La croissance s'annonce compliquée pour le transport aérien en Europe, selon Willie Walsh. Présent à l'occasion de l'assemblée générale du BAR France (Board of Representatives, association qui réunit la plupart des compagnies étrangères présentes dans l'Hexagone), le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata) a fait part de ses inquiétudes quant aux effets induits par la trop faible production et les coûts élevés des carburants d'aviation durables (SAF).
« Le manque de SAF aura un impact sur le trafic à l'intérieur de l'Europe, qui va croître à un rythme déjà moins élevé que le reste du monde », estime sans détours Willie Walsh auprès de La Tribune. Il pointe du doigt, sans surprise, les effets du règlement Refuel EU, qu'il juge visiblement négatif, même s'il reconnaît que cela peut générer une accélération en matière de décarbonation.
Entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier, Refuel EU oblige les fournisseurs à intégrer une part de SAF dans le carburant mis à disposition des compagnies aériennes au sein de l'Union européenne, à hauteur de 2 % cette année avec une hausse progressive jusqu'à 70 % en 2050 (dont la moitié de carburant synthétique).
De fait, il remet en question le récent rapport de l'Agence de l'Union européenne de la sécurité aérienne (AESA) qui estime que la production de SAF sur le Vieux Continent sera suffisante pour permettre aux compagnies européennes de tenir ce mandat de 2 %. Il se montre particulièrement pessimiste sur la question des carburants synthétiques.