Les distributeurs défendent leur étiquetage nutritionnel sans feu rouge

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Les distributeurs avancent leur contre-proposition de signalétique nutritionnelle, sans feu rouge.
Les distributeurs avancent leur contre-proposition de signalétique nutritionnelle, sans feu rouge. (Crédits : reuters.com)
Plutôt que le code à 5 couleurs (qui a reçu l'assentiment du ministère de la Santé), la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) veut tester son fléchage à quatre couleurs, et sans rouge, qui avait été proposé par Carrefour.

Un peu, beaucoup, à la folie... mais surtout pas de feu rouge! Pour informer le consommateur des risques potentiels pour sa santé de l'ingestion trop fréquente de tel ou tel produit alimentaire, la Fédération du commerce et de la distribution veut tester un étiquetage nutritionnel à quatre couleurs.

De "tous les jours" à "occasionnellement"...

En vert, les produits qui peuvent sans risque être dégustés "tous les jours", en bleu, "plusieurs fois par semaine", en orange, "une ou deux fois par semaine", et en violet "occasionnellement".

Cette signalétique pourrait être couplée avec des indications sur les portions. "Dans le cas du chocolat par exemple, on peut se demander s'il ne faut pas indiquer 'occasionnellement et en petite quantité", précise une porte-parole de la FCD.

étiquettage 2

Il s'agit d'une alternative au code à cinq couleurs dit "5C" préconisé par le ministère de la santé à partir des recommandations du professeur Serge Hercberg, qui, elle propose une pastille rouge et des notations afin de mieux informer les consommateurs afin de lutter contre l'obésité.

La fédération professionnelle attend l'assentiment de l'ensemble des parties prenantes pour pouvoir lancer une expérimentations suivant les protocoles d'un comité scientifiques. "Nous ne voulons pas que l'on puisse nous dire que nous n'avons pas procédé de manière scientifique", indique une porte-parole de l'organisation. Au mieux, la FCD espère pouvoir lancer ses tests d'ici la fin de l'année.

Le groupe Carrefour a le premier proposé ce système de fréquences en septembre 2014.

étiquetage nutritionnel

Dans une tribune publiée en octobre de la même année dans le Journal international de la médecine, des spécialistes de la nutrition ont critiqué ce modèle. Leurs reproches: l'abandon de la couleur rouge, utilisée au Royaume-Uni et l'absence de validation scientifique indépendante de l'attribution des fréquences aux aliments.

Les industriels interrogés

Pour le nouveau système proposé par la FCD, des représentants de la filière agroalimentaire ont également été consultés. Ce "feu rouge" est également jugé stigmatisant par certains industriels. "Il faut une proposition compatible avec le système alimentaire français", affirmait ainsi Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale de l'industrie agroalimentaire lors d'une rencontre avec des journalistes. Son organisation souhaite une expérimentation "en conditions réelles" réunissant tous les acteurs. Leur enjeu: proposer un système uniforme, qui éviterait le phénomène de multiplication des labels.

Un étiquetage... facultatif

Plusieurs associations de défense des consommateurs comme le CLVC et Foodwatch demandent quant à elles une application rapide du code à cinq couleurs. L'UFC-Que Choisir a même mené une enquête à son sujet. D'après celle-ci ce système permettrait de lutter contre une forme de "marketing nutritionnel" puisque des produits présentés comme "allégés" n'ont pourtant pas eu droit à une pastille verte.

La nouvelle proposition de la FCD intervient au lendemain de début de l'examen en commission mixte paritaire à l'Assemblée nationale du projet de loi Santé de Marisol Touraine, qui porte entre autre sur la question de la signalétique nutritionnel.

Les premiers travaux de cette commission laissent penser que le principe d'étiquetage voté à l'Assemblé au début de l'année est accueilli de façon favorable côté sénateurs. Après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, les modalité précises du système doivent faire l'objet d'un décret en Conseil d'Etat. Avec ou sans feu rouge, l'étiquetage nutritionnelle resterait cependant facultatif, en vertu de la réglementation européenne.

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Commentaires
a écrit le 28/10/2015 à 18:56 :
Déjà, le Rouge(r) est une Couleur(r) déposée par Coca-Cola(r), donc, l'utiliser c'est lui payer des Royalties(r). Il faudra néanmoins vérifier les Droits(r) sur la Couleur(r) Verte(r) car il me semble qu'elle appartient à Green(r) et à Bio(r). Sinon, certes, le CONsommateur doit se faire avoir plus facilement. Il devient trop méfiant, depuis la crise...

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