Air France : si Joon s'arrête, le SNPL demandera 40 millions d'euros

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(Crédits : Air France)
La direction d'Air France envisagerait d'arrêter Joon, cette filiale lancée il y a un an avec des coûts inférieurs à ceux d'Air France. Si ce scénario se confirmait, il y a de fortes chances pour que le SNPL demande le remboursement des efforts accordés pour la création de cette compagnie.

Ben Smith, le nouveau directeur général d'Air France-KLM et, de manière temporaire d'Air France, est prévenu. S'il arrête Joon comme l'a indiqué Le Figaro vendredi, le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) lui demandera des comptes. Quarante millions d'euros exactement. Un montant qui correspond aux efforts consentis par les pilotes pour le lancement de cette filiale à coûts réduits par rapport à Air France, créée l'an dernier par l'équipe dirigeante précédente pour améliorer la compétitivité d'Air France et pouvoir lutter notamment contre les compagnies du Golfe sur le long-courrier.

"Les pilotes d'Air France ont donné 40 millions d'euros par an pour être dans les cockpits de Joon. Si Joon ferme, on ira récupérer cet investissement. Ce sera la position du SNPL quels que soient les résultats des élections", affirme un membre du SNPL. "C'est fort probable", confirme un autre pilote.

Une "Air France bis"

Lancée l'an dernier par la direction précédente, Joon traduit l'incapacité d'Air France de se réformer en interne, puisque l'essentiel des gains de productivité du plan stratégique "Trust Together" des dirigeants précédents devait être réalisé par cette compagnie « B ». Fonctionnant comme Air France à l'aéroport Charles-de-Gaulle, avec une activité court et moyen-courrier d'alimentation du hub de CDG et une activité long-courrier, Joon est en fait une "Air France bis", avec un produit différent, plus décontracté, avec plusieurs innovations pour toucher principalement les « Millennials », cette génération de technophiles nés entre le début des années 80 et l'an 2000 au moment de l'avènement du numérique, du low-cost ou encore de l'économie du partage.

Avec Joon, l'ancienne direction voulait réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. Les sources d'économies reposent en grande partie sur le poste des hôtesses et stewards (PNC, pour personnels navigants commerciaux). Recrutés sur le marché avec des conditions de travail et de rémunération spécifiques, et non à Air France, leur coût est 40 à 45% moins élevé que dans la maison-mère. A tel point qu'aujourd'hui, leurs conditions de travail font polémique et ont interpellé Ben Smith.

Les pilotes de Joon sont en revanche ceux d'Air France, lesquels volent indifféremment d'une compagnie à l'autre. La baisse de coûts de 15% sur le poste des pilotes Joon est obtenue par des efforts mutualisés sur l'ensemble des pilotes d'Air France. Soit 1,5% sur l'ensemble des pilotes d'Air France.  Les mesures définies dans l'accord permettent de dégager 40 millions d'euros d'efficacité économique. Les pilotes ont notamment lâché un jour de repos mensuel.

D'entrée de jeu, le modèle a posé question.

Lire ici : Joon, un concept unique qui laisse perplexe

Selon le Figaro, la décision d'arrêter Joon n'a pas été examinée par le conseil d'administration. La direction a en tous cas confirmé le recrutement de 150 hôtesses et stewards pour 2019, selon des sources syndicales.

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Commentaires
a écrit le 04/12/2018 à 17:02 :
Je n'avais pas compris pourquoi Joon alors qu'il existait déjà Transavia au sein d'Air France.
Etait ce pour employer du personnel encore moins payé , pour diminuer les charges salariales? Si ce n'était que pour cela, la direction avait vraiment fait un mauvais choix qui n'était que purement comptable. Mais conceptuellement, cela ne pouvait qu'être un échec.Aucune économie d'échelle possible.
a écrit le 04/12/2018 à 3:51 :
Le canadien va avoir fort a faire avec ce snpl.
Air chance ? Plus pour tres longtemps.
a écrit le 03/12/2018 à 22:25 :
De quel droit ? pour quels efforts auraient-ils consentis ? eux qui sont restés Air France ?
M. Ben Smith mettez fin à ces diktats de cochers de fiacre ! on en a marre de ce SNPL ! et KLM aussi ...sinon ça finira comme RENAULT Nissan !
a écrit le 03/12/2018 à 21:37 :
Il est temps de couper des têtes au SNPL...
a écrit le 03/12/2018 à 12:29 :
C'est un blague j'espère. La SNPL qui demandera des comptes. Si c'est véridique je trouve ça honteux. Et j'espère que pour ces PNC ils intégreront la maison mère. Car lorsque tu vois que 3 semaines de grève aura coûté 300 millions euros à la compagnie. Je vous dirais que 40 millions pour intégrer définitivement JOON à AF c'est un caillou dans l'océan.
a écrit le 03/12/2018 à 11:43 :
... ou "Comment tout faire pour couler son employeur" !!!
a écrit le 03/12/2018 à 11:01 :
Le SNPL a tout fait pour empêcher la création de JOON, et maintenant veut des indemnités pour l'arrêter !!!
Mais Ben SMITH est un homme pragmatique : il ne fermera pas JOON : il apposera une livrée AirFrance sur les avions Joon, Un uniforme identique (allez, ..k à l'exception d'une petite barrette sur la poitrine!?) et on oubliera de stipuler au client que c'est une ligne exploitée par Joon ! De toute façon, JOON n'a pas d'existence commerciale, ça restera donc une marque interne... en plus, les PNC Joon pourront éventuellement voir leurs conditions de travail améliorées pour se rapprocher des conditions AF si c'est le souhait de Ben SMITH, mais sans les dédommagements SNPL !!! !
Autre solution qui aurait l'avantage de la simplification :
Une fusion des compagnies avec échelle des salaires unique qui intègrerait Hop! AirFrance et Joon, et séparation de Transavia qui serait rattachée directement au groupe AirFrance-KLM
Réponse de le 03/12/2018 à 11:50 :
@lyonnais
Le SNPL n’a pas tout fait pour empêcher la création de Joon puisque ses adhérents ont obligé leur responsables à signer l’accord de création de cette entité aux prix d’efforts consentis.
Mais je vous rejoins sur le reste de l’analyse sauf qu’une grille de salaire unique signifierait une augmentation importante pour beaucoup ce qui ne serait pas favorable a l’équilibre économique global.
Réponse de le 04/12/2018 à 19:14 :
Je ne parle pas des adhérents SNPL, ... mais de la direction SNPL !!!
L'échelle des salaires unique ne boulverserait pas forcément les niveaux de rémunération, puisque les appareils ne sont pas les mêmes d'une compagnie à l'autre, et que les rémunérations dépendent du type d'appareil... !
mais simplement, cela permettrait une évolution beaucoup plus fluide d'une compagnie à l'autre en fonction des besoins...
a écrit le 03/12/2018 à 10:13 :
C'est une plaisanterie ?! Le SNPL et ses pilotes contribuent largement aux difficultés d'Air France et ce depuis longtemps . Il faudrait leur "casser les reins" une bonne fois pour toutes. Les licencier avec indemnités raisonnables et ré-embaucher ceux qui accepteront de travailler pour des conditions (salaires, avantages sociaux) normales. Tant qu'aucun responsable ne le fera, Air France restera une compagnie en constante difficulté...
Réponse de le 03/12/2018 à 10:24 :
Re-embaucher? Ha, dans le moindre temps on se trouvera dans le meme situation. Des pilotes pavlovisees on ne peut plus changer d'atitude.
Réponse de le 03/12/2018 à 11:26 :
Vous ne posez pas le problème dans de bons termes dorat.
Ce que vous proposez aurait comme unique effet de voir la fermeture totale et définitive d’Air France en raison de la pénurie de pilotes d’une part et de l’impossibilité de recréer une structure aussi grande ex nihilo .
D’autre part il y a fort à parier que ceux qui accepteront de travailler ne le feront qu’au conditions du marché , voire celles de KLM , ce qui ne saurait constituer une économie pour AF.
a écrit le 03/12/2018 à 8:25 :
Quel honte !!!!
Un jour de moins de repos pour voler plus et être en heures sup voilà l’effort consenti...alors que les hôtesses de Joon ont 3 jours de moins de repos et un salaire de 1400 €
Le SNPL devrait penser un pleu plus collectif s’il veut être respecté , que les pilotes reprennent cette journée de repos et vous verrez les 3/4 vont hurler car ils perdent de l’argent
Pendant un an les PNC ont donné plus de 40 milllions d’economie chez Joon, qu’on arrête Joon et qu’on leur donne un jour de repos les comptes seront à zéro.
Réponse de le 03/12/2018 à 11:41 :
Verdi , l’immense majorité des pilotes dans le monde ne font qu’une chose : espérer une mesure de réduction du temps de travail du genre temps partiel. En résumer ils préfèreront pour l’immense majorité travailler moins et gagner moins . Demandez ce qu’en pensent les pilotes des compagnies low cost comme Easy jet ou comme ceux de KLM qui ont obtenu une baisse de leurs heures de vol de 4% ( tout en obtenant une augmentation de salaire de 4 % ...) . Ceux d’AF ne font pas exception .
« Les PNC ont donné plus de 40 millions d’économie chez Joon « 
Ah bon, comment ?
Les syndicats PNC AF ont refusé de signer le moindre accord d’augmentation de productivité afin de lancer Joon espérant que le SNPL empêcherait se création . Les pilotes ayant accepté les efforts de productivité nécessaires Joon fut lancée sans PNC AF faisant reposer l’entièreté des efforts sur les nouveaux embauchés ce qui a de quoi mettre mal à l’aise certains syndicats sensés les défendre, je vous l’accorde.

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