Le projet d’extension du plus vieux Center Parc français a du plomb dans l’aile
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Inauguré en 1988, le Domaine des Bois Francs est le plus ancien des Center Parcs français
PVCP
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Inauguré en 1988, le Domaine des Bois Francs est le plus ancien des Center Parcs français
PVCP
Les temps sont durs pour le groupe Pierre & Vacances - Center Parcs. Lesté par la pandémie, le groupe touristique a accumulé plus de 600 millions d'euros de dettes au cours de ses deux derniers exercices et joue son avenir. Il vient de prolonger jusqu'au 18 février les négociations exclusives entamées en décembre avec un consortium d'investisseurs et de créanciers en vue d'une recapitalisation massive. Occupé à sortir la tête de l'eau, il se débat aussi avec d'autres difficultés. Bien accepté lors de son lancement, le développement de son modèle de parcs de loisirs aquatiques se heurte à une opposition de plus en plus résolue en France.
Dernier exemple en date dans la verdoyante vallée de l'Avre (Eure) où le groupe projetait d'étendre le premier des Center Parcs créés dans l'Hexagone par leur concepteur, le fantasque Néerlandais Piet Derksen décédé depuis. Inauguré en 1988 puis racheté par Pierre & Vacances au début de la décennie 2000 en même temps que tous les parcs de la marque, le domaine des Bois Francs devait porter sa capacité d'accueil de 3.500 à 5.400 personnes, moyennant le déboisement d'une trentaine d'hectares, l'agrandissement de l'Aqua Mundo et la construction de plus de 300 cottages supplémentaires. Le tout pour un investissement de 160 millions d'euros.
À lire également
C'était sans compter sur la détermination d'un collectif d'opposants. Arguant d'un projet « calamiteux, anachronique et destructeur », leur association -Le Pic Vert des Bois Francs- vient d'obtenir gain de cause devant le tribunal administratif de Rouen. Le 16 janvier, celui-ci a annulé la délibération de la communauté de communes Interco Normandie Sud Eure qui actait la modification des documents d'urbanisme : pré-requis indispensable à l'extension du site. Dans leurs attendus, les juges estiment qu'en dépit de la promesse de Pierre & Vacances - Center Parcs de planter une centaine d'hectares de nouveaux espaces boisés « les modalités de déboisement compensatoire ne sont pas définies ». En outre, ils mettent en doute l'impact positif sur l'économie locale « pas suffisamment établi ».
Nathalie Jourdan