Air France : « les constructifs » prennent le pouvoir au SNPL

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(Crédits : Christian Hartmann)
Lors des élections du SNPL, les pilotes ont massivement désavoué la politique du conflit permanent de l'équipe en place depuis 4 ans. L'arrivée au pouvoir d'une équipe plus encline à dialoguer donne une chance à la réforme de la compagnie.

Article mis à jour mercredi 5 décembre à 12h37 avec l'élection du SNPL national

Certains observateurs estimaient que le maintien de l'équipe dirigeante du SNPL était un blocage à la réforme d'Air France. Si l'analyse est juste, la déroute de celle-ci lors des élections du Syndicat national des pilotes de ligne est une bonne nouvelle pour la compagnie française. La réforme n'en sera pas moins facile, mais, au moins, elle sera possible. Plus qu'une victoire, c'est un raz-de-marée pour l'opposition, considérée comme « constructive » ou « modérée ». D'autant plus que le résultat est conforté par un taux de participation de 80%, un record dans l'histoire du syndicat.

Ce mardi, lors du dépouillement, ils pouvaient en effet revendiquer 34 élus sur 48 représentants au conseil du SNPL. Un désaveu cinglant pour l'équipe sortante présidée par Philippe Evain (qui finit 41e sur 48) dont le mandat de 4 ans n'a été qu'une succession de conflits avec la direction - qu'il a le plus souvent gagnés. Son intransigeance a fait plusieurs fois tanguer la gouvernance du groupe. Il a en effet poussé vers la sortie les PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac et Jean-Marc Janaillac mais aussi ceux d'Air France, Frédéric Gagey et Franck Terner.

Le rejet de la méthode du conflit permanent

Avec ce vote, les membres du SNPL ont sanctionné cette façon de faire. Ils veulent au contraire, non pas un manque de fermeté, mais une façon de négocier qui s'inscrit davantage dans le cadre d'un dialogue social constructif.

« Les pilotes ont rejeté le conflit permanent. Mais si la direction pense qu'elle pourra obtenir ce qu'elle veut, elle fait une grave erreur. La nouvelle équipe veut des conditions identiques à celles des pilotes de KLM », explique un pilote de la majorité.

L'expression « modérés », au SNPL, est à relativiser. En 2014, c'est un SNPL soi-disant « modéré » qui avait planté 14 jours de grève, laquelle avait coûté un demi-milliard d'euros à la compagnie. D'ailleurs le président de l'époque, Jean-Louis Barber finit 3e du scrutin, derrière Michel Soubrouillard, et Vincent Bossy qui termine premier, lui aussi reconnu pour sa pugnacité. Selon certains dans la nouvelle majorité, aucun de ces trois-là ne souhaite pourtant prendre la présidence du SNPL, et certains parient sur une personne complètement nouvelle. Le président ou la présidente sera nommé jeudi. Ce mercredi, l'élection du président du SNPL national a confirmé la victoire de ce courant constructif avec la nomination d'Yves Deshayes, lequel a déjà occupé cette fonction.

Négociations catégorielles

La nouvelle équipe reprendra les négociations catégorielles sur les salaires. Le SNPL demande 4,8% en plus des 4% déjà obtenus de manière collective avec les autres catégories du personnel. La direction recherche des contreparties à ces demandes qui lui permettraient de faire des économies de son côté. Surtout, la nouvelle majorité attend la présentation de la stratégie du nouveau directeur général d'Air France-KLM, Ben Smith, notamment sur la croissance envisagée par le groupe.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2018 à 18:20 :
Ras le bol de cette caste de privilégiés.Qu'ils viennent travailler en usine et salaire correspondant....
a écrit le 05/12/2018 à 19:42 :
C'est prévu pour quand, les appareils avec 1 seul pilote à bord ? ... il me semble que un système "tout autonome" serait quasiment prêt chez Safran, et le pilote restant n'aurait plus pour rôle que de rassurer le client !! Parce que ça va faire mal aux saigneurs du ciel !
a écrit le 05/12/2018 à 11:24 :
Les pilotes sont la catégorie la plus égoiste au sein d'Air France. Ils se fichent complétement des autres salariés de notre entreprise
Réponse de le 06/12/2018 à 13:11 :
Toutes les catégories sont égoïstes par nature . Qui parmi les personnels administratifs qui se sont élevés pour défendre les mécaniciens en bisbille avec leur direction ? Lesquels parmi les agents d’escale ont agit pour améliorer les conditions de travail des nouveaux embauchés chez Joon?

Réponse : aucun .

En déduit on que ces personnels sont les plus égoïstes au sein d’air france et qu’ils se fichent complètement des autres salariés ?
Non , bien sûr .

Votre commentaire n’a donc , vous me pardonnerez , aucun fondement véritable.
a écrit le 05/12/2018 à 11:04 :
Je ne pense pas, par expérience personnelle, qu'un syndicat de pilotes puisse baser son action sur le conflit permanent; Par contre, je sais également par expérience que certains conflits naissent parce que les dirigeant de compagnie en ont quelquefois besoin. On ne peut pas s'imaginer, lorsqu'on est à l'extérieur du groupe, ce que sont les rivalités entre dirigeants. Certains ont des "plans de carrière" dans leur tête et regardent plutôt vers le haut que vers le bas...
a écrit le 05/12/2018 à 8:27 :
Que les pilotes se rassurent ils vont continuer à se gaver....le personnel sol et de cabine vont encore être saignés......
Et la Direction vous verrez continuera de les choyer !!!!!
Le syndrome de Stockholm agit sur tous les syndicats sol et hôtesses.
a écrit le 05/12/2018 à 0:24 :
. Ces élections sont plus de la cuisine interne qu un choix sur fond de programme. C est au pied de l arbre qu on voit le bûcheron ( même canadien ), pas d'a priori donc, d'autant plus qu en France la logique est souvent absente des conflits.
a écrit le 04/12/2018 à 18:43 :
C'est comme ça depuis des lustres : le bureau sortant du SNPL est foutu à la porte aux élections , il arrive un nouveau qui dénonce tous les accords signés de l'ancien , met la pagaille pour etre poli , engrange de nouveaux accords lénifiants et ..se fait virer au tour suivant . Tourne le manège

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