CDG Express : le mois de février sera décisif

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(Crédits : DR)
Si le contrat de concession des travaux n'est pas signé en février, le chantier ne pourra pas tenir le calendrier d'une ouverture pour les Jeux Olympiques 2024 à Paris.

Le mois de février sera décisif pour CDG Express. C'est en février, après la fin de la mission de concertation du Préfet d'Île-de-France, Michel Cadot, demandée par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, que la décision de maintenir ou d'abandonner ce projet controversé sera connue. S'il est abandonné, l'affaire sera réglée. Cette liaison ferroviaire rapide entre l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle et Paris (gare de l'Est dans ce projet) restera le serpent de mer qu'il a été jusqu'ici. S'il est confirmé, rien ne dit pour autant qu'il sera en service pour les Jeux Olympiques de Paris à l'été 2024 comme la France s'y est engagée. Là encore, c'est en février que ce point sera tranché.

Contrat de concession de travaux

Pourquoi février? Car c'est à ce moment-là que doivent impérativement commencer les travaux pour tenir l'objectif d'une mise en service en décembre 2023. Or, une étape cruciale est nécessaire pour lancer le premier coup de pioche en février : que le contrat de concession de travaux soit signé entre l'État et la société commune détenue par le gestionnaire des aéroports parisiens ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, en charge de la construction de cette ligne de 32 km de long, dont les trois quarts sont communs avec celle du RER B.

De facto, sans cette signature dans les prochaines semaines, impossible de lancer les travaux permettant de tenir le calendrier. Or, alors qu'elle devait avoir lieu le 17 décembre avant que des voix ne s'élèvent pour la suspension, voire l'arrêt du projet, celle-ci se fait attendre. Il y a pourtant urgence comme l'a rappelé ce vendredi Edward Arkwright, le directeur général exécutif d'ADP, lors d'un point-presse pour présenter le lancement de la concertation préalable au projet de terminal 4 de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Selon lui, si le contrat de concession n'est pas signé en février, le calendrier ne pourra être tenu « pour des questions de phasage des travaux. »

Un proche du dossier chez SNCF Réseau ne dit pas autre chose :

« Si on signe le contrat d'ici à mi-février, il n'y a pas de problème. Au-delà, on ne sait plus faire », explique-t-il.

Selon lui, le projet dispose néanmoins d'une petite marge de manoeuvre, puisqu'il table sur une ouverture de la ligne en décembre 2023, à quelques mois de l'ouverture des JO prévus à l'été 2024.

Cette signature est importante à double titre puisqu'elle permettra également de lancer le processus d'expropriation nécessaire pour la construction de la ligne, à Mitry Mory, près de l'aéroport, et à Cap 18, à proximité de la porte de la Chapelle à Paris.

Tirs à boulet à rouges contre CDG Express

Le gouvernement se prononcera donc après les conclusions de la mission de concertation du préfet d'Île-de-France, Michel Cadot, sur CDG Express. Ce dernier a été missionné par Élisabeth Borne, après les demandes de suspension du projet de la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse puis d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, toutes deux inquiètes par l'ampleur des travaux, prévus en même temps que ceux pour la régénération du RER, la priorité des élues. Pour rappel, les trois quarts de la ligne du CDG Express seront communs avec celle du RER B.

Alors que les opposants au projet demandent que les 2,1 milliards d'euros prévus pour le financement du CDG Epress soient investis dans la régénération du RER B, le CDG Express n'est pas subventionné, comme l'ont rappelé récemment Elisabeth Borne ou Michel Cadot. Certes l'État prête 1,7 milliard d'euros, mais il s'agit d'un prêt et non d'une subvention qui sera remboursé chaque année en capital et en intérêts.

Les trois acteurs de CDG Express réfutent par ailleurs les accusations sur la dégradation des services du RER B que causerait CDG Express.

« Île-de-France Mobilités (l'autorité organisatrice des transports de la région Île-de-France, ndlr) et Transilien (le nom du réseau de trains de banlieue de SNC Mobilités, ndlr) reconnaissent qu'il n'y aura pas d'impact du CDG Express sur le RER B en phase d'exploitation », explique Edward Arkwright.

« Le CDG Express renforce au contraire le RER B », affirme-t-on chez SNCF Réseau.

CDG Express va effet contribuer à hauteur de 530 millions d'euros dans la le financement de la rénovation du RER B. En cas d'arrêt du projet CDG Express, cette enveloppe pourtant nécessaire, s'envolera.

La mission de concertation du Préfet Cadot s'ajoute à une autre mission également confiée en octobre à ce dernier, sur l'étude de tous les travaux ferroviaires prévus au nord de Paris, entre la gare du Nord et Mitry-Mory. Outre CDG Express, de nombreux travaux de rénovation sont prévus pour le RER B (renouvellement de caténaires, de ponts, entretien des voies...) et pour le Grand Paris Express. Au total, près de 500 projets sont prévus sur cet axe d'ici à 2024. Prévues en avril, les conclusions de cette deuxième mission détermineront les travaux réalisables et ceux dont il faudrait reporter certaines fonctionnalités.

