HOP Air France achève la recomposition du transport régional français

 |   |  574  mots
(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Depuis le week-end dernier, HOP Air France a fusionné les compagnies régionales Regional, Britair et Airlinair. Ce chantier que personne ne pensait possible il y a quelques années s'est réalisé sans troubles sociaux. Reste néanmoins à négocier de nouveaux accords collectifs pour l'ensemble des catégories de personnels. Ce qui ne sera pas une mince affaire.

Samedi 2 avril à 00h et une seconde, la recomposition du transport aérien régional français s'est achevée avec la fusion des trois compagnies régionales du groupe Air France, Regional, Britiair et Airlinair, qui cohabitaient au sein de l'entité HOP Air France depuis la création de celle-ci en 2013.

Un CTA unique

Le week-end dernier, ces trois compagnies ont été absorbées par HOP Air France et opèrent désormais avec un certificat de transport aérien (CTA) et un code compagnies (A5) uniques. Une opération qui, comme l'indique Lionel Guérin, directeur général délégué HOP Air France, signe "l'achèvement de la recomposition du transport aérien régional français", entamée il y a moins de vingt ans.

En effet, Regional était le fruit d'une première fusion organisée par Air France en 2001 entre Régional Airlines (rachetée un an plus tôt au groupe Dubreuil), Proteus et Flandre Air, tandis qu'Airlinair, créée en 1999 par Lionel Guérin, avait notamment récupéré des lignes de TAT, disparue à la fin des années 1990. Puis à partir de 2005, Airlinair s'est rapprochée d'Air France avec l'entrée dans son capital de Britair. Ce pôle régional d'Air France a par ailleurs profité la chute d'Air Littoral en 2003, à l'époque membre du groupe Swissair. Aujourd'hui, à coté de HOP, ne restent plus que quelques compagnies régionales comme Chalair et Twin Jet.

Optimisation

La fusion entre les trois compagnies de HOP, que d'aucuns jugeaient impossible à mener au prétexte qu'elle aurait dû être réalisée plus tôt, a pour objectif d'optimiser le fonctionnement de ce pôle régional, et, par conséquent de faire des économies. Celles-ci sont estimées à 25 millions d'euros en année pleine. Il n'y a donc plus trois sièges sociaux mais un seul, situé à Orly. Idem pour les centres opérationnels qui passent de trois à un, à Nantes, tandis que la maintenance et l'informatique sont réparties entre Clermont-Ferrand et Morlaix.

Une optimisation qui a débouché sur une mobilité professionnelle ou géographique d'un certain nombre de personnels et sur un plan de départs volontaires concernant près de 160 personnes sur les 2.000 que compte HOP Air France. Le tout sans mouvements sociaux.

Accords d'entreprise

Pour autant, le plus dur est encore devant la direction avec la renégociation des accords d'entreprise. La fusion a rendu les différents accords caducs. Des élections professionnelles pour mettre en place un comité d'entreprise vont avoir lieu. Une fois les élections passées, direction et syndicats ont 15 mois pour négocier de nouveaux accords. La direction souhaite en profiter pour partir d'une feuille blanche et définir des accords qui permettraient de dégager une nouvelle hausse de productivité de 10%, explique Philippe Micouleau, Pdg de HOP. Les navigants toussent. Ils préfèreraient reprendre tel quel l'accord en vigueur chez Britair, jugé plus protecteur.

Résultat net positif en 2017

Toutes ces mesures s'accompagnent d'un dynamisme commercial retrouvé qui franchira une nouvelle étape ce jeudi avec, notamment, la présentation d'un nouveau projet pour La Navette.

Aujourd'hui HOP Air France pèse 800 millions d'euros de chiffre d'affaires. La compagnie vise un résultat d'exploitation positif en 2016 et un résultat net positif en 2017. HOP Air France opère une flotte de 76 avions (82 en tenant compte des avions en réserve). La flotte a été réduite de 23,5% depuis avril 2013.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :