Chute du prix du pétrole, les profits du transport aérien explosent (Iata)

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Les compagnies américaines dégagent la moitié des bénéfices du secteur
Les compagnies américaines dégagent la moitié des bénéfices du secteur (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Selon l'association internationale du transport aérien (Iata) les bénéfices opérationnels pour l'ensemble du secteur seront de 38,3 milliards cette année et de 46,8 milliards en 2015, contre 25 milliards en 2013. Les compagnies profitent de la baisse du prix du Brent alors qu'elles sont taillées pour vivre avec un baril largement supérieur à 100 dollars.

Changement de décors pour les compagnies aériennes. Habitués à vivre dans un environnement extrêmement difficile depuis le début du 21ème siècle avec une série de coups de durs qui s'est succédé depuis 2001 (attentats du 11 Septembre, cris du Sras en 2003, envolée du prix du carburant, crise financière...), les transporteurs retrouvent un environnement plus confortable. Après quatre années au dessus de 100 dollars, le prix du baril de Brent devrait s'élever à 85 dollars en moyenne en 2015, selon l'association internationale du transport aérien (Iata). Plus proche des 125 dollars ces dernières années, le baril de kérosène devrait quant à lui passer sous la barre des 100 dollars (99 dollars). Même si sur le long terme le prix du baril est appelé à augmenter, les compagnies aériennes ne boudent pas leur plaisir.

Forte hausse du trafic

En 2015, la facture carburant devrait baisser de 6%, à 192 milliards, alors que le trafic devrait fortement augmenter, à plus de 7%, une des plus fortes progressions jamais observée en raison, notamment, de la croissance de l'économie mondiale. De fait le chiffre d'affaires va progresser de 4,2% en 2015 (par rapport à 2104) pour s'élever à 783 milliards de dollars.

«En 2004, les compagnies se demandaient comment elles allaient survivre avec un baril à 40 dollars. A 85 dollars, il est quasiment deux fois plus cher qu'en 2004, mais il nous semble bon marché. Il n'y a pas de doute que la récente baisse du prix du pétrole est un soulagement pour les compagnies», fait remarquer Tony Tyler, le directeur général de l'Iata.

Hausse de 1 318% des bénéfices opérationnels depuis 2004!

De fait, la chute des cours du pétrole et la croissance de l'économie propulsent les bénéfices du transport aérien à des niveaux record. Selon Iata, le bénéfice opérationnel cumulé des 240 compagnies membres de cette association (elles représentent 94% du trafic international) va atteindre 38,3 milliards de dollars cette année et 46,8 milliards de dollars en 2015, dépassant le record de 27,6 milliards atteint en 2010. Pour mémoire, le secteur générait 3,3 milliards de dollars de profits opérationnels en 2004 ! Mais les énormes efforts réalisés depuis par le secteur, lui permettent aujourd'hui de dégager de tels profits.
Un peu moins spectaculaire, le bénéfice net va lui aussi atteindre des niveaux record. Il s'élèvera à 19,9 milliards en 2014 et devrait grimper à 25 milliards l'an prochain.
Pour autant, Tony Tyler se garde de tout triomphalisme.

"La marge nette ne sera en 2015 que 3,2%, à peine mieux qu'en 2010 (3,1%). En moyenne, les compagnies dégageront un profit net de 7,08 dollars par passager", explique Tony Tyler.

La marge opérationnelle sera plus élevée, à 6% en 2015, contre 5,1% cette année et 3,5% en 2013.

Les compagnies américaines génèrent la moitié des profits mondiaux

En outre, «ces résultats se répartissent sur des centaines d'acteurs car le secteur est très fragmenté (...) et la moitié des bénéfices seront générés dans un seul pays, les Etats-Unis (13,2 milliards) alors que l'Europe, dont la taille est similaire ne dégagera que 4 milliards», fait remarquer Tony Tyler.

