La Cité du cinéma de Luc Besson dans le collimateur de la justice

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Les gérants de la Cité du cinéma sont-ils coupables de "détournement de fonds publics et de recel de ce délit"? C'est ce que devra déterminer une enquête préliminaire ouverte ce 19 décembre par le parquet de Paris. La justice va observer de plus près les conditions de financement de la construction et du fonctionnement de cette structure, inaugurée en septembre 2012 en Seine-Saint-Denis, par l'homme de cinéma Luc Besson.
Diligentée lundi et confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la police judiciaire, cette enquête fait suite à un signalement de la Cour des comptes. Dans une "note confidentielle" révélée mi-novembre par Le Parisien, les "Sages" de la rue Cambon avaient soupçonné des agissements susceptibles d'êtres reconnus comme illégaux.
Europacorp, la société de Luc Besson, s'était alors vivement indignée de cette mise en cause "indue" de la Cour des comptes et relevait n'avoir "été interrogée par personne". EuropaCorp avait déploré "que cette magnifique réalisation soit prise en otage pour des règlements de compte politiques".
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Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 170 millions d'euros, dont 140 millions pour l'achat du foncier, détenu à 100% par la société Nef-Lumière (75% la Caisse des dépôts, 25% Vinci) et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes sociétés de Luc Besson et Quinta communications, le groupe du producteur et homme d'affaires tunisien, Tarak Ben Ammar.
Selon Europacorp la Cité du cinéma "a été financée par un partenariat public-privé (La Caisse des Dépôts et le Groupe Vinci) et c'est ce modèle de financement qui a permis sa réalisation - sans l'intervention financière de la Seine-Saint-Denis". Les sages de la rue Cambon s'étaient à ce sujet étonnés d'un tel engagement de la Caisse des Dépots à qui, selon certains, on aurait forcé la main (et de citer la proximité de Christophe Lambert, le numéro 2 d'Europacorp, avec Nicolas Sarkozy alors à l'Elysée).
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Les concepteurs de la Cité du Cinéma affichent l'ambition d'en faire un "Hollywood à la française", le complexe permettant la production en France de films de A à Z. Ce pôle cinématographique souhaite être le concurrent de Cinecittà à Rome, de Pinewood à Londres ou de Babelsberg à Berlin.
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