 à 17:11 :
En 2030 tout sera oublié et monsieur ne sera plus au affaire! Qui est fan de cours d'histoire pour juger ses propos?
a écrit le 01/09/2020 à 14:40 :
Pas capable de voir ou d'anticiper la crise, il serait donc en train de préparer 2030...

C'est une farce?
a écrit le 01/09/2020 à 14:34 :
Ne pas vouloir baisser la TVA de la part de gens qui ne veulent surtout pas entendre parler de protectionnisme c'est normal puisque la baisse profiterait d'abord et avant tout à la Chine et à l'Allemagne.

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