Air France-KLM, Lufthansa, IAG...les compagnies aériennes européennes sont sur un nuage (IATA)

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La bonne gestion des capacités devrait une nouvelle fois contribuer à la performance des compagnies européennes.
La bonne gestion des capacités devrait une nouvelle fois contribuer à la performance des compagnies européennes. (Crédits : Jacky Naegelen)
En 2018, les bénéfices des compagnies européennes devraient augmenter de 17% selon l'association internationale du transport aérien (IATA). Elles sont ainsi les seules à observer en 2017 une hausse de leurs profits, alors que les compagnies américaines et de la zone Asie-Pacifique constatent respectivement une baisse et une quasi-stagnation de leurs bénéfices.

Les transporteurs aériens européens sont sur un nuage. Dans un secteur aérien marqué depuis 2010 par des niveaux de rentabilité très élevés à l'échelle du globe, les compagnies européennes se distinguent. Après le choc de la crise financière de 2008/2009, puis celui de la zone euro qui a suivi dans la foulée, elles ne cessent d'améliorer chaque année leurs résultats financiers. Elles affichent même aujourd'hui la performance financière la plus dynamique de la planète. Pas en valeur absolue puisqu'elles restent encore loin derrière leurs concurrentes américaines, lesquelles représentent près de la moitié des 34,5 milliards de bénéfices net générés par l'ensemble du secteur aérien en 2017, mais pour ce qui est de la croissance des bénéfices.

Bénéfices plus importants que prévu

Pris dans leur globalité, les compagnies européennes sont en effet les seules à observer en 2017 une hausse de leur profit, alors que les compagnies américaines et de la zone Asie-Pacifique constatent respectivement une baisse et une quasi-stagnation de leur bénéfice. Les compagnies européennes sont mêmes les seules pour qui l'association internationale du transport aérien (IATA) relève ses prévisions financières en 2017.

Les compagnies européennes devraient ainsi générer 9,8 milliards de dollars de bénéfice net en 2017, 1 milliard de plus qu'en 2016 (+ 11,3%), alors que l'association dirigée par l'ancien PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, tablait lors de son assemblée générale en juin sur une légère baisse de 200 millions de dollars. Dans le même temps, les compagnies américaines devraient voir leur bénéfice diminuer de 900 millions de dollars cette année, à 15,6 milliards de dollars, tandis que la performance des transporteurs d'Asie Pacifique ne devrait progresser que de 2,4%, à 8,3 milliards de dollars de bénéfice net. A tel point que les compagnies européennes gagnent désormais plus d'argent que leurs concurrentes asiatiques en valeur absolue.

Profits records pour Air France-KLM

Les Majors européennes se portent en effet très bien. Air France-KLM devrait afficher cette année une un bénéfice d'exploitation record de plus de 1,5 milliard d'euros. Lufthansa (Swiss, Eurowings, Brussels Airlines, Austrian Airlines) et IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Level, Aer Lingus) devraient faire encore mieux en dégageant respectivement 2,6 milliards d'euros et 2,4 milliards d'euros de bénéfice d'exploitation.

 « Les compagnies de cette partie du globe ont bénéficié d'une forte reprise économique sur leur marché intérieur, d'un rebond du trafic par rapport aux actes terroristes observés l'année précédente, et d'une consolidation qui a suivi l'échec de plusieurs compagnies régionales », a expliqué Brian Pearce, le chef économiste de l'IATA, lors de la journée presse à Genève.

Les faillites de Monarch et d'Air Berlin sont en effet de nature à limiter les hausses de capacités, même si ces deux disparitions observés récemment ne chamboulent pas non plus un marché qui reste « très fragmenté ».

Le trafic mais aussi la recette unitaire sont en augmentation. La bonne gestion des capacités a entraîné un coefficient d'occupation record (84,3%). Cette adéquation entre l'offre et la demande n'a pas souffert de la forte augmentation du nombre de vols observée en Europe. Après certains pays émergents comme la Chine, l'Europe est en effet le deuxième espace géographique où le nombre de vols à le plus progressé. Enfin, les grosses compagnies comme Air France-KLM, Lufthansa ou IAG bénéficient de la vigueur du trafic transatlantique qu'elles maîtrisent via leur co-entreprise avec leur partenaire américain respectif.