40 secondes sur le trajet lèverait de la pression sur le chantier

« Il sera décidé de garder ou pas CDG Express pour les Jeux Olympiques, ou de reporter des fonctionnalités de ce projet qui permettraient d'alléger la pression sur l'ensemble du système ferroviaire du faisceau Nord de Paris », explique une bonne source ferroviaire.

Selon elle, il existe une quinzaine de possibilités pour desserrer l'étreinte et permettre de respecter le calendrier de CDG Express. L'une d'elle porte par exemple sur la durée du trajet du CDG Express, promise en 20 minutes. Décaler à 2022 le début de certains travaux prévus au cours des trois années précédentes, entraînerait un allongement du temps de parcours de 40 secondes à l'ouverture du CDG Express en 2024, mais permettrait de soulager les travaux en Plaine Saint-Denis entre 2019 et 2022. En commençant ces travaux en 2022, ces 40 secondes pourraient être ainsi rattrapées après 2024.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2019 à 16:50 :
Le délai est nécessaire pour peaufiner les remises d’enveloppes à qui de droit pour les bonnes œuvres bien entendu.
a écrit le 28/01/2019 à 20:09 :
votre article oublie pas mal d'éléments qui sont source de la colère des usagers et des elus. les voies prévues sont déjà partagées par la ligne B et la ligne K principalement mais pas uniquement et la possibilité de doubler des trains est très limité. l'arrière gare de mitry va disparaître ce qui vas pénaliser le retournement des trains. les travaux comme le dit votre article se feront en même temps que beaucoup d autres travaux sur la zone et impacteront fortement les usagers sur cette période. On oublie également que la ligne 17 prévu en 2030 ira a roissy et est une bonne alternative et que le cdg express ne deservira pas le futur terminal T4 de roissy qui gerera 40 millions de passagers et sera la base d air france a partir de 2028. assez cocace comme plan!
a écrit le 28/01/2019 à 12:17 :
Moi j'espère juste que, lorsque je transite par CDG d'un avion à l'autre, on ne me fasse pas payer ces transports en commun parisiens !!! je rappellerais juste que la liaison de Lyon centre à l'aéroport lyonnais est entièrement financé en local !!!
... sinon, j'opterai pour des transits via Amsterdam, voire Francfort ou Londres , mais il ne faudra pas se plaindre que la compagnie nationale française perde des parts de marché !
... par ailleurs, j'espère que Ben SMITH va enfin regarder le marché de vols directs depuis LYS vers la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe, au moins 1 à 2 fois par semaine en alternant ces 3 destinations. Peut-être en saison uniquement. En tout cas, des concurrents y arrive, alors ça devrait être possible pour AirFrance, non ? D'autant qu'une telle liaison directe pourrait être renforcée par le remplissage de vols transversaux, venant initialement de Corse, de Toulouse ou autres : pourquoi tout faire transiter par paris ???
a écrit le 28/01/2019 à 10:28 :
Absolument indispensable. il n'est pas imaginable qu'une grande destination touristique comme Paris ne dispose pas d'une liaison directe ET SURE pour les passagers qui débarquent d'un des plus grands aéroports européens. Rappelons que le tourisme est la seule activité qui soit strictement non délocalisable, et qu'à ce titre ce devrait être une priorité nationale. Devant la crasse, le manque de fiabilité et l'insécurité du RER B, ceux qui le peuvent prennent d’autres moyens de transport (plus polluants) et saturent un peu plus l'A1. J'ajoute qu'aucun voyageur ne passe par CDG pour le plaisir (voir les classements médiocres et justifiés de cet aéroport hors de prix pour les compagnies), alors il faut au moins qu'ils en sortent vite et arrivent de préférence dans un quartier moins anxiogène que la Gare du Nord. Seuls ceux qui ne voyagent jamais et n'ont pas de points de comparaisons peuvent se satisfaire de la situation actuelle.
Réponse de le 28/01/2019 à 14:16 :
C'est surtout un train pour les PDG ! Vous savez, tout le monde a droit à la sécurité (la Constitution l'affirme) ; pas seulement les premiers de cordée .
Réponse de le 28/01/2019 à 14:58 :
Bien sûr qu'il faut un CDG Express, mais sans doute pas celui-là, coûtant très cher en investissement et avec un prix de billet élevé, et avec un terminus Gare de L'Est non connectée à un RER, dans un quartier qui n'est pas le plus attractif de Paris. D'autres solutions existent, qui à en juger par l'enquête publique, n'ont pas été étudiées, ou alors on nous cache des choses
a écrit le 28/01/2019 à 9:26 :
Absolument pas nécessaire, juste pour éviter le RER B aux bobos... Maintenant on explique qu’il doit arriver pour les JO ! Intox et MDR.

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