L'Europe a beau être la plus volontaire en matière de décarbonation du transport aérien, cela ne lui épargne pas les critiques. C'est ainsi que l'ONG Transport & Environment (T&E) vient de se fendre d'un nouveau rapport, publié ce lundi, remettant en cause toute efficacité des objectifs environnementaux posés par l'Union européenne s'ils ne sont pas assortis de mesures de régulation de la croissance du trafic.
En se basant sur les prévisions de croissance d'Airbus et de Boeing, dont la moyenne fait état d'un doublement du nombre de passagers entre 2019 et 2050, T&E estime que les avions au départ d'Europe consommeront 59 % de carburant en plus qu'actuellement pour répondre à cette demande. A en croire cette étude, malgré l'amélioration de l'efficacité des appareils (renouvellement de flotte, nouvelles technologies, optimisation des opérations), l'ONG considère que le trafic européen tendra ainsi vers les 70 millions de tonnes de carburant consommées chaque année.
Surtout, T&E estime que l'introduction des carburants d'aviation durables (SAF) ne suffira pas à compenser cette hausse de la consommation. Selon ses calculs, même si les mandats d'incorporation de SAF imposés par l'Union européenne sont respectés à la lettre, la quantité de carburant fossile pour répondre à la croissance du trafic sera toujours aussi importante. Le nombre de tonnes de kérosène nécessaires en 2049 serait ainsi quasiment équivalent à celui de 2019, soit environ 40 millions de tonnes, les SAF et l'amélioration de l'efficacité ne servant au mieux qu'à absorber la croissance.