Couverture carburant

Mais le dynamisme du trafic et de la recette unitaire se retrouvent un peu partout dans le monde. La spécificité des compagnies européennes se situe en fait sur le plan des coûts. Disposant de couvertures carburant plus importantes que leurs concurrentes (il s'agit d'un système d'assurances qui vise à obtenir, pour des périodes futures, un prix du kérosène moins élevé que le prix du marché), les compagnies européennes n'ont pas été impactées par la hausse du prix du kérosène qui augmente plus vite que celui du pétrole, a indiqué IATA.

«Nous observons une convergence des coûts », fait remarquer Brian Pearce.

En 2017, le prix du baril de kérosène aura progressé en moyenne de 25,9%, un rythme supérieur à celui du Brent (+21,5%). La tendance sera la même en 2018. Selon l'IATA, le prix du kérosène devrait progresser de 12,5%, à 73,8 dollars, contre une hausse de 10% pour le baril de Brent, à 60 dollars.

Pour autant, les couvertures carburant ne sont pas une fin en soi. Si elles permettent aux compagnies de se protéger à court terme contre les variations du prix du pétrole, elles leur donnent aussi du temps pour se préparer à des temps plus difficiles. C'est notamment ce que n'avait pas su faire Air France-KLM entre 2004 et 2008. A l'époque la mieux protégée contre la flambée du prix du pétrole (avec Southwest), Air France n'avait pas su en profiter pour se préparer à un retournement de l'environnement qui arriva en 2008/2009.

Très forte croissance en vue en 2018 pour les compagnies européennes

Les compagnies européennes devraient continuer à afficher de grosses performances. L'an prochain, l'IATA s'attend à une hausse des bénéfices des compagnies européennes encore plus forte, de plus de 17%, à 11,5 milliards de dollars de bénéfice net, alors que dans le même temps, les profits des compagnies américaines et asiatiques ne progresseront que de 5,1% et 8,4% respectivement, à 16,4 et 9 milliards de dollars.

La bonne gestion des capacités devrait une nouvelle fois contribuer à la performance des compagnies européennes. En effet, leur capacité devrait augmenter de 5,5% en ligne avec la hausse attendue du trafic (+6%). Au final, l'Europe représentera quasiment 30% de l'ensemble des bénéfices du secteur, lesquels devraient s'élever selon l'IATA à 38,4 milliards de dollars. A titre de comparaison, en 2015, les bénéfices des compagnies européennes ne représentaient que 18% de ceux générés par l'ensemble du secteur (35,9 milliards de dollars).

Coûts aéroportuaires

Pour autant, les compagnies européennes souffrent d'un grand nombre d'handicaps que n'ont pas leurs concurrentes.

« Il est difficile de faire des bénéfices en Europe. Les compagnies sont confrontées à des coûts élevés et à une compétition très intense», fait valoir Rafael Schvartzman, le vice-président de IATA en charge de l'Europe.

Ce dernier a notamment pointé les coûts aéroportuaires et du contrôle aérien.

« Entre 2006 et 2016, les redevances aéroportuaires ont doublé en moyenne, alors que les tarifs aériens ont chuté de 8% et les recettes unitaires de 11% », a-t-il déploré, en dénonçant également « le coût élevé et l'inefficacité des système de navigation aérienne ». Selon l'IATA, le coût des vols retardés est en effet évalué à 1,71 milliard d'euros.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 21:26 :
Comment pouvez vous dire des choses pareilles ?
Air France a des fonds propres négatif, si l'Etat n'était pas actionnaire, elle serait en faillite depuis longtemps. Vous trouvez que, dans ces conditions, on peut écrire qu'elle est "sur un nuage" ?
a écrit le 05/12/2017 à 18:22 :
Tiens ! Pas de commentaires agressif contre Air France, comme d'habitude, de la part de ceux qui ne jurent que par Esayjet ou Ryanair ?

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