Air France au plus mal : déjà, il y a vingt ans...
Fabrice Gliszczynski
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Contrairement au couple British Airways-Iberia et à Lufthansa, Air France-KLM va annoncer jeudi des pertes d'exploitation importantes pour l'exercice 2011. Le consensus des analystes table sur des pertes opérationnelles de 291 millions d'euros en 2011 et même sur un quasi-doublement pour l'année 2012 (468 millions d'euros) en raison notamment de la hausse de la facture carburant et de la moindre croissance économique (qui rendra plus difficile l'absorption des coûts fixes). Une performance aux antipodes de celles de IAG (le holding de BA et d'Iberia) et de Lufthansa qui ont respectivement dégagé 485 et 820 millions d'euros de bénéfices d'exploitation.
Consommation de cash importante
Le groupe français, qui traîne comme un boulet une dette de 6,5 milliards d'euros, est condamné à réussir son plan de redressement. A l'état de projet pour l'essentiel aujourd'hui, celui-ci vise des économies de 2 milliards d'économies au cours des trois prochaines années et une réduction de la dette à 4,5 milliards. Car la situation est catastrophique.
«Nous prévoyons pour le groupe une consommation de cash de 1,7 milliard d'euros dans les trois ans en intégrant les échéances de dettes», explique Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities, qui précise que « les 467 millions d'euros obtenus de la cession de 7,5 % dans Amadeus permettent de couvrir l'année 2012 et une partie de 2013 ». En revanche, l'analyste n'a pas pris en compte le financement d'un éventuel plan de licenciement au cours de la période que beaucoup juge inéluctable. Les échéances de dettes sont en effet énormes : 1,1 milliard en 2012, 1,3 milliard en 2013, 1,7 milliard en 2014, 1,5 milliard en 2015.
Une situation en apparence moins pire qu'en 1993
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Même si une amélioration de l'environnement peut très vite inverser la tendance en termes de cash, il n'en demeure pas moins que la situation aujourd'hui est critique. Autant qu'en 1993 lors de l'arrivée de Christian Blanc aux manettes d'Air France, en faillite virtuelle ? Plusieurs observateurs, analystes, professionnels du secteur, cadres d'Air France, le pensent .
Fabrice Gliszczynski