La production aéronautique, principal « obstacle » à la croissance du transport aérien
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'Iata blâme constructeurs et motoristes sur les retards de livraisons.
Michael Spooneybarger
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'Iata blâme constructeurs et motoristes sur les retards de livraisons.
Michael Spooneybarger
[Article publié le mardi 10 décembre 2024 à 12h02 et mis à jour à 14h12] Willie Walsh n'a pas l'habitude de retenir ses mots au moment de distribuer les mauvais points. Le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata) a été une nouvelle fois fidèle à ses principes, ce mardi, lorsqu'il a expliqué que la croissance du transport aérien moins rapide que prévu en 2024. Il a ainsi pointé du doigt les difficultés récurrentes de la supply chain aéronautique, qui ont créé « une énorme frustration » chez les compagnies aériennes.
Il cite ainsi la difficulté de l'industrie à monter en cadence - blâmant aussi bien les constructeurs Airbus et Boeing que les motoristes Rolls-Royce, Pratt & Whitney ou CFM International - et à répondre à la demande des compagnies.
Willie Walsh estime que cela a « un triple impact sur les recettes, les coûts et les performances environnementales ». Il se plaint ainsi que les compagnies ne puissent moderniser leurs flottes aussi rapidement que prévu, avec une efficacité énergétique qui a stagné entre 2023 et 2024, ou encore l'envolée de 20 à 30% des tarifs pour la location d'avions monocouloirs.
À lire également
Dans un communiqué paru peu après l'intervention de Willie Walsh, l'Iata a donné des éléments chiffrés sur l'ampleur des retards de livraisons. L'estimation des livraisons pour 2024 est de 1.254 avions, « soit un déficit de 30% par rapport aux prévisions de début d'année ». Pour 2025, l'Association note que l'écart sera encore de plus de 20%, avec seulement 1.800 livraisons environ. C'est-à-dire quelques appareils de moins que le record établi en 2018. Et ce, alors que le nombre d'appareils en commande atteint des niveaux inédits, avec 17.000 avions dans le carnet des constructeurs.