Salaires, pénibilité: les attentes des travailleurs de l'hôtellerie-restauration
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MAXIM SHEMETOV
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La pandémie a ravivé les débats sur les salaires et les conditions de travail. Mercredi, les secrétaires fédéraux CGT et FO du secteur HCR (hôtels, cafés, restaurants), majoritaires, ont officiellement demandé au ministère du Travail d'organiser une commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation. La CFDT et la CFE-CGC, les deux autres syndicats représentatifs, s'inquiètent également d'une pénurie de main-d'oeuvre accélérée par la pandémie.
"Cet été, on a vu des ados de 15-17 ans remplacer des salariés", assure Arnaud Chemain, de la CGT Services. "C'est très inquiétant". Dans son hôtel, qui a perdu un quart de ses effectifs, deux réceptionnistes se sont engagés dans l'armée et les autres doivent aussi tenir le bar. Après des longs mois de fermeture, beaucoup de salariés et d'employés ont parfois quitté leur établissement pour se reconvertir. Les tensions de recrutement dans les hôtels et restaurants sont particulièrement vives depuis la levée des mesures de restriction au printemps.
La CGT Services demande donc la création d'un salaire minimum de 1.800 euros, quand M. Chemain estime à 1.500 euros le salaire médian, une augmentation de 10% des salaires et l'application d'un 13e mois. Moins catégorique, FO veut "négocier un tout", selon Nabil Azzouz, le secrétaire fédéral HCR, prêt à procéder par étapes pour peu que "les employeurs soient sincères".
S'il y a "urgence à rediscuter la grille, mais pas de 1 ou 2%", son syndicat prône l'instauration progressive sur plusieurs années d'un 13e mois pour ne pas fragiliser les trésoreries des établissements. M. Azzouz milite également pour la généralisation d'une prime de coupure, ces heures perdues entre deux services.
"Dans la restauration rapide, collective et pour les temps partiels, on accorde 5 euros, rappelle-t-il. Sur un mois, ça fait plus de 100 euros".
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Il propose également que les dirigeants s'organisent pour accorder "un ou deux dimanche" à leurs employés, dont certains "ont redécouvert leur famille pendant le confinement". Les employeurs qui ne seraient pas en situation de respecter la mesure s'engageraient alors, comme pour les heures de nuit et les heures supplémentaires qui sont rarement respectées, à verser des heures majorées.
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