Alstom : carnet de commandes record, l'intégration de Bombardier se poursuit

Le deuxième constructeur mondial de train affiche un chiffre d'affaires et un carnet de commandes en hausse. Ces résultats permettront à Alstom d'accélérer l'intégration de Bombardier et notamment de travailler sur la rentabilité du géant canadien acquis en 2020, en-dessous de celle du groupe français.

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En intégrant Bombardier à la base de calcul de l'exercice précédent, la hausse des commandes au premier trimestre s'établit à 106%.
En intégrant Bombardier à la base de calcul de l'exercice précédent, la hausse des commandes au premier trimestre s'établit à 106%. (Crédits : Stephane Mahe)

Les effets du mariage se font sentir, du moins dans les résultat financiers. Le constructeur ferroviaire Alstom a vu ses prises de commandes bondir de 290% au premier trimestre de son exercice décalé, à 6,44 milliards d'euros, dopées par de gros contrats mais aussi l'intégration du canadien Bombardier, acquis en début d'année civile.

Le carnet de commandes est donc en hausse, à 76,8 milliards d'euros fin juin, contre 74,5 milliards à la clôture de l'exercice précédent, fin mars. Autre chiffre impressionnant, son chiffre d'affaires a progressé de 146% sur un an, à 3,7 milliards, une hausse due là encore en partie à l'accroissement du périmètre, mais aussi à un exercice précédent affaibli par la pandémie de Covid-19, a précisé mardi l'entreprise dans un communiqué. Alstom a finalisé fin janvier l'acquisition de Bombardier Transport, ce qui lui a permis de quasiment doubler son chiffre d'affaires annuel pro forma, à quelque 14 milliards d'euros.

Méga-contrat au Danemark

Même en intégrant Bombardier à la base de calcul de l'exercice précédent, la hausse des commandes au premier trimestre s'établit à 106%. Alstom a notamment pu compter sur le méga-contrat signé au Danemark, le plus important dans l'histoire du pays. Montant du deal : 1,4 milliard d'euros.  Et si l'on rajoute les autres prestations liées à ce contrat annoncé jeudi, comme l'entretien des rames pendant quinze ans, la facture devrait atteindre 2,6 milliards d'euros. L'addition pourrait grimper encore puisque les deux partenaires ont fait état d'une option de 50 rames supplémentaires.

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Il a également signé un accord de quelque 1,1 milliard d'euros "pour fournir la prochaine génération de trains périurbains reliant Paris et la banlieue" et un autre de 1 milliard au Mexique pour le projet de train "Maya".

Côté chiffre d'affaires, l'activité a été soutenue "par la solide montée en cadence des projets de matériel roulant", pour 2,16 milliards d'euros. Ceci représente un montant quasi triplé par rapport au premier trimestre 2020-2021, qui avait, rappelle Alstom, été affecté par la première vague de Covid-19 en Europe et les confinements induits.

Ces derniers mois, des interrogations sur l'intégration de Bombardier

Mais plus que l'activité, le défi pour Alstom dans les années à venir sera de digérer Bombardier Transport, qui était bien moins profitable que lui. Le carnet de commandes hérité de Bombardier a une marge de l'ordre de 3 ou 4% quand la marge d'Alstom sur son ancien périmètre était de 8% en 2020/21, avait indiqué début juillet le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

Ces dernières semaines, l'action Alstom, qui faisait cette année son grand retour sur l'indice de référence CAC 40, a été chahuté par les investisseurs. Début juillet, sur dix mois, la valeur du titre a chuté d'environ 13%. Au cœur des vicissitudes, l'acquisition par Alstom de l'activité ferroviaire de Bombardier actée en janvier 2021, une opération qui a coûté plus de 5,5 milliards d'euros au premier et qui n'est pas encore digérée sur le plan opérationnel et financier.

Toutefois, au regard des performances financières publiées ce mardi, les investisseurs semblent plutôt rassurés. Le titre gagnait 2,48% à 9H15, heure de Paris, à 30,020 euros l'action.

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Le patron du constructeur ferroviaire avait affirmé qu'il devrait retrouver "une rentabilité parmi les meilleures du marché" d'ici à 2025, entre 8 et 10%, une fois l'intégration terminée, des objectifs réitérés mardi.

La progression des ventes d'Alstom devrait, selon son PDG, dépasser les 5% par an en moyenne d'ici à 2025. M. Poupart-Lafarge avait salué "une dynamique sans précédent" du marché, aidée par les différents plans d'investissements post-Covid, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, au Canada ou en Inde. Mi-juin, le dirigeant avait estimé que "le marché est positif" en Europe, même s'"il n'y aura pas que des contrats d'un milliard d'euros". Le deuxième groupe ferroviaire mondial lorgne la Scandinavie, l'Europe de l'Est, l'Italie, l'Espagne, la Belgique ou le Royaume-Uni.

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(avec AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 20/07/2021 à 11:24
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Alstom s'est séparé de son activité "turbines" et s'est renforcé dans le ferroviaire. Une dizaine d'année après, le marché des turbines s'est effondré, et GE a à gérer tout ça. Alstom se développe, innove et engrange des commandes record. Conclusio...

le 20/07/2021 à 20:13
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C'est peut-être un peu plus complexe que ça.

le 21/07/2021 à 12:59
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@Panoramix : Expliquez moi donc alors.

le 21/07/2021 à 17:47
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avec un pdg qui n' est pas a la hauteur de la tache une integration n'est pas un simple rachat

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