En effet derrière ce tableau général, se cachent de nombreuses diversités régionales. Comme c'est le cas depuis plusieurs années, les compagnies américaines sont les championnes de la rentabilité : par rapport à 2013, leur bénéfice progressera de 83% en 2015. Leurs marges d'exploitation s'élèveront en moyenne à 8,4%. Une performance qui résulte notamment de la hausse des prix qui est intervenue après les fusions entre Delta et Northwest en 2008 puis entre United et Continental en 2010. Cette concentration s'est renforcée en 2014, avec la fusion entre American Airlines et US Airways, effective fin 2013.En outre, dans la mesure où le baril s'achète en dollars, la baisse du prix du brut n'est pas compensée par le recul de l'euro par rapport au dollar comme le subissent les compagnies européennes,

L'Europe relève la tête

En Europe, les compagnies relèvent la tête, après des années de difficultés. Elles ont collectivement dégagé 2,7 milliards de bénéfices net en 2014 et devraient en générer 4 milliards en 2015 Mais certaines comme Air France sont encore en difficulté.
L'Afrique toujours en retrait
Les compagnies d'Asie-Pacifique vont augmenter leurs profits de 1,5 milliard, à 5 milliards. Les compagnies du Moyen-Orient comme Emirates, vont quant à elles dégager un bénéfice de 1,6 milliard (1,1 milliard en 2014), et celles d'Amérique latine de 1 milliard (700 millions en 2013).
Seule zone où les prévisions restent quasiment inchangées : l'Afrique, où les compagnies vont dégager 200 millions de dollars de bénéfices en 2015 contre un résultat à l'équilibre2014.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2014 à 21:39 :
On en met plein nos poches sur votre dos,
a écrit le 10/12/2014 à 21:37 :
ils se remplissent les poches sur le dos des consomateurs
a écrit le 10/12/2014 à 17:49 :
Le kerosene n'a certainement rien à voir avec notre pétrole ou est régi par d'autres conventions! Pour un voyage, en 02/2015, la compagnie SINGAPORE me demande un surcoût de 35 € pour le carburant.
a écrit le 10/12/2014 à 16:33 :
Et on nous enquiquine parce qu'on pollue avec notre vieille auto (qui a passe avec succès le contrôle technique) ??? Un avion, des avions, ça pollue sûrement plus que notre auto pour aller bosser. Mais ça doit être de la pollution de riche.
a écrit le 10/12/2014 à 16:02 :
BAISSE DU PETROLE !!!!


Cela compensera sans doute la perte subie par AIR FRANCE lors de la grève des pilotes!!!!
et cette société redeviendra bénéficiaire.!!!!!!
a écrit le 10/12/2014 à 14:12 :
Il est temps de revoir son porte-feuille d'actions. L'activité ira un peu mieux mais avec les socialistes au pouvoir, la baisse du pétrole sera confisquée par l'état. Air France est toujours dans le trou bien sûr. Le mieux reste d'abandonner ce pays. C'est le meilleur choix pour sa famille.
a écrit le 10/12/2014 à 14:08 :
oui c'est honteux QUAND LE petrole augmente les compagnies ET C4EST font payer une surtaxe ???? ET C'EST LEGAL !!!!!!!!!! buxelles à la place d'imposer la grosseur des pommes devrait legiferer
a écrit le 10/12/2014 à 13:25 :
Ca va boucher le trou de la grève des pilotes à Air France
a écrit le 10/12/2014 à 13:20 :
Je me demande comment avec de tels bénéfices net on ne peut exiger une baisse des prix des billets d'avion qui coûtent une fortune...
Réponse de le 10/12/2014 à 13:32 :
Avez-vous lu l'article? Cela représente 7 dollars par passager, sachant que ce montant est tiré vers le haut par les compagnies américaines.
Réponse de le 10/12/2014 à 13:53 :
C laxe d aeroport qui coute une fortune
a écrit le 10/12/2014 à 12:00 :
Pour une fois, l'Europe pourrait avoir un effet positif : mettre en place un statut de société Européenne, avec un système fiscal et social unique : toutes les compagnies en europe qui souhaitent avoir une activité d'un état à l'autre devrait être soumise à ce statut : plus de différence entre un siège à Paris, à Londres, au Luxembourg ou à Dublin !!
Charge aux compagnies et aux syndicats européens de négocier le niveau des taxes et des cotisations sociales !!!
Une fois fait, l'Europe pourrait exiger de tout transporteur travaillant en europe, telles les compagnies du golfe, de se soumettre à ces conditions pour pouvoir atterrir en europe !
... mais là, je crois que je rêve un peu ...

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