Autolib' à l'heure des comptes

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Le Conseil de Paris a voté mardi, sur proposition de Danielle Simonnet (Parti de gauche), une demande d'étude indépendante qui se recoupera avec cet audit.
Le Conseil de Paris a voté mardi, sur proposition de Danielle Simonnet (Parti de gauche), une demande d'"étude indépendante" qui se recoupera avec cet audit. (Crédits : CC0 Public Domain)
Le syndicat Autolib' Métropole, qui réunit les communes accueillant Autolib', a annoncé mardi qu'il engageait un audit des comptes du système d'auto-partage géré par le groupe Bolloré, des élus parisiens (Les Républicains) s'inquiétant des risques de facture "salée" pour les contribuables.

Il est temps de vérifier les comptes d'Autolib'. Le syndicat Autolib' Métropole, qui regroupe les communes hôtes du service d'auto-partage, géré par le groupe Bolloré jusqu'en 2023, a en effet annoncé un prochain audit. Cet "examen financier rigoureux, confié à un cabinet indépendant, permettra de confirmer ou d'infirmer" les chiffres récemment annoncés par le groupe Bolloré d'un déficit potentiel de 179 millions d'euros du service, indique un communiqué.

"Alors que son plan d'affaires initial prévoyait un bénéfice substantiel à l'horizon de la fin du contrat, le délégataire a revu ses prévisions à la baisse, en faisant état d'un déficit potentiel de 179 millions d'euros, dont 60 millions seraient contractuellement à la charge du délégataire", poursuit-il. Si bien que quelque 119 millions resteraient donc à la charge de la centaine de communes qui accueillent ce service "innovant". Une situation que "déplore" le syndicat Autolib' Métropole.

Des conclusions début mars

C'est pourquoi l'audit "s'accompagnera de préconisations en vue d'un retour à l'équilibre d'ici 2023, aux fins de préserver ce service public pionnier et unique au monde par son ampleur, auxquels les usagers sont très attachés. Les conclusions de ce rapport sont attendues d'ici début mars", conclut le syndicat.

Ce dernier rappelle cependant qu'Autolib', né en 2011, est un "succès considérable", avec 100.000 abonnés annuels, près de 5 millions de locations en 2016 (+11% par rapport à 2015) et une couverture territoriale qui s'est étendue d'une quinzaine à 100 collectivités. Cela dit, une récente étude du cabinet 6t - qui sera régulièrement mise à jour - a fait état d'une chute du nombre de locations par abonnés, qui serait due à un effet de seuil structurel lié à la baisse de la disponibilité des voitures. Les auteurs de l'étude évoquent ainsi l'hypothèse d'un report modal de la part des usagers "découragés", qui, selon eux, ont perdu un certain "réflexe Autolib'". "Si la tendance perdure, elle pourrait constituer un véritable "plafond de verre" empêchant le service de d'atteindre l'équilibre financier", analyse 6t.

Quoi qu'il en soit, les élus Les Républicains ont interpellé l'exécutif parisien sur cette question à l'occasion du Conseil de Paris. "Qui va supporter ces pertes ?", a lancé Jean-Didier Berthault. "La facture promet d'être salée" pour les contribuables des 100 communes concernées, qui risquent selon lui de devoir mettre la main à la poche, a-t-il dit.

Pour Paris, ce sera "65 millions de pertes" pour une capitale "déjà au bord du gouffre financier en raison de ses grandes orientations budgétaires", en dépit des hausses du tarif d'Autolib prévue en février, a ajouté l'élu.

Des pertes supportées par qui ?

Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a répondu que l'exécutif parisien "considérait la possibilité d'un tel déficit avec la plus grande gravité. Il n'est pour nous pas envisageable qu'il soit compensé par les villes, et donc par les contribuables". L'élu parisien a justifié ainsi la décision de lancer cet audit afin "d'analyser finement la gestion du service et ses coûts réels", pour pouvoir proposer des mesures d'amélioration et pérenniser un service apprécié.

Le Conseil de Paris a ensuite formellement voté mardi, sur proposition de Danielle Simonnet (Parti de gauche), une demande d'"étude indépendante" qui se recoupera avec cet audit.

(Avec AFP)

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a écrit le 02/02/2017 à 4:46 :
A terme ce sont des véhicules autonomes urbains qui devraient être les plus rentables dès lors que c'est Uber qui a mis en difficulté Autolib. Cityscoot est intéressant également pour les scooters électriques. Des "trotinettes" electriques à 3 roues en autopartage comme le développent une filiale et start-up de Basf (e-floating) et que l'on peut trouver partout en ville est également un très bon concept en Allemagne permettant de réduire le trafic du métro et bus sans prendre de place et en pouvant être facilement pliées et transportées. Les asiatiques ont une longueur d'avance dans une série de petits véhicules de transport.
a écrit le 01/02/2017 à 22:45 :
Et pourtant... L'autopartage est bien une solution d'avenir, parmi le mix des solutions de transport de demain (TC, vélo, covoiturage, intermodalité...). Une voiture individuelle nécessite la création d'environ 7 places de parking (domicile, mais aussi sur le lieu de travail, 1/50° de place à l'hypermarché du coin, idem à l'école, etc...). Une voiture individuelle passe 90 à 95% du temps à l'arrêt (l'inverse d'un avion par ex), ce qui implique un parc auto ancien, un entretien souvent moyen et des frais fixes souvent sous-estimés par les propriétaires (assurance, pneus...). Bref, on devine bien les avantages de l'autopartage. Le succès d'un Drivy par ex le montre. Mais le problème d'un système Autolib, comme pour le vélib, c'est la gestion des pics d'utilisation et des flux pendulaires (tout le monde va et part des poles d'emplois ou de loisirs aux mêmes horaires...).
a écrit le 01/02/2017 à 18:04 :
Je suis effaré par le silence étourdissant des médias sur ce sujet. Mais peut être que 120 millions de déficit est négligeable pour ce "service innovant" selon Mme Hidalgo. Ce n' est pas grave non plus pour la mairie de Paris, quand on sera à 200 millions de perte elle pourra mettre les taxes d' habitation à 200%., puis 300, 400, 10000.....
Il faut arrêter au plus vite ce massacre financier, idem pour les vélib. Si seulement avec cet argent la mairie de Paris avait construit de vraies pistes cyclables non dangereuses, les parisiens se seraient mis à faire de vélo avec des vraies bicyclettes.
Autolib et Vélib sont des echecs d'un politique dogmatique et déconnectée des réalités.
a écrit le 01/02/2017 à 13:16 :
J'ai toujours pensé que ce système n'était pas viable économiquement. L'entretien, les assurances...ont un coût supérieur à un véhicule privé. La sinistralité est plus importante: des conducteurs qui s'en fichent car ce n'est pas leur véhicule, des personnes qui n'ont jamais conduit dans Paris, des gens qui n'ont pas touché un volant depuis 10 ans... C'est la majorité de la clientèle AUTOLIB. ZURICH, l'assureur d'AUTOLIB n'arrive même pas à suivre la cadence des sinistres. Le moindre recours prend plus d'un an. Jusqu'à quand va t-il accepté de garantir AUTOLIB à perte? La facture va finir par être vraiment salée.
a écrit le 01/02/2017 à 12:12 :
Marre des subventions déguisées, c'est pas au contribuable de payer la facture, mais bien aux utilisateurs !!!
Il n'y a qu'a augmenter le prix de l'abonnement et aussi celui de la location horaire, et là, pour le coup ce serait plus rentable, mais nettement moins pour l'utilisateur, et signerait certainement la mort d'autolib !
Il en va de même pour Velib !
a écrit le 01/02/2017 à 11:38 :
A terme, Autolib risque bien de disparaitre sous le développement de l'autopartage privée.
En effet, qui veux d'une voiture dégeu quant on pourrait louer celle de son voisin...

De plus, les batteries des Autolib qui doit pomper du jus non-stop pour maintenir sa charge est un scandale écologique.
a écrit le 01/02/2017 à 11:22 :
C'est une excellente idée qu'il conviendrait de faire fleurir dans toutes nos villes mais il est aberrant que ce soit un service privé.

C'est le problème MAJEUR du tout privé, on se retrouve avec ce qui pourrait être un service public mais conçu par un service privé et donc forcément bien plus couteux. Bien entendu je parle dans la théorie d'un système économique sain étant donné que nombreux cadres supérieurs savent parfaitement plomber certains services publics.

Le service public n'a pas a être privé, c'est écrit dans son nom, s'il est public c'est pour rendre un service à tout le monde dans l'intérêt général or le but d'une société privée c'est de faire du profit et en plus bien souvent hélas pour seulement quelques uns, on est dans deux concepts opposés.

Mais l'union européenne, dirigée par son oligarchie, ou l'oligarchie allemande difficile à dire, a été conçue pour dépecer les états afin de le redistribuer à leurs copains actionnaires milliardaires.

Vite un frexit.
Réponse de le 01/02/2017 à 12:20 :
Que ceux qui utilisent Autolib payent le VRAI prix de la prestation !! ce n'est pas a moi ni aux autres contribuables de payer pour un service que l'on utilise pas ! personne ne prend en charge 66% de mon plein d'essence !
Encore un contrat très mal ficelé, tout ça pour faire plaisir a 10 % de la population ! a l’instar du contrat Velib !
Réponse de le 01/02/2017 à 17:43 :
"ce n'est pas a moi ni aux autres contribuables de payer pour un service que l'on utilise pas ! "

Dans ce cas vous êtes pour une suppression totale des services publics puisque cela en est la définition, tout le monde donne un petit peu afin que chacun puisse utiliser quand il en a besoin un service.

Vous avez donc les moyens de tout vous payer et savez que grâce à votre argent vous pouvez avoir accès à tout. Ce n'est pas le cas de plus de la moitié de la population française figurez vous et pourtant elle paye également pour que l’hôpital vous soigne si vous avez un accident.

Bref votre raisonnement égoïste est incohérent, comme tout raisonnement égoïste il est vrai. Apprenez une fois pour toutes que s'occuper des autres ne relève pas de la charité mais de l'instinct de survie.

Essayer de penser de temps en temps et vous comprendrez.

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