Les navettes fluviales Voguéo sous des auspices incertaines

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Un avis de l'Autorité de la concurrence alerte le syndicat des transports d'Ile-de-France quant au respect des règles de concurrence.

Pas sûr que le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) transforme l'essai. Les navettes régulières que ce dernier fait voguer sur la Seine à titre expérimental, depuis juin 2008, sont susceptibles de poser un certain nombre de problème d'un point de vue concurrentiel, selon un avis remis mercredi par l'Autorité de la concurrence, à la demande même du STIF.

 

« A la lumière des préconisations prudentes de l'Autorité, on voit que le chemin est désormais incertain », a expliqué ce mercredi la secrétaire générale du STIF, Véronique Hamayon, à La Tribune, sans se prononcer pour l'heure sur un éventuel abandon du service. Les quatre Voguéo qui escalent actuellement entre la Gare d'Austerlitz et Maisons-Alfort (Val-de-Marne), navigueront « au moins », selon elle, jusqu'à la fin de la période d'expérimentation, le 31 décembre 2010. Un bilan sera alors tiré quant au trafic et au coût du projet, dont la vocation initiale est d'être étendu à travers Paris, pour représenter une « alternative fluvial de transport, pour les parisiens, au même titre que le métro », note Véronique Hamayon.

 

Mais l'avis du gendarme de la concurrence est un frein véritable. Selon l'Autorité, « le fait que la collectivité impose au futur opérateur Voguéo de pratiquer la tarification francilienne du transport public revient à lui conférer un monopole ». Le coût de l'exploitation seule, estimée à 20 millions d'euros par an, sera nécessairement subventionné, pour maintenir les tarifs avantageux affichés par le STIF : un ticket unitaire à 3 euros et un accès de droit pour les abonnés des transports publics parisiens (cartes Intégrale et Imagin'R).

 

Pour preuve, la société Batobus, qui exploite à titre expérimental les Voguéo « publics », facture par ailleurs ses Batobus privés 12 euros à la journée. L'Autorité de la concurrence prévient que le Stif devra s'assurer de « ne pas abuser de son pouvoir de marché », dans le cas où d'éventuels concurrents voudraient « développer de nouveaux services de transport (à contenu touristique notamment) sur des marchés connexes » à Voguéo.

 

Enfin, en cas de pérennisation du service, un appel à candidature en vue d'une délégation de service public (DSP) devrait être lancé en respectant « les principes d'égalité de traitement entre candidats ». Pas sûr que Batobus, actuel « partenaire », soit ravi d'apprendre qu'il sera peut être futur concurrent de Vogueo.

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