LA TRIBUNE DIMANCHE - Les enjeux de décarbonation sont particulièrement complexes dans les aéroports. Où en êtes-vous ?
AUGUSTIN DE ROMANET - Cette évolution est indispensable. Pour que les générations suivantes puissent continuer à prendre l'avion, le transport aérien doit considérablement diminuer son volume d'émissions de CO2. Notre objectif consiste à atteindre le seuil de zéro émissions nettes de CO2 au sol en 2030 pour Paris-Orly et en 2035 pour Paris-Charles-de-Gaulle [CDG]. Nous lancerons le 26 février une concertation avec toutes les parties prenantes de Paris-Orly, où travaillent 25 000 personnes et que fréquentent chaque jour 100 000 passagers.
Pas du tout. Il s'agit d'une démarche volontaire de notre part, auprès des neuf communes riveraines. Tous les acteurs - élus, représentants des collectivités locales, salariés, habitants... - pourront exprimer leurs souhaits sur un site Internet et lors de plusieurs réunions publiques. Cette concertation durera trois mois. Pour ce chantier, le groupe s'appuie sur la dynamique de l'alliance environnementale Paris-Orly réunissant 40 partenaires, dont les compagnies aériennes.
Quelles mesures clés sont envisagées ?
Une première révolution aura lieu dès le mois de juin, avec l'arrivée de la ligne 14 du métro au cœur de l'aéroport. Elle est symbolique, puisque notre premier objectif consiste à réduire l'utilisation de la voiture. Aujourd'hui, 80 % des passagers utilisent encore le mode routier pour s'y rendre : 33 % en véhicule individuel, 35 % en taxi ou en VTC, 14 % en bus et 32 % en transports en commun. Sans oublier les employés, dont 90 % utilisent actuellement leur voiture pour se rendre au travail. Or les accès à Paris-Orly représentent 40 % des émissions au sol.