Il s'agissait d'un échauffement pour le Premier ministre lors des traditionnelles « Rencontres des entrepreneurs de France », rebaptisées « Renaissances» en plein Covid-19, par le Medef à l'hippodrome de Longchamp ces mercredi 26 et jeudi 27 août. A huit jours de la présentation plus officielle du plan de relance annoncée pour le 3 septembre, Jean Castex a tenté d'établir un premier contact avec le patronat français, lors d'une rentrée frappée par le coronavirus. « Je sais vos difficultés (...) pour autant, vous avez fait face », a entamé le nouveau bras droit d'Emmanuel Macron qui a tenu à « rendre hommage » aux chefs d'entreprise, et ce, alors que les voyants de l'économie française virent au rouge, moins de deux mois après la levée du confinement. Déficit commercial dégradé, explosion de la dette publique et du budget, chômage élevé... Jean Castex doit rétablir la confiance avec les dirigeants en fixant un cadre clair, tandis que, a-t-il lui-même reconnu, « les incertitudes n'ont jamais été aussi importantes ».
Sans dévoiler les mesures du plan de relance, le locataire de Matignon en a rappelé le montant : « 100 milliards d'euros, un tiers du budget de l'Etat, c'est quatre fois plus que le budget de 2008 [et] le plan de relance le plus conséquent au niveau européen », a-t-il martelé devant un parterre d'entrepreneurs circonspects. Les applaudissements sont restés mesurés malgré plusieurs salves pro-business du Premier ministre : « L'Etat ne peut pas tout, en tout cas pas tout, tout seul » ou encore : « Pour réussir, il n'y a pas de secret, il faut travailler », saluant aussi « les salariés qui sont venus bosser quelles que soient les circonstances ».
Convaincre, malgré les inconnues dans l'équation de la relance, telle était la mission complexe de Jean Castex qui a souligné les engagements du gouvernement en faveur de l'industrie. Premier acquis pour les industriels, la baisse des impôts de production à hauteur de « 10 milliards d'euros par an » dès le 1er janvier 2021, opérée par « une division par deux » de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), via la suppression de la part de cette taxe qui revient actuellement aux régions. Par ailleurs, le gouvernement va réduire le plafonnement de la contribution économique territoriale (CET) en part de la valeur ajoutée « de 3% aujourd'hui à 2% demain «.