C'est un mur d'incompréhension bien cimenté qui sépare la direction d'Air France et ses pilotes en grève depuis ce lundi. Après une première journée de conflit, aucune porte de sortie ne s'est entrouverte. Au contraire, s'accusant mutuellement de porter la responsabilité de cette grève mais aussi de déformer les propos de l'autre camp, les deux parties sont restées campées sur leurs positions.
La direction assure ne pas comprendre l'opposition des pilotes à son projet de développement de sa filiale à bas coûts, Transavia, lequel prévoit en France d'ajouter 23 appareils et d'embaucher près de 1.000 personnes dont 250 pilotes. Un projet parallèle à la création de Transavia Europe, destinée à lutter contre les compagnies à bas coûts paneuropéennes comme Ryanair ou Easyjet. Pour Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, Il s'agit d'un "projet de croissance ambitieux centré sur la France", qui plus-est accélérateur de carrière pour les pilotes puisqu'il permettrait aux copilotes d'Air France de devenir commandant de bord chez Transavia. Un poste qu'ils conserveraient à leur retour à Air France ultérieurement.
Autrement dit que le SNPL, qui a perdu son siège au conseil d'administration d'Air France face au SPAF au printemps, durcit aujourd'hui le ton pour ne pas connaître pareille mésaventure dans quelques mois lors des élections professionnelles.
Accusé par les pilotes de vouloir, à travers la création de Transavia Europe, délocaliser les emplois français dans des pays européens plus cléments sur le plan fiscal, Alexandre de Juniac a voulu "couper court à des interprétations complètement erronées (voire de mauvaises intentions)".
Doutant de la volonté du SNPL d'aboutir, Alexandre de Juniac et le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, expliquent que les revendications des pilotes sont aujourd'hui en recul par rapport à ce qui avait été accepté en 2006 lors de la création de Transavia. Alors même qu'ils ont fait des concessions en acceptant que les syndicats aient la main sur les évolutions de travail chez Transavia. "ce qui ne va pas de soi", explique Alexandre de Juniac.
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Mais ce dernier, ne veut pas lâcher sur la principale revendication des pilotes : la mise en place d'un groupe unique de pilotes pour les pilotes de plus de 100 sièges, (tous au contrat Air France), capables de passer d'une marque à l'autre en fonction de la demande. La direction veut au contraire que les pilotes d'Air France travaillant chez Transavia disposent de contrat Transavia, afin de ne pas importer au sein de la compagnie low-cost, les coûts d'Air France, plus élevés de 43% selon elle. Un chiffre que réfute le SNPL, qui estime au contraire que "la rémunération horaire des équipages d'Air France et de Transavia sont similaires".
Le SNPL dénonce la communication d'Alexandre de Juniac.
Dénonçant lui aussi une déformation de ses propos par la direction, ce dernier a rappelé que les "pilotes n'étaient pas hostiles au développement de Transavia", mais sur la manière de le faire. "Nous sommes consternés par le manque de préparation du projet de la direction", explique Jean-Louis Barber qui juge les conditions des transferts des pilotes d'Air France à Transavia très floues.
Les pilotes sont passés à 4.200 à 3.750 emplois de pilotes.
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Quant à Transavia Europe, le SNPL maintient qu'il s'agit de délocalisation. "Lorsque nous demandons si Transavia Europe va toucher la France ou les Pays-Bas, nous n'avons pas de réponse. Nous ne comprenons pas pourquoi la direction ne joue pas franc-jeu". Pour le SNPL, il est évident que Transavia Europe, pour être rentable, desservira la France et les Pays-Bas. Et remplacera Transavia France sur les lignes reliant Orly aux futures bases de Transavia Europe.
Bref, un beau dialogue de sourds
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