Sauf coup de théâtre dans l’hémicycle, le Conseil régional de Bretagne votera, lors de sa plénière, en faveur de l’instauration du versement mobilité régional et rural. Pour apaiser la grogne, la majorité régionale a négocié un arrangement avec les entreprises.Plusieurs régions - plutôt à droite sur l'échiquier politique - comme les Pays de la Loire ou la Normandie ont indiqué dès le mois de février qu'elles refusaient de mettre en place le versement mobilité régional et rural (VMRR). Proposé par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2025, il les autorise, sur la base du volontariat, à taxer, à compter du 1er janvier 2026, les entreprises de plus onze salariés pour financer les transports collectifs et notamment les SERM, ces futurs systèmes express régionaux métropolitains.
La Région Bretagne fait partie de celles qui voteront l'instauration de cette taxe qui devrait permettre de lever une quarantaine de millions de recettes supplémentaires selon les estimations de l'URSSAF. L'objectif : financer la croissance de l'offre et l'augmentation des cadencements dans les trains et bus régionaux (projet BreizhGo Express).
En dépit des réticences des élus d'opposition (LR/RN), le vote est prévu d'ici à la fin de semaine lors de la session plénière du Conseil régional.
Dispositif modulé selon les territoires
Comme il le signalait à La Tribune en début d'année, l'exécutif régional y va à contrecœur, par pragmatisme, et « l'assume » parce qu'il appelle en vain le gouvernement à « une réflexion plus globale sur le financement des transports régionaux, avec par exemple l'option de la fiscalité carbone ».
« Nous nous saisissons de la seule possibilité offerte pour le moment par l'État dans la loi de finances pour contribuer au financement des transports en commun », se résigne la Région, qui alerte depuis plusieurs années l'État sur l'impasse du financement des mobilités et sur le besoin d'identifier de nouvelles recettes pour continuer d'investir dans les infrastructures et le matériel roulant. Ces investissements dans les mobilités en Bretagne (trains express régionaux, cars et bateaux bus) sont estimés à plus de 2,5 milliards d'euros jusqu'en 2040. « C'est une question de compétitivité, de cohésion sociale et territoriale » fait valoir Loïg Chesnais-Girard.