Un an et demi avant la mise à feu de son giga-électrolyseur normand, le géant gazier investit 50 millions d’euros pour pouvoir alimenter les stations-service de la vallée de Seine en hydrogène bas-carbone.Air Liquide donne un coup d'accélérateur à la mobilité hydrogène (H2) en vallée de Seine. L'industriel a annoncé investir 50 millions d'euros pour déployer une nouvelle « chaine logistique de conditionnement et d'acheminement » d'hydrogène bas-carbone (produit à partir d'électricité verte ou nucléaire) à partir de l'électrolyseur géant de 200 mégawattheure qu'il construit à Port-Jérôme en Seine-Maritime. Le modèle de distribution évoqué est assez similaire à celui appliqué aux carburants.
Concrètement, un site de conditionnement sera adossé aux installations de production. A sa sortie, l'hydrogène compressé à 300 bars ira remplir des semi-remorques. Lesquels approvisionneront ensuite, par la route, les stations-service réparties le long du couloir très fréquenté qui relie la Normandie à l'Île-de-France : deux régions qui figurent dans le top 5 des territoires les mieux équipés en points de recharge, selon France Hydrogène. « Cet investissement constitue une avancée concrète et déterminante en faveur de la mobilité décarbonée autour de l'axe Seine », affirme Émilie Mouren-Renouard, membre du comité exécutif du groupe.
Un quart de la production pour la mobilité
Le géant gazier estime qu'il sera en capacité de fournir l'équivalent de la consommation « de 500 poids lourds ou de 10.000 véhicules légers ». Et ce, en fléchant un quart de la production de sa future usine normande vers la mobilité - soit environ 7.000 tonnes par an. Les trois quarts restants étant voués à la décarbonation de l'industrie, raffinage en tête.
Pour s'assurer des débouchés, le groupe table notamment sur « des partenariats de long terme » avec des gestionnaires de flottes, qu'il s'agisse de collectivités ou d'entreprises. La firme a d'ailleurs déjà signé un contrat d'approvisionnement avec la société des taxis parisiens Hysetco dont le parc de véhicules propulsé à l'H2 ne cesse de croître jusqu'à tutoyer le millier aujourd'hui. « Cet accord pourra représenter à terme jusqu'à 3.000 tonnes d'hydrogène par an. Soit 20 millions de kilomètres par mois », indiquaient les deux entreprises dans un communiqué publié mi-novembre.