Jean Castex débloque 80 millions d'euros supplémentaires pour les viticulteurs

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Alors que le gouvernement d'Édouard Philippe avait accordé en mai une première enveloppe de 170 millions d'euros au secteur, ses représentants espèrent un coup de pouce supplémentaire.
Alors que le gouvernement d'Édouard Philippe avait accordé en mai une première enveloppe de 170 millions d'euros au secteur, ses représentants espèrent un coup de pouce supplémentaire. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
Doublement affectée par la crise sanitaire et les sanctions américaines, la filière viticole française attend des réponses concrètes de la part du Premier ministre Jean Castex, en déplacement ce mercredi matin dans le Cher.

Jean Castex est arrivé ce mercredi matin sur les terres viticoles du Cher pour y annoncer un renforcement des aides financières en faveur d'une filière durement touchée par la crise du coronavirus et dans l'attente d'un geste à l'heure des vendanges.

Ce sera donc une enveloppe supplémentaire de 80 millions d'euros d'aides pour soutenir les viticulteurs, a annoncé le Premier ministre lors de ce déplacement.

Cette enveloppe s'ajoute au plan d'aides de 170 millions d'euros débloqué en mai par le précédent gouvernement. "J'ai demandé à ce que ces aides puissent être distribuées le plus rapidement possible car les besoins en trésorerie (...) sont forts", a ajouté le Premier ministre.

Ce coup de pouce supplémentaire avait été réclamé par le secteur viticole. Au total, les viticulteurs estiment que la crise sanitaire a engendré un manque à gagner d'au moins 1,5 milliard d'euros en raison de la mise à l'arrêt des bars, restaurants, rassemblement festifs et du tourisme.

Lire aussi : Covid-19 : la viticulture réclame une distillation de crise

"Globalement l'agroalimentaire a été moins impacté que d'autres par le Covid [...] mais cela cache des différences importantes selon les secteurs", explique Matignon, en soulignant que la viticulture, "dépendante de la restauration" et soumise à une reprise de l'activité touristique "hétérogène", figure parmi les plus touchés.

Lire aussi : Affaiblis, les vins de Bordeaux doivent survivre à un fléau inédit : le Covid-19 (1/5)

 ans le même temps, "il y a eu aussi une contraction assez forte des échanges commerciaux", alors que la France "exporte entre 30 et 40% de sa production", note Matignon.

À la crise du nouveau coronavirus s'ajoute l'effet des sanctions américaines prononcées fin 2019 sur les vins de moins de 14 degrés (hors vins à bulles), en représailles à un différend commercial entre Airbus et Boeing.

Lire aussi : Le vin français, cette victime collatérale du conflit qui oppose Washington et Bruxelles

"On s'est senti abandonné avec les taxes Trump, alors que l'on représente une bonne part des exportations", a déploré Olivier Luneau, propriétaire du domaine Jean-Teiller à Mennetou-Salon, juste avant l'arrivée de M. Castex.

Selon les représentants du secteur, la filière viticole française nécessite un doublement des aides accordées jusqu'à présent (européennes et nationales) pour faire face à la crise.

Moins de cotisations sociales

"Alors que les vendanges commencent déjà dans certaines régions, nous avons estimé les besoins totaux de la filière à plus de 350 millions d'euros pour financer les distillations nécessaires et le stockage privé de vins", a assuré à l'AFP Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et viticulteur dans l'Hérault.

Or, le plan annoncé en mai comprenait 155 millions d'aide à la distillation et 15 millions d'aide au stockage des excédents.

Le dispositif de distillation, permis par Bruxelles et financé sur fonds européens, subventionne la transformation des vins invendus en alcool qui servira dans la fabrication de bioéthanol, de parfums ou de gel hydroalcoolique.

L'enveloppe débloquée permet aujourd'hui de transformer environ deux millions d'hectolitres. Les viticulteurs demandent de quoi distiller 3 à 3,5 millions d'hectolitres pour faire de la place pour la prochaine vendange.

"On est en train de travailler à un effort supplémentaire", avait déclaré la semaine dernière Julien Denormandie, devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Les représentants des viticulteurs pressent aussi le gouvernement d'élargir le nombre d'entreprises éligibles aux exonérations de cotisations sociales, en leur permettant d'en bénéficier à partir du moment où elles ont perdu au moins 60% de leur chiffre d'affaires pendant le confinement, contre un seuil de 80% actuellement.

Autre point en ligne de mire: la fin au 1er janvier 2021 du dispositif d'exonérations patronales pour les travailleurs occasionnels, qui bénéficie aux secteurs ayant des besoins extensifs en main d'oeuvre, dont les fruits et légumes et la viticulture.

Par ailleurs, les brasseurs, également fortement affectés par la fermeture des cafés, hôtels, restaurants et la suppression des concerts et festivals d'été, s'inquiètent de n'avoir "aucune nouvelle" des 4,5 millions d'euros d'aide à leur filière promise par le précédent gouvernement.

Dans le Cher, le Premier ministre, accompagné du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, a également visité une exploitation bio à Menetou-Salon, au nord-est de Bourges. Avant d'y déguster la production, il s'est fait présenter la petite chaîne d'embouteillage opérée par deux ouvriers, la cave et le chai de stockage.

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Commentaires
a écrit le 06/08/2020 à 15:00 :
encore une incohérance ! les Agriculteurs / eleveurs en ont bien plus besoin que le grand cru du vin et champagne. mesure bien pernicieuse..voir provocatrice
a écrit le 06/08/2020 à 15:00 :
encore une incohérance ! les Agriculteurs / eleveurs en ont bien plus besoin que le grand cru du vin et champagne. mesure bien pernicieuse..voir provocatrice
a écrit le 05/08/2020 à 18:43 :
Simple observateur il me semblait que la viticulture française était un secteur d’activité prospère ces dernières années vu les prix qu’on atteint les vins dans la plupart des régions et qu’en conséquence les résultats financiers devaient être bons et que les exploitants pouvaient passer le choc en mettant sur le marché leurs produits avec des prix en baisse qui feraient redémarrer les ventes .
a écrit le 05/08/2020 à 18:39 :
"Autre point en ligne de mire: la fin au 1er janvier 2021 du dispositif d'exonérations patronales pour les travailleurs occasionnels".

Qui servent accessoirement à financer la retraite complémentaire, la prévoyance , les garanties chômage et la formation professionnelle de leurs salariés. Les sommes collectées par le réseau des Urssaf sont reversées le jour même aux caisses de protection sociale.
a écrit le 05/08/2020 à 18:27 :
Vite il faut que macron aille à Bruxelles pour demander encore des dons aux pays frugaux...

La campagne présidentielle est lancée... Jusque 2022, le clientèlisme va jouer à fond... Des milliards pour faire plaisir à tout le monde...
a écrit le 05/08/2020 à 17:14 :
Le gouvernement nous a brimé sur les routes nationales en limitant la vitesse à 80km/heure et il encourage l'alcoolisme en donnant des subventions aux viticulteurs. Alors que les accidents pour alcoologie sont en progression.
a écrit le 05/08/2020 à 17:12 :
ils ne sont plus agriculteurs mais chasseur de prime.JE SUIS dans une region agricole et quand je vois leur patrimoine de depart je suis écœuré !!!!!! quand mais enfants etaient à l'ecole je devais payer plein pot partout eux avez droit à tout ,
a écrit le 05/08/2020 à 16:35 :
la distribution de cheques continue, a votre bon coeur messieurs dames!
ceux qui demandent auront, ceux qui ne demandent pas n'auront pas
precipitez vous, c'est open bar, il suffit que la bce fasse des prets sans interets qu'elle annulera.........
en quoi les viticulteurs ont besoin d'aides? en quoi la prime de rentree scolaire est augmentee de 100 euros? le nouvel iphone coute 100 euros de plus ou quoi?
la dette de la france c'est 115% du pib, et ca va mal finir
quand on est assis sur un baril de poudre ca peut basculer vite
a écrit le 05/08/2020 à 15:00 :
Et ce gouvernement veut revoir les régimes de retraites. Honte à ce gouvernement qui distribue sans compter qui dilapide l'argent que nos petits enfants devront rembourser.
a écrit le 05/08/2020 à 14:50 :
quand va t il nous dire comment il finance ,,,,,? CETTE CAMPAGNE va durer jusqu'aux elections 2022!!!!!!!! QUELLE DESASTRE POUR LA FRANCE.
a écrit le 05/08/2020 à 14:15 :
ils rigolent dans la bourgogne c est comme donner du lard aux cochons !ils se gavent disons que le problème vient des taxes us que trump leur a mis et pas que le covid les exportations se sont toujours faites covid ou pas les camions ont toujours roulés .
a écrit le 05/08/2020 à 13:51 :
Ridicule . J'entends pleurer les bouteille de champagne cachées dans les boyaux crayeux Au prix du mètre carré de vigne les champs Elysees sont un refuge de SDF ,
a écrit le 05/08/2020 à 13:43 :
"On est en train de travailler à un effort supplémentaire""

Le discours permanent, c'est quand même hallucinant que personne ne s'en émeuve, des LREM, du vide ajouté au rien.

Il ne faudrait subventionner que ceux qui ne sulfatent pas de produits nocifs, la vigne étant un terrain d'expérimentation de l'agro-industrie particulièrement important.
a écrit le 05/08/2020 à 13:21 :
Incohérence totale...
On dépense des milliards pour les maladies venant de la consommation d'alcool, puis des millions pour des campagnes medias de prévention , puis des milliards pour les primes d'assurances à cause des accidents dus à l'alcool...
Puis on va donner des milliards à la filière des alcools pour soutenir la production...
Pourquoi pas également des campagnes de pub pour consommer plus d'alcool...
Réponse de le 05/08/2020 à 15:02 :
Tant que ca pousse le PIB c'est bon. Donc ca a du sens de financer tout et son contraire.
Réponse de le 06/08/2020 à 12:26 :
Non non non, "pub" C'est en Grande Bretagne pas chez nous!

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