Le transport aérien confronté à la hausse du pétrole et des salaires (IATA)

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Avec une prévision de bénéfice cumulé de 33,8 milliards de dollars pour 2018, les compagnies aériennes continuent d'afficher des résultats financiers solides. Néanmoins, ces prévisions réalisées par l'association internationale du transport aérien (IATA) sont en recul de 12,7% par rapport aux prévisions précédentes. Ce recul s'explique par l'accélération de la hausse des coûts liée à la hausse du prix du carburant, et aux tensions sur le marché du travail de certaines catégories de personnels comme les pilotes, qui entraînent une augmentation des rémunérations.

C'est le plus gros défi à relever pour le transport aérien. Si elles continuent d'afficher des bénéfices élevés, les compagnies aériennes sont, en effet, confrontées aujourd'hui à une hausse de leurs coûts, essentiellement du prix du carburant, de la masse salariale et des infrastructures aéroportuaires et des services de navigation aérienne. Observée l'an dernier, cette augmentation s'accélère fortement aujourd'hui. Au point de pousser l'association internationale du transport aérien (IATA) à réviser à la baisse ses prévisions de résultats financiers pour l'année 2018.

Des profits qui devraient être 12,7% moins élevés

Dévoilées ce lundi 4 juin à Sydney lors de l'assemblée générale de l'IATA, les dernières prévisions tablent en effet sur un bénéfice net de 33,8 milliards de dollars, contre 38,4 milliards cette année. Soit un recul de 12,7%, qui résulte d'une "accélération des coûts unitaires de 5,2% cette année, contre 1,2% l'an dernier", a précisé IATA. Cette flambée des coûts est essentiellement liée à la hausse de la facture carburant et de celle des rémunérations.

Avec un prix moyen du baril de Brent de 70 dollars attendu cette année, et non plus de 60 dollars prévu en début d'année, la facture carburant devrait en effet grimper de 27,5% par rapport à 2017. À cela s'ajoutent les hausses de rémunérations en raison de fortes tensions sur le marché du travail, notamment chez les pilotes, a indiqué IATA.

Comme c'est le cas à Air France, ces demandes salariales font suite à la publication par un grand nombre de compagnies de bénéfices records. Depuis deux ans, la hausse des coûts salariaux et du prix du kérosène représentent 80% de l'augmentation des coûts prévus cette année, expliqué Brian Pearce, le chef économiste de l'IATA, lors de l'assemblée générale de l'association qui se tient à Sydney jusqu'à mardi.

La demande est extrêmement dynamique

Pour autant, porté par une croissance économique mondiale dynamique (+3,2% attendue en 2018), le dynamisme de la demande, tant en volume qu'en termes de prix, compense en partie cette hausse des coûts. Les recettes unitaires devraient augmenter de 4,2% en 2018, mais pas suffisamment pour absorber la hausse de 5,2% des coûts unitaires. La croissance du trafic reste exceptionnelle. Même s'il devrait moins progresser en 2018 qu'en 2017 (+8,1%), le trafic aérien mondial devrait néanmoins encore augmenter de 7%. Cette hausse de volume s'accompagne par une hausse de prix moyen du billet qui devrait augmenter de 3,2% après avoir baissé de 0,8% l'an dernier. Dans le même temps, la reprise "inattendue" du cargo ne se dément pas. Après une chute de 9,7% l'an dernier, la demande de transport de marchandises devrait progresser de 4% cette année.

L'Europe se porte bien

Les disparités géographiques restent néanmoins très fortes.

« Quasiment la moitié des bénéfices du secteur du transport aérien sont réalisés en Amérique du Nord. L'objectif est que l'ensemble du secteur soit en bonne santé financière », a déclaré Alexandre de Juniac, le directeur général de l'IATA.

Certes, avec des bénéfices de 15 milliards de dollars, les compagnies américaines gagneront 3,4 milliards de moins que prévu. Mais elles resteront encore les championnes de la rentabilité avec une marge brute de 9,9%.

Avec une marge brute de 6,4% et 8,6 milliards de dollars de bénéfices cumulés, les compagnies européennes arrivent derrière.

« Les compagnies européennes se rapprochement lentement des performances des compagnies américaines », explique Brian Pearce.

Pour autant, les transporteurs européens bénéficient de couverture carburant efficaces alors que leurs consœurs américaines et asiatiques sont très peu couvertes. Surtout, l'écart de performance s'explique par des taux d'occupation des avions supérieurs aux États-Unis. Ce meilleur contrôle des capacités s'explique par la concentration du secteur outre-Atlantique, alors que le ciel européen est plus fragmenté.

Pas d'éclaircie pour les compagnies africaines

Les compagnies européennes devraient dépasser les transporteurs d'Asie-Pacifique, lesquelles devraient dégager un profit cumulé de 8,2 milliards et une marge brute de 4,9%. Les compagnies du Golfe et d'Amérique du Sud devraient quant à elles afficher respectivement un bénéfice de 1,3 milliard et 900 millions de dollars. Une performance de taille pour les transporteurs sud-américains dont beaucoup se trouvaient en difficulté ces derniers temps. En revanche les compagnies africaines ne voient toujours pas la sortie du tunnel. Comme c'est le cas depuis sept ans, elles ne bénéficient pas de cet environnement mondial favorable. Collectivement, elles devraient une nouvelle fois perdre 100 millions d'euros.

Fabrice Gliszczynski, à Sydney

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Lire ici l'analyse sur le transport aérien africain

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Commentaires
a écrit le 04/06/2018 à 17:10 :
Continuez donc ainsi une 27ème année et éternellement, les nantis-pourris-gatés-arrogants pilotes-pnc, d'Air Grève.
a écrit le 04/06/2018 à 8:33 :
"et aux tensions sur le marché du travail de certaines catégories de personnels comme les pilotes"

Vous voulez dire que le cours du pétrole ne suffirait pas largement à expliquer ce surcoût alors que l'on est passé d'un brent à 40 dollars à un brent à 76 dollars aujourd'hui ?

Nous autres automobilistes on peut vous dire que ça suffit largement à détériorer puissamment notre pouvoir d'achat.
Réponse de le 04/06/2018 à 17:41 :
75 Milliards d'eur par an de TIPP et TVA sur le carbur des automobilistes.

Et tojours plus de TVA Carbur 20%, grace au prix du baril. Si 10% de ces 75 M chaque année, étaient affectés à la modernisation des routes : 5 fois plus de trafic qu'en 73, les accidents, morts-blessés-invalides CHUTERAIENT. Mais, 80km/h çà ne mange pas de pain, çà en rapporte plus encore.
Réponse de le 04/06/2018 à 19:34 :
On peut même se demander s'ils n'ont pas calculé pour les 80km/h l'augmentation du prix de l'essence... Non en fait ils ne calculent rien ils sont juste là pour nous faire payer, public ou privés.
Réponse de le 06/06/2018 à 1:19 :
Quand on vous parle de pétrole, vous feriez mieux de penser au gaspillage qu'on en fait et de la transition forcée qui va se produire dans les décénies à venir. Nous allons avoir des millions de morts (famines, chomage, épidémies), sans parler des conséquences des changements climatiques. Vos enfants doivent être heureux de savoir que le sacrifice de leur vie à venir vaut juste les quelques euros que vous voudriez économiser sur le prix de l'essence.

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