C'est un marathon de trois mois qui s'ouvre ce 10 octobre à 13h30 : le procès du vol Rio-Paris. Sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Paris, deux géants de l'aviation française : Air France et Airbus, qui vont être jugés pour homicides involontaires. Le verdict, qui sera rendu le 8 décembre, doit clôturer une histoire hors normes débutée il y a plus de treize ans dans les cieux agités de l'Atlantique Sud, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, qui a conduit à la disparition d'un Airbus A330 d'Air France et à la mort des 228 passagers et membres d'équipage à bord. Si les peines encourues sont limitées (425.000 euros d'amende chacun), le préjudice réputationnel pour la compagnie aérienne et le constructeur, plongés à leurs dépens sous les feux de l'actualité, peut s'avérer bien plus important. L'ouverture des audiences sera d'ailleurs marquée par la présence de Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, et d'Anne Rigail, directrice générale d'Air France.
Treize ans après le crash, onze ans après avoir retrouvé les boîtes noires, dix ans après le rapport final du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), l'heure n'est plus aux questions techniques mais à l'établissement des responsabilités judiciaires. Un temps trop longtemps repoussé selon les familles de victimes, Airbus et Air France ayant longtemps espéré un non-lieu comme celui prononcé dans un premier temps par les juges d'instruction en 2019. Mais l'insistance des parties civiles, écoutée par la Cour d'appel de Paris, les renvoie aujourd'hui devant la justice. Ils devront répondre des causes indirectes de l'accident, à savoir de « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence imposée par la loi ou le règlement, (ayant) involontairement causé la mort de l'ensemble des passagers et de l'équipage de l'appareil effectuant le vol AF447 ». Face à ces accusations, Airbus comme Air France rejettent à nouveau toute faute pénale et plaideront la relaxe.