Le Conseil de Paris valide la piétonisation des voies sur berges, Hidalgo jubile

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La maire de la capitale a salué une décision historique, la fin d'une autoroute urbaine à Paris et la reconquête de la Seine.
La maire de la capitale a salué une "décision historique, la fin d'une autoroute urbaine à Paris et la reconquête de la Seine". (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Le projet ferme donc définitivement la voie Georges-Pompidou à la circulation automobile sur 3,3 km du quai bas, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement de Paris) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe arrondissement).

Anne Hidalgo est aux anges. La maire socialiste de la capitale a salué la "décision historique, la fin d'une autoroute urbaine à Paris et la reconquête de la Seine", après le vote ce lundi du Conseil de Paris en faveur de la piétonisation des berges de Seine rive droite au coeur de Paris, projet porté par Anne Hidalgo et contesté à droite.

Dans le détail, le conseil a approuvé la "déclaration de projet de piétonisation définitive" des berges, avec toutes les voix des partis de gauche (PS-PCF, PRG, PG) et des écologistes. A droite, LR et UDI ont voté contre, le MoDem s'est abstenu, lors de débats pugnaces, bien que dans l'ensemble courtois.

 43.000 automobilistes mécontents ?

Le projet ferme donc définitivement la voie Georges-Pompidou à la circulation automobile sur 3,3 km du quai bas, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe arrondissement). La voie est déjà fermée depuis la mi-juillet en raison de Paris Plages, puis d'une exposition sur la COP 22.

Cela dit, un arrêté municipal définitif suivra le vote dans quelques semaines. Il doit encore recevoir l'avis conforme du préfet de police de Paris, qui a voix au chapitre en matière de circulation dans la capitale. En effet, il faut savoir que quelque 43.000 véhicules circulaient chaque jour sur ces berges classées au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le changement, c'est maintenant

Reste que, selon Anne Hidalgo, la piétonisation des berges de Seine, héritières de l'époque du tout-voiture des années Pompidou, s'est déjà traduite par des "diminutions de la circulation [...] de l'ordre de 10%". Interrogée récemment sur RTL au sujet des critiques à l'égard de ce projet, la maire de Paris a estimé que "ceux qui disent que la méthode est brutale voudraient qu'on n'agisse pas, qu'on ne bouge pas". Et de constater: "Il y a toujours un moment où il faut passer effectivement à une situation différente".

"C'est un sujet qui est complexe et le fait de le présenter d'une façon manichéenne n'est pas une bonne chose", a-t-elle jugé. Avant d'ajouter:

"C'est un projet qu'on porte depuis 15 ans. Je ne sais pas si, au bout de 15 ans, on peut considérer que la démarche est brutale, mais il y a un enjeu de santé publique. [...] Paris est une ville qui est trop polluée, une ville dans laquelle il y a des morts liés à la pollution. Sur la métropole du Grand Paris, ce sont environ 6.500 décès par an supplémentaires. Donc il faut agir maintenant".

Cette piétonisation des berges de Seine rive droite à Paris produirait de premiers effets contrastés en termes de trafic automobile, selon un rapport de la mairie de Paris, satisfaite de ces premiers indicateurs loin de "l'apocalypse annoncée". Un rapport de la direction de la voirie et des déplacements de la mairie de Paris, dévoilé par Le Journal du Dimanche, montre ainsi des chiffres qui "se révèlent bien inférieurs à ce que prévoyait l'étude d'impact" en augmentation de trafic avec des situations contrastées en temps de parcours.

Des chiffres de bon augure

En effet, selon le rapport, le nombre de véhicules par heure sur les trois premières semaines de septembre a augmenté de 73% sur les quais hauts aux heures de pointe du matin, par rapport à la même période en 2015: 2.023 véhicules par heure en 2016, contre 1.172 en 2015. Aux heures de pointe du soir, la hausse est de 13% (2.066 contre 1.824). Sur le boulevard Saint-Germain, "identifié comme le principal axe de report", le trafic a augmenté de 41% le matin (1.538 contre 1.088), et "seulement de 4% le soir" (1.930 contre 1.856).

D'après le JDD, ces chiffres "se révèlent bien inférieurs à ce que prévoyait l'étude d'impact": de -9% le matin et -22% le soir sur les quais hauts; de -12% le matin et -3% le soir boulevard Saint-Germain. La direction a aussi analysé les temps de parcours. "Il apparaît que les automobilistes mettent 14 minutes, soit une minute de plus qu'en 2015, pour aller des Tuileries au Bassin de l'Arsenal sur les quais hauts le matin; et 20 minutes, contre 15 minutes en 2015 le soir." Sur le boulevard Saint-Germain, "la situation est plus tendue", note Le JDD: "13 minutes au lieu de 6 de la Concorde à l'Institut du monde arabe le matin, 16 minutes au lieu de 13 le soir."

Sur une distance plus longue, de la Concorde à Bercy, les automobilistes mettent 20 minutes le matin, soit 7 de plus qu'en 2015, en passant par les quais hauts. Ils mettent le même temps le soir (26 minutes). S'ils passent par le boulevard Saint-Germain, le trajet prend 20 minutes, contre 11 l'an dernier. Le soir, il prend une minute de moins qu'en 2015.

Bref. Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), s'est félicité de ce que les "reports de circulations soient inférieurs à ce que prévoyaient les modèles". "Ce ne sont que des premiers indicateurs mais sur le volume comme le temps de parcours, ce n'est pas non plus l'apocalypse annoncée par certains, loin de là", a-t-il dit à l'AFP, "ce qui nous renforce dans notre détermination".

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Commentaires
a écrit le 27/09/2016 à 8:52 :
Vivement les prochaines élections municipales, elles nous donnerons l'occasion de nous débarrasser de cette nuisible et incompétente administration

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