Chute du prix du kérosène  : les billets d’avion sont moins chers aux Etats-Unis

 |   |  711  mots
(Crédits : © Louis Nastro / Reuters)
Selon un site américain qui collecte les données instantanées des prix sur les vols intérieurs américains, les prix ont baissé de 14% sur les vols domestiques.

Les compagnies aériennes américaines commencent en effet à répercuter la baisse du prix du kérosène sur les prix des billets d'avion mais le mouvement reste limité en raison de la priorité accordée à l'investissement et au désendettement.

"Nous observons dans l'ensemble une chute des prix sur les vols intérieurs et internationaux", affirme Patrick Surry du site Hopper, qui collecte les données instantanées des prix des billets d'avions. En 2015, les tarifs ont diminué, selon lui, de 14% sur les vols intérieurs. Les vols long-courriers ont accusé une baisse de 15%, selon le département du Travail, soit la plus forte chute annuelle depuis 1987.

Baisse de 11,7% sur le transatlantique

Sur le réseau intérieur, les destinations les plus concurrentielles - Chicago, New York, Los Angeles, San Francisco - ont enregistré les plus fortes baisses. Les prix ont aussi chuté pour les vols vers les villes pétrolières du sud - Dallas, Houston - où les voyages d'affaires pâtissent du ralentissement des activités pétrolières.

 Sur les vols long-courriers, les passagers se rendant en Amérique latine, région dont la croissance est en panne et les monnaies dévaluées, ont payé leurs billets d'avions près de 18% moins cher l'an dernier comparé à 2014. Les tarifs ont diminué de 14,6% sur les lignes transpacifiques et 11,7% sur les vols transatlantiques.

Les prix baisseront encore en 2016

Cette baisse des tarifs devrait se poursuivre tout au long de l'année 2016, anticipe Hopper, qui table sur une diminution de 23% des tarifs vers Rio de Janeiro, qui accueille les Jeux Olympiques d'été.

"Au vu de l'environnement actuel de prix de pétrole bas, nous n'avons pas d'autre choix que de baisser nos tarifs", avance Scott Kirby, le président d'American Airlines.

En un an et demi, le pétrole a perdu plus de deux-tiers de sa valeur. Le kérosène étant le premier poste de dépenses des compagnies aériennes et représentant environ un tiers des coûts d'exploitation, elles ont ainsi économisé 18 milliards de dollars en 2015, auxquels vont s'ajouter 8 milliards en 2016, calcule David Fintzen, expert chez Barclays.

Surcharges carburant

Fortes de ces économies, American, Delta Air Lines, United et les low-cost - JetBlue, Southwest, Virgin America, Frontier - ont diminué la "surcharge carburant" ou "YQ", une des surcharges alourdissant le prix des billets d'avions dont le but est de compenser la hausse du prix du pétrole. Elle pouvait représenter jusqu'à 70% des tarifs.

"Nous l'ajustons en fonction du coût du kérosène", explique Glen Hauenstein, responsable des revenus chez Delta.

"Même sur les routes transatlantiques, traditionnellement chères, on commence à voir de bonnes affaires", a constaté Patrick Surry.

Disproportion

Il subsiste néanmoins une forte disproportion entre l'ampleur du plongeon des cours du pétrole et la baisse des billets.

Cet écart, expliquent les compagnies américaines, est à mettre principalement sur le dos des couvertures kérosène: pour se protéger de la volatilité des cours du pétrole, elles effectuent leurs achats plusieurs mois en avance et n'avaient pas anticipé une chute aussi abrupte des prix.

Les compagnies américaines, qui sont omniprésentes en Amérique latine et en Asie, essaient aussi de combler le manque à gagner généré par le dollar fort sur les lignes transpacifiques et latino-américaines.

Désendettement

Après des années de bénéfices mous en raison de la récession, la tendance est à choyer les actionnaires en gonflant les bénéfices tout en préparant l'avenir via l'achat d'avions neufs. Il faut aussi se désendetter et revaloriser des salaires notamment ceux des pilotes, devenus denrées rares sur les lignes régionales.

"En 2015, nous avons remboursé par avance 1,2 milliard de dettes", indique Gerry Laderman, directeur financier d'United, qui vient de passer une commande de 3,2 milliards de dollars pour 40 appareils 737 à Boeing.

"Les compagnies aériennes américaines vont connaître une autre année historique en termes de rentabilité", prédit David Fintzen. Elles devraient dégager 15,7 milliards de dollars de profits pour 2015, soit la moitié des 29,3 milliards pronostiqués pour l'ensemble des compagnies dans le monde, selon l'IATA, le lobby du secteur. En 2014, celles-ci avaient vu leurs bénéfices s'élever au total à 16,4 milliards.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/01/2016 à 19:37 :
En France la baisse du dollar et le QE de la BCE, n'ont aucun autre effet que permettre de rattraper, et seulement en partie, la catastrophique ruine de productivité orchestrée par le pouvoir socialiste, par ses augmentations d'impôts et de charges, quand ce n'est pas l'Etat lui-même qui en confisque l'effet d'aubaine par une augmentation de taxe supplémentaire sur les carburants. La France est le seul pays en Europe à ne pas constater une reprise économique en 2015, il ne faut pas chercher bien loin les raisons de ce désastre.
Réponse de le 31/01/2016 à 20:38 :
Phildar, vous êtes donc le seul sur terre à ne pas savoir qu'il y a une crise économique mondiale en cours... Faut s'abonner à La Tribune, là. Je ne vois pas d'autre moyen.
a écrit le 31/01/2016 à 19:33 :
Très très bon pour la pollution, tout ça...
a écrit le 31/01/2016 à 13:49 :
Air France va capitaliser sur la baisse du prix du pétrole pour gaver les pilotes et laisser les miettes aux rampants . Quant aux passagers : pour le prix du billet , mieux vaut allez voir la concurrence !
Réponse de le 31/01/2016 à 19:47 :
Lobbyistes Emirates
Réponse de le 01/02/2016 à 0:52 :
Cette rubrique " surcharge " quand le pétrole était à 100 dollars est occulte, et fourre-tout, TRES PRATIQUE ET RUSé, AUCUN DETAIL. A.F en profite, pour surfacturer certaines destinations, et pour financer d'autres malmenées par la concurrence, et GAVER SES PILOTES ET P.N.C sur nombre d'avantages que je ne détaillerai surtout pas :. ecoeurants !
Vivement la faillite de cette " compagnie " !
Réponse de le 01/02/2016 à 1:30 :
Le problème est qu'en domestique, il n'y a pas toujours de concurrence.. parc contre là où elle est présente, les prix vont vers le bas...

Après il est clair que les prix des billets AF (au depart de France mais pas au départ de l'étranger... comme c'est curieux) sont souvent elevés mais le montant des taxes, redevances et autres n'y est pas étranger...
a écrit le 31/01/2016 à 12:15 :
Dommage que vous ne donniez pas le prix du kérosène, particulièrement peu cher car peu taxé, de là à dire que c'est une façon de subventionner l'aviation et les transports de marchandises internationaux...

Pourquoi le kérosène est il aussi peu cher ?

D'un côté on nous dit que l'énergie fossile fait du mal à la planète de l'autre on subventionne les transports par avions et bateaux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :