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Air France : si Joon s'arrête, le SNPL demandera 40 millions d'euros

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 03 décembre 2018 à 06:25 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:14

Joon, Airbus, A340, Air France

Joon, Airbus, A340, Air France, CDG 2E, terminal, Roissy-Charles-de-Gaulle, aéroport, aérien, hub,

Air France

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La direction d'Air France envisagerait d'arrêter Joon, cette filiale lancée il y a un an avec des coûts inférieurs à ceux d'Air France. Si ce scénario se confirmait, il y a de fortes chances pour que le SNPL demande le remboursement des efforts accordés pour la création de cette compagnie.

Ben Smith, le nouveau directeur général d'Air France-KLM et, de manière temporaire d'Air France, est prévenu. S'il arrête Joon comme l'a indiqué Le Figaro vendredi, le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) lui demandera des comptes. Quarante millions d'euros exactement. Un montant qui correspond aux efforts consentis par les pilotes pour le lancement de cette filiale à coûts réduits par rapport à Air France, créée l'an dernier par l'équipe dirigeante précédente pour améliorer la compétitivité d'Air France et pouvoir lutter notamment contre les compagnies du Golfe sur le long-courrier.

"Les pilotes d'Air France ont donné 40 millions d'euros par an pour être dans les cockpits de Joon. Si Joon ferme, on ira récupérer cet investissement. Ce sera la position du SNPL quels que soient les résultats des élections", affirme un membre du SNPL. "C'est fort probable", confirme un autre pilote.

Une "Air France bis"

Lancée l'an dernier par la direction précédente, Joon traduit l'incapacité d'Air France de se réformer en interne, puisque l'essentiel des gains de productivité du plan stratégique "Trust Together" des dirigeants précédents devait être réalisé par cette compagnie « B ». Fonctionnant comme Air France à l'aéroport Charles-de-Gaulle, avec une activité court et moyen-courrier d'alimentation du hub de CDG et une activité long-courrier, Joon est en fait une "Air France bis", avec un produit différent, plus décontracté, avec plusieurs innovations pour toucher principalement les « Millennials », cette génération de technophiles nés entre le début des années 80 et l'an 2000 au moment de l'avènement du numérique, du low-cost ou encore de l'économie du partage.

Avec Joon, l'ancienne direction voulait réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. Les sources d'économies reposent en grande partie sur le poste des hôtesses et stewards (PNC, pour personnels navigants commerciaux). Recrutés sur le marché avec des conditions de travail et de rémunération spécifiques, et non à Air France, leur coût est 40 à 45% moins élevé que dans la maison-mère. A tel point qu'aujourd'hui, leurs conditions de travail font polémique et ont interpellé Ben Smith.

Les pilotes de Joon sont en revanche ceux d'Air France, lesquels volent indifféremment d'une compagnie à l'autre. La baisse de coûts de 15% sur le poste des pilotes Joon est obtenue par des efforts mutualisés sur l'ensemble des pilotes d'Air France. Soit 1,5% sur l'ensemble des pilotes d'Air France.  Les mesures définies dans l'accord permettent de dégager 40 millions d'euros d'efficacité économique. Les pilotes ont notamment lâché un jour de repos mensuel.

D'entrée de jeu, le modèle a posé question.

Lire ici : Joon, un concept unique qui laisse perplexe

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Selon le Figaro, la décision d'arrêter Joon n'a pas été examinée par le conseil d'administration. La direction a en tous cas confirmé le recrutement de 150 hôtesses et stewards pour 2019, selon des sources syndicales.

Fabrice Gliszczynski

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