L'objectif est si difficile à atteindre que Valérie Pécresse l'a inscrit dans le schéma directeur de la région Île-de-France, qui court jusqu'en 2040 et qui s'impose à toutes les autres collectivités territoriales franciliennes. En théorie, pour loger les 50.000 nouveaux habitants qui arrivent chaque année, 70.000 logements doivent sortir de terre tous les ans, et ce, depuis la loi du Grand Paris de 2010. Sauf qu'en 2023, selon les données de la préfecture de région, seuls 57.600 permis de construire ont été accordés sur le périmètre francilien, contre 80.400 en 2022.
Pis, seuls 48.100 logements ont été mis en chantier l'an dernier, contre 60.200 commencés l'année précédente. A qui la faute ? Au conseil régional qui n'a pas la main sur les permis de construire ? Aux maires qui délivrent ces précieux sésames ? A leurs habitants qui refusent tout nouveau projet ? Ou aux promoteurs immobiliers qui ne construisent pas là où ils devraient ? Et ce, alors que, selon l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR), près de 200.000 logements devraient pouvoir émerger dans les 68 quartiers de gare du super-métro du Grand Paris Express.
« Officiellement, il y a 20% d'offres de logements neufs en moins sur le marché du fait de la décote des permis de construire, mais en réalité, nous sommes plutôt à -50%, voire -60%. En y ajoutant l'inflation des taux d'intérêt et des nouvelles réglementations, le prix du mètre carré a bondi de 20% en même pas deux ans ! Aussi, les promoteurs privilégient là où les prix de sortie leur permettent de réaliser leur marge »,lâche Gabriel Franc, directeur général du groupe Franc Architectures.