Bras de fer entre Lufthansa et ses pilotes

 |  | 490 mots
Lecture 3 min.
La compagnie est engagée dans un vaste plan de restructuration mal digéré par ses salariés. (Photo : Reuters)
La compagnie est engagée dans un vaste plan de restructuration mal digéré par ses salariés. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La compagnie allemande a dû annuler quelque 3.800 vols, à cause de la grève des pilotes mercredi, jeudi et vendredi.

La quasi-totalité des vols de Lufthansa prévus pour mercredi, jeudi et vendredi ont dû être annulés par la compagnie aérienne allemande, frappée par la plus grande grève jamais menée par ses pilotes. Résultat, 425.000 passagers sont victimes de ce conflit qui  touche à la maison mère que sa filiale low-cost Germanwings et  Lufthansa Cargo.

Confrontée au puissant syndicat du secteur, Cockpit, la compagnie allemande a abandonné tout espoir de faire redécoller ses avions avant samedi, tout en évaluant le coût financier de la grève à un nombre "à deux chiffres en millions". Les deux parties campent sur leur position. Si la direction et les pilotes se disent prêts à discuter, le syndicat attend de nouvelles propositions, en préalable. Lufthansaa a déclaré de son côté qu'aucune nouvelle négociation n'aurait lieu tant que la grève serait en cours.

"Durant la phase de grève, il n'y a pas de négociation, mais je pars du principe qu'une fois ce mouvement terminé, nous reprendrons les discussions", a indiqué lors d'une conférence de presse Werner Knorr, chef des services aériens de Lufthansa.

Afin d'éviter toute pagaille, Lufthansa a néanmoins informé les passagers par textos et courriels à l'avance, en leur proposant des solutions de transport sur d'autres compagnies ou d'utiliser d'autres moyens de transport.

Malgré les quelques adaptations qui s'imposeront au lendemain de la grève, "la stratégie que nous suivons est de revenir très rapidement à notre plan de vol initial", a fait savoir M. Knorr.

Les mobilisations se multiplient depuis deux ans

Lufthansa avait déjà dû annuler plus de 600 vols jeudi matin en raison d'un débrayage des personnels au sol des principaux aéroports allemands, à l'appel du syndicat des services Verdi.

Cockpit, qui revendique 9.300 adhérents toutes compagnies confondues, réclame le maintien de la possibilité de partir en préretraite à 55 ans, que la direction veut relever à 60 ans à partir de 2017, ainsi qu'une revalorisation des salaires.

A l'aéroport de Francfort, plus de 200 pilotes ont manifesté mercredi matin, protestant également contre la politique de Lufthansa qui vise, selon à eux, à maximiser les profits au détriment du personnel, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.

Le droit de grève pourrait être modifié

Ces mouvements sociaux sont néanmoins mal perçus par le milieu politique allemand.

Dans un entretien avec le quotidien Bild, le ministre des Transports Alexander Dobrindt a déploré que "chaque jour de grève entrave la mobilité de centaines de milliers de personnes".

Le député social-démocrate Klaus Barthel a fustigé un "mini-syndicat (qui) défend les intérêts d'un petit nombre aux dépens de beaucoup d'autres".

Certains, notamment au sein du parti CDU de la chancelière Angela Merkel, réclament une modification du droit de grève afin d'éviter que les syndicats modestes en terme d'adhérents puissent continuer de paralyser le pays.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/04/2014 à 15:06 :
J'imagine avec amusement la tête de tous les grincheux toujours prompts à se plaindre du personnel d'AF lorsqu'ils découvrent que la "deutsche Qualität" peut, elle aussi, se mettre en grève...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :