Première classe : Air France relève le gant face à Etihad Airways

Fabrice Gliszczynski, à Shanghai

premiere Air France
DR

Fabrice Gliszczynski, à Shanghai

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Semaine de luxe dans le transport aérien. Après la compagnie d'Abu Dhabi qui a présenté dimanche des nouveaux produits à bord long-courriers d'un niveau jamais atteint dans le transport aérien (pour ce qui concerne l'A380 en particulier), Air France, qui nourrit l'ambition de devenir le numéro 1 mondial en termes de qualité de services, a dévoilé ce mercredi à Shanghai son nouveau siège de première classe (First), la dernière étape du renouvellement du produit de la compagnie. Les fauteuils de classe économique, de Premium Economy et de classe affaires ayant déjà été présenté, l'ensemble des nouveaux produits à bord d'Air France qui équiperont 44 Boeing 777 est désormais connu.
Pour le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, cette première est « une suite haute couture, un résumé du meilleur de ce qui se fait en France, un mélange de luxe, d'intimité et de bon goût ». «Un voyage dans l'art de vivre à la française », a renchéri Bruno Matheu, directeur général délégué, responsable de l'activité long-courrier.
Le passager pourra laisser cette suite ouverte, partiellement ouverte, ou fermée grâce à l'utilisation, de deux épais rideaux. Le siège peut se transformer en un lit de plus de deux mètres de long et de 77cm de large. Au total, la superficie de cette suite est de 2,30 m2. Le passager disposera d'un écran de 24 pouces, « ce qu'il se fait de mieux », assure Bruno Matheu. Cela s'accompagne par une « restauration à la hauteur de la gastronomie, avec au départ de Paris, le retour du caviar. Le tout pour des prix qui ne bougeront pas.
En outre, Air France entend débuter les premiers vols avec Wijet, une compagnie aérienne de taxi-jet créée en 2009, dès juin. L'idée est de proposer pour les passagers de première classe à Roissy Charles-de-Gaulle des vols d'acheminement et de post acheminement en avion d'affaires.
Le marché de la première classe est particulier. Contrairement à la classe affaires, la First est davantage composée de personnalités du show business, de people en tout genre ou de fortunes personnelles que d'hommes d'affaires, à l'exception de quelques PDG ou membres des comités exécutifs de très grandes entreprises, mais aussi de PME.
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Même si ces derniers déboursent en moyenne 9.000 euros pour voyager en première, la First est très difficile à rentabiliser. En raison de la nécessité d'avoir un service quasi personnalisé avec des hôtesses et stewards dédiés à quelques passagers par vol, les coûts unitaires sont très élevés.
Ce micro-marché ne pèse, chez Air France que 1,8% du chiffre d'affaires long-courrier et 0,3% des passagers long-courriers. Il est pourtant très important. Crucial même pour ceux qui postulent à être jouer dans la cour des grands.
La First a en effet un rôle statutaire et tire la marque vers le haut. Une compagnie comme Air France qui a des ambitions dans ce domaine ne peut donc se passer de première, quitte à ne pas ne l'installer sur la totalité de la flotte. Sur les 44 B777 rénovés, seuls 19 B777-300 disposeront d'une première classe (4 sièges).
Cette clientèle, si elle n'augmente guère en France ou en Europe, devient chaque jour plus importante dans les pays émergents. Le choix de Shanghai par Air France en témoigne. "Depuis le début de l'année le trafic Première sur les lignes chinoises augmente de 50%", indique Patrick Alexandre, directeur général commercial d'Air France-KLM. Pour éviter un manque d'homogénéité du produit entre les différentes sous-flottes, Air France va probablement revoir le produit de ses A380. Quant aux B787 qui commenceront à entrer dans la flotte d'Air France en 2016, ils disposeront d'un produit "proche mais légèrement différent".
Interrogés sur le produit très luxueux présenté dimanche par Etihad Airways, les dirigeants d'Air France ont cherché à relativiser. « Nos clients jugeront. Franchement en termes de qualité, de créativité et dimension, nous sommes dans les standards des grandes compagnies », a déclaré Frédéric Gagey.
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