Eurotunnel compte encore gagner des parts de marché

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Eurotunnel devrait en effet bénéficier de l'effet des Jeux olympiques de Londres en 2012 et de l'arrivée prévue fin 2013 de trains de la Deutsche Bahn, qui viendront concurrencer Eurostar.

Eurotunnel a vocation à dépasser son niveau historique de 40% de parts de marché sur le trafic transmanche si les conditions de concurrence avec les ferries deviennent équitables, a déclaré mardi son PDG Jacques Gounon. Le gestionnaire du tunnel sous la Manche compte entamer des procédures en 2011, notamment auprès de la Commission européenne, contre les diverses aides publiques dont bénéficient selon lui les opérateurs de ferries. "Il s'agit bien non pas d'agresser les ferries mais de revenir à des règles de compétition qui soient équitables, ce dont j'estime que cela n'a jamais été le cas" a-t-il dit lors d'un entretien accordé à Reuters à l'occasion des 20 ans de la première jonction du tunnel sous la manche.

Eurotunnel a déjà contesté auprès du tribunal administratif de Rouen les aides publiques accordées aux ferries sur la ligne Dieppe-New Haven. Jacques Gounon a souligné que l'activité du quatrième trimestre était à date meilleure qu'il y a un an, même si elle n'a pas encore retrouvé ses niveaux de 2007, ce qui devrait prendre encore deux ou trois ans.

Eurotunnel devrait en effet bénéficier de l'effet des Jeux olympiques de Londres en 2012 et de l'arrivée prévue fin 2013 de trains de la Deutsche Bahn, qui viendront concurrencer Eurostar. Trois millions de passagers supplémentaires pourraient ainsi emprunter le tunnel sous la Manche au bout de trois à cinq ans, sources de nouvelles recettes rentables pour Eurotunnel, qui n'utilise actuellement que 52% de ses capacités. Jacques Gounon a confirmé prévoir une perte nette en 2010 en l'absence du versement par les assureurs des indemnités liées à l'incendie du tunnel en septembre 2008.

Eurostar a intenté une action en justice contre les assureurs d'Eurotunnel, s'estimant également victime du sinistre, qui avait entraîné la fermeture d'une partie du tunnel jusqu'en février 2009. "Il n'est plus possible d'obtenir un accord raisonnable avant la fin de l'année", a-t-il dit.

PRIVATISATIONS D'INFRASTRUCTURES

Jacques Gounon a également souligné qu'Eurotunnel avait la volonté et le cash nécessaire pour poursuivre une logique de distribution annuelle de dividende, tout en précisant qu'il était trop tôt pour se prononcer sur l'exercice 2010. Introduit en Bourse en 1987, Eurotunnel avait versé le premier dividende de son histoire au titre de 2008, après sa restructuration en 2007 issue d'un parcours financier tourmenté. L'action a clôturé en hausse de 1,76% à 6,594 euros mardi, donnant une capitalisation de 3,52 milliards d'euros. Elle n'a gagné que 0,8% cette année, après un bond de 70% en 2009.

Jacques Gounon, nommé PDG d'Eurotunnel en mars 2007, veut poursuivre le développement de l'activité de fret ferroviaire du groupe. Eurotunnel a déjà racheté la branche française de Veolia Cargo et de GB Railfreight au transporteur britannique FirstGroup. Il a toutefois précisé que cette activité ne devrait pas dépasser 10 à 20% du chiffre d'affaires du groupe, qui réalisera en priorité ses acquisitions dans la concession, plus rentable.

Deux fonds canadiens ont remporté début novembre l'appel d'offres pour la privatisation de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Londres et le tunnel sous la Manche ("High Speed 1"), alors que le consortium dont faisait partie Eurotunnel était considéré comme favori. Les analystes ont toutefois considéré que cet échec ne modifierait en rien les fondamentaux d'Eurotunnel et que cela montrait qu'il n'était pas prêt à surpayer des acquisitions. Cette opération a démontré la capacité d'Eurotunnel à réunir deux milliards de livres (2,3 milliards d'euros), avec des partenaires pour partager le risque, a estimé Jacques Gounon.

Il a indiqué qu'il serait intéressé par d'autres projets de privatisation d'infrastructures en Europe - notamment de tunnels comme ceux du Mont-Blanc et de Fréjus. "Alors que les Etats ont besoin de se désendetter de façon massive (...), je n'observe rien en France, rien en Allemagne, ni même rien en Espagne sur des privatisations d'infrastructures publiques significatives, ce qui est paradoxal", a-t-il dit.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2010 à 18:11 :
Arrêtez ce discours malhonête Mr GOUNON, votre travail est de rentabiliser au maximum EUROTUNNEL, si vous avez des sous, rembousez les milliers de petits actionnaires qu'avec vos prédécésseurs vous avez spolié. Vous et les banques vous êtez grassement servi.
Aussi le menu peuple n'est pas idiot, on dénoncera toute tentative de privatisation de bien de la nation.
Mais Eurotunnel peut contribuer à rembourser la dette de la France directement, ce qui serait normal.
a écrit le 01/12/2010 à 19:20 :
+ 70% en 2009.... c'est 2,69?.....!!! Ah les pourcentages....!!!
a écrit le 01/12/2010 à 12:42 :
Peut-être ne devra-ton pas obligatoirement changer de gare à Paris pour se rendre à Londres... Évident mon cher Watson. Mais nos Énarques n'y avaient pas pensé.